Alerte : Panique boursière, l’euro et le yen s’envolent

Qu’est-ce qui s’est passé ?

L’échec des discussions au cours du week-end entre l’OPEP et la Russie sur un nouvel accord d’encadrement de la production de pétrole a provoqué un effondrement du prix de l’or noir de près de 30% ce matin qui a eu des déflagrations sur l’ensemble des marchés financiers. Les indices européens affichent pour certains un repli de 10% tandis que la Bourse de New York pourrait ouvrir en baisse de près de 5% cet après-midi. Sur le marché des changes, les cambistes se sont repliés sur le yen, qui fait office de valeur refuge en période de forte incertitude. La monnaie nippone affiche une hausse de 3% face au dollar américain, de 1,7% face à l’euro et de 4% face au dollar australien. L’EUR/USD a tenté une échappée proche de la résistance située à 1,15 mais a subi un échec. Sans surprise, les devises matières premières ont essuyé un repli important. Le dollar canadien, dont la fluctuation est étroitement dépendante du prix du baril de pétrole, a perdu plus de 2% face à l’euro.


Que va-t-il se passer dans les prochains jours ?

Le risque est que la panique boursière ne se transforme en crise économique durable. L’économie mondiale est déjà fragilisée par le coronavirus. Plusieurs économies, notamment celles de l’Italie et de la France, risquent d’entrer en récession en ce début d’année. Si on ajoute à cela un choc durable sur les matières premières, on peut craindre l’émergence d’une nouvelle crise économique comme on a connu en 2007/2008.

Pour éviter que ce scénario noir ne se réalise, les opérateurs de marché anticipent de nouvelles actions de la part des banques centrales dès cette semaine :

  • Une nouvelle baisse des taux en urgence de la part de la Réserve Fédérale de 50 points de base et la mise en place de mesures de liquidité sont envisagées afin de restaurer le calme et d’essayer d’améliorer les conditions financières.
  • La BCE pourrait accélérer son agenda et annoncer dès jeudi prochain une facilité de prêt spéciale destinée aux PME/ETI. La forte hausse de l’euro face au dollar pourrait aussi inciter la BCE à abaisser son taux directeur. Cette mesure ne fait cependant pas consensus car elle implique des effets négatifs majeurs pour le secteur bancaire et financier.
  • La Banque du Japon pourrait intervenir directement sur les changes pour limiter la forte appréciation du JPY.

Il n’est cependant pas certain que ces mesures soient suffisantes. On l’a vu, la baisse des taux en urgence par la Réserve Fédérale de 50 points de base la semaine dernière n’a pas permis de rassurer les marchés financiers. De notre point de vue, seule une action budgétaire coordonnée entre les pays du G7, visant notamment à soutenir les PME et les ETI face au choc du coronavirus, pourrait endiguer la panique. A l’instant où nous écrivons, nous ne nous orientons cependant pas vers cette solution. Sans réelle coordination, les Etats décident au cas par cas des mesures budgétaires à adopter, comme l’a fait l’Allemagne au cours du week-end.


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Quel positionnement adopter sur l’euro ?

La certitude que nous avons, c’est que la volatilité sur les changes risque de perdurer longtemps et que le dollar américain pourrait encore faire les frais des anticipations de baisse de taux par la Réserve Fédérale. Du point de vue de l’analyse technique, l’EUR/USD a pour l’instant été bloqué dans son envolée par la résistance située à 1,15. Si la Réserve Fédérale baisse ses taux en urgence, la résistance à 1,1500 devrait être franchie.

Dans ce cas de figure, la prochaine résistance est à 1,1750. Enfin, l’euro devrait continuer sa lancée face aux monnaies matières premières tant que la baisse du prix du baril de pétrole continue. La prochaine cible pour la paire EUR/CAD est située à 1,5560.

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