Le second round des banques centrales

Le second round des banques centrales

L'hebdo devises du 16 septembre 2019

Le point macro

La BCE a répondu aux attentes en annonçant de nouvelles mesures de soutien à l’économie européenne. Parmi les annonces les plus marquantes, on retiendra une baisse du taux de dépôt de 10 points de base, à -0,50%, et une relance du programme de rachats d’actifs, à hauteur de 20 milliards d’euros par mois, mais sans date limite. La politique monétaire de la zone euro est ainsi tracée pour les trimestres à venir. Il s’agit de mesures particulièrement accommodantes, qui n’ont pas le soutien de l’ensemble des banques centrales de l’Eurosystème, comme on a pu le constater avec l’offensive concertée des gouverneurs français, allemand et hollandais contre la relance du QE vendredi dernier. De manière surprenante, l’euro a finalement peu réagi à ces annonces alors que les réunions de la BCE nous ont habitué à beaucoup plus de volatilité. Sur la séance de jeudi dernier, l’euro a évolué dans un range de moins de 100 points de base, entre 1,0993 et 1,1090. Cette faible réaction de l’euro s’explique certainement par le fait que les cambistes attendent la réunion de la Fed cette semaine avant de se positionner à l’achat ou la vente sur la paire EUR/USD. Il y a beaucoup d’attentisme depuis le début du mois de septembre sur le marché des changes. En variation hebdomadaire, l’euro reste toujours en baisse face à la devise américaine, de l’ordre de -0,50%.

En outre, l’euro a regagné du terrain sur la semaine écoulée face aux valeurs refuges : +0,26% face au CHF et +0,65% face au JPY. Cette appréciation est le reflet d’un repli de l’aversion au risque en lien avec la reprise des négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Plusieurs gestes de bonne volonté de la part des deux protagonistes ont ponctué les dernières séances, en marge de la reprise formelle des négociations en octobre prochain, ce qui a contribué à rassurer les investisseurs. Toutefois, comme on le sait très bien à propos du dossier de la guerre commerciale, une détérioration soudaine de la relation sino-américaine est possible à tout moment. Par conséquent, la hausse observée de l’euro à l’égard des valeurs refuge a de fortes chances d’être de courte durée.


Le point technique

Au niveau de l’analyse technique, les grandes bornes que nous évoquions la semaine dernière pour l’EUR/USD subsistent. La tendance de fond reste baissière avec une évolution de l’euro nettement sous les moyennes mobiles à 50 jours et à 200 jours. L’évolution en range des dernières séances reflète l’attentisme que nous évoquions plus haut. Nous pourrions avoir un terrain de jeu plus clair après la Fed cette semaine. Les principaux niveaux de support et de résistance sont inchangés, respectivement à 1,0875 et à 1,1180.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,08751,09401,10991,1180
EUR/GBP 0,86090,88150,90990,9227
EUR/CHF 1,07571,08231,09431,0991
EUR/CAD 1,43921,44541,47541,4936
EUR/JPY 114,71116,30120,20122,95

Pour des conseils personnalisés sur les tendances et couvertures de change, contactez notre salle de marché :

+33 (0)1 48 09 09 83


Les annonces à suivre

L’orientation de la semaine va encore être donnée par les banques centrales. La réunion de la Banque d’Angleterre sera sans surprise, avec le maintien des taux inchangés. C’est le même scénario qui devrait prévaloir du côté de la Banque Nationale Suisse (BNS), qui se réunira également ce jeudi. Le fait que la BCE ait seulement baissé son taux de dépôt de 10 points de base réduit la pression sur la BNS pour qu’elle abaisse ses taux. Ajoutons à cela que la banque centrale semble désormais s’accommoder du taux de change actuel du CHF. L’évolution des dépôts à vue à la BNS est stable, à 591 milliards de CHF, et selon les premières données, la banque centrale n’est pas intervenue sur le marché des devises la semaine du 2 septembre. Etant donné les risques croissants dans les semaines à venir qui seraient susceptibles de pousser le CHF à la hausse (Brexit et tarifs douaniers américains à l’égard du secteur automobile européen), la BNS a tout intérêt à garder des munitions. Baisser les taux dès le mois de septembre réduirait sa marge de manœuvre pour la suite.

Outre ces deux banques centrales qui devraient provoquer peu de mouvements sur les changes, l’attention se portera sur la Fed dès mercredi. Une baisse des taux de 25 points de base est déjà intégrée dans les prix offerts par le marché, et notamment au niveau de l’EUR/USD. Nous continuons de penser que la Fed est engagée dans un nouveau cycle de baisse des taux, mais la pression pour des baisses de taux plus importantes (de l’ordre de 50 points de base) est réduite au regard des derniers indicateurs macroéconomiques. La Fed va également mettre à jour ses prévisions macroéconomiques. Elle devrait être plus à l’aise pour le faire qu’il y a quelques mois de cela. Les derniers chiffres sont bons : l’inflation sous-jacente est en hausse, le marché boursier américain bien orienté, et la consommation particulièrement solide. En revanche, si la Fed adopte une attitude mi-figue mi-raisin, en abaissant les taux mais en laissant planer le doute sur de futures baisses, la pression exercée par le président Trump risque d’être phénoménale sur la banque centrale dès mercredi soir. Le risque est d’engendrer des pics soudains de volatilité sur les paires en USD.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
17/0911:00Indice ZEW du sentiment économique (septembre)Consensus toujours négatif à -37,8.
18/0920:00Communiqué du FOMC suivi par la conférence de presse de J. Powell à partir de 20h30Une baisse de taux de 25 points de base est déjà « pricée » dans les prix du marché. Par conséquent, il faudra surtout surveiller la mise à jour des projections économiques de la banque centrale qui vont conditionner l’évolution de la politique monétaire à moyen terme. 
19/0909:30Communiqué de politique monétaire de la BNSLa pression ayant faibli sur le CHF ces dernières semaines, le consensus table sur le maintien de taux inchangés.
13:00Réunion de la BoEAucun changement à prévoir. La Banque d’Angleterre a clairement indiqué qu’elle resterait en mode attentiste tant qu’il n’y aura pas plus de visibilité sur le Brexit.
14:30Indice manufacturier de la Fed de Philadelphie (septembre)Recul mensuel attendu à 12 vs 16,8 précédemment.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Marché des changes : la rentrée de la BCE

Marché des changes : la rentrée de la BCE

L'hebdo devises du 09 septembre 2019

Le point macro

Les acheteurs ont remporté la première manche la semaine dernière avec une paire EUR/USD qui a fini sur une appréciation de 0,23% vendredi. La cassure du seuil psychologique des 1,10 fin août a incité à des achats à bon compte mais le biais baissier reste toujours d’actualité, a fortiori si la BCE annonce ce jeudi un nouveau bazooka monétaire. Ces achats à bon compte ont complètement éclipsé l’actualité macroéconomique, qui était faible, mais celle-ci a confirmé les risques soulevés aux cours des derniers mois, en particulier celui d’une récession technique en Allemagne sur le T2-T3.

L’audition de Christine Lagarde, qui convoite le poste de président de la BCE, actuellement occupé par Mario Draghi, n’a pas fourni beaucoup d’indications sur l’évolution de la politique monétaire en zone euro. Elle a une nouvelle fois confirmé son soutien à tout l’éventail de mesures dévoilées depuis 2014, dont le programme de rachats d’actifs et les taux de dépôt négatifs. Seule évolution à la marge par rapport à Mario Draghi, elle a souligné le rôle de la banque centrale dans le changement climatique.

En outre, on notera l’impact faible sur la paire EUR/USD du rapport sur l’emploi américain pour le mois d’août qui a été jugé décevant, avec seulement 130 000 créations de nouveaux postes. La paire a à peine bougé, de l’ordre de 40 pips sur la séance. Ce rapport valide en tout cas le scénario déjà évoqué d’une baisse de taux de la banque centrale américaine lors de sa réunion du 18 septembre prochain.

La volatilité était d’un tout autre ordre sur la paire EUR/GBP. Les errements de la politique britannique se sont traduits par une poursuite de la baisse de l’euro face à la livre sterling (-0,86% sur la semaine). La perspective d’un éloignement du no-deal Brexit a incité les investisseurs à se porter de nouveau acheteurs sur le GBP. Toutefois, ces achats opportunistes ne traduisent pas un changement réel de sentiment du marché à l’égard de la monnaie britannique. De notre point de vue, la tendance reste toujours à la baisse tant le méli-mélo actuel est devenu incompréhensible. Un nouveau vote du Parlement britannique est prévu aujourd’hui pour statuer sur l’éventualité d’une élection législative anticipée.

Enfin, l’euro a continué de baisser face au CAD mais dans une ampleur limitée (-0,72% sur la semaine écoulée). La bonne tenue du CAD s’explique essentiellement par le différentiel de taux entre le Canada et la zone euro. Le maintien d’un taux inchangé par la banque centrale canadienne la semaine passée, à 1,75%, contribue à des stratégies de carry trade qui favorisent un dollar canadien fort. Ce n’est pas amené à durer car, à l’instar de ses consœurs, la Banque du Canada n’aura pas d’autre choix que de s’orienter dans les mois à venir vers une politique monétaire plus accommodante.


Le point technique

Au niveau de l’analyse technique, l’enjeu va surtout concerner cette semaine l’EUR/USD du fait de la perspective de la BCE. A moyen terme, les arguments sont nombreux en faveur d’une poursuite de la baisse. L’euro évolue très nettement sous ses moyennes mobiles à 50 jours et à 200 jours, ce qui valide un scénario baissier vers les 1,0875 voire, en extension, 1,0795. Pour qu’il y ait un changement de sentiment sur la paire, il faudrait un franchissement de la zone des 1,1180-1,1200 qui n’est pas d’actualité pour le moment.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,08351,09081,11091,1238
EUR/GBP 0,88420,89500,91020,9167
EUR/CHF 1,06951,07861,09241,0970
EUR/CAD 1,41591,44281,47981,4964
EUR/JPY 115,56116,19118,83120,47

Pour des conseils personnalisés sur les tendances et couvertures de change, contactez notre salle de marché :

+33 (0)1 48 09 09 83


Les annonces à suivre

Cette semaine, la BCE va effectuer sa grande rentrée. La réunion de jeudi soulève des attentes importantes afin de surmonter le risque de récession technique en Allemagne et le risque de dés-ancrage des anticipations d’inflation. La crédibilité de la BCE est en jeu, elle doit absolument annoncer un nouveau bazooka monétaire afin de rassurer sur sa capacité d’action.

Nous tablons sur :

  • Une baisse du taux de dépôt de 20 points de base, ce qui semble faire consensus chez les analystes, mais avec un effet faible à attendre sur les anticipations d’inflation.
  • Une relance du QE (programme de rachats d’actifs) à hauteur de 45 à 60 milliards d’euros par mois pour une période de 12 mois.
  • La possible mise en place d’un système de tiering afin de compenser l’effet des taux négatifs sur la rentabilité du secteur bancaire. Toutefois, une annonce à ce propos est soumise à un consensus au sein du Conseil des gouverneurs qui risque d’être difficile à atteindre.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
09/0916:00Production manufacturière (juillet)Repli attendu à -0,1% sur un mois.
12/0913:45Déclaration de politique monétaire de la BCEAnnonce probable d’une relance du QE et d’une baisse du taux de dépôt de l’ordre de 10 à 20 points de base.
14:30Conférence de presse de la BCEInduit en général une forte volatilité sur les paires en EUR.
13/0914:30Ventes au détail (août)Baisse à 0,3% sur un mois contre 1,0% précédemment.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Marché des changes : la rentrée s’annonce tendue

Marché des changes : la rentrée s’annonce tendue

L'hebdo devises du 02 septembre 2019

Le point macro

Nous profitons du retour de l’Hebdo Devises pour faire un rappel des grands mouvements ayant eu lieu sur les changes au cours du mois d’août. Pour résumer brièvement, les tendances qui se sont dessinées au cours des derniers mois ont été confirmées. L’accentuation de l’aversion au risque, en lien avec la guerre commerciale, le ralentissement économique européen et la forte dépréciation du yuan chinois ont favorisé une amplification de la hausse des valeurs refuge. Sur le mois écoulé, l’euro a perdu 1,25% face au franc suisse et plus de 3% face au yen. La devise nippone confirme être le baromètre de l’évolution des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Le message envoyé est limpide : il n’y aura pas de résolution du différend prochainement.

Pour l’instant, la forte appréciation du yen (+6,5% face à l’euro depuis le 1er janvier) ne semble pas perturber les autorités japonaises qui s’abstiennent de commentaires concernant le taux de change. En revanche, sur les dernières semaines, la hausse substantielle des dépôts à vue à la Banque Nationale Suisse (BNS) est le signe que la Suisse cherche à limiter la hausse de sa monnaie. Ce fut un échec patent puisque l’EUR/CHF reste ancré sous le niveau des 1,10 qui était la borne initiale à ne pas enfoncer pour la banque centrale. Dans un contexte d’aversion au risque qui va rester élevé, il faut s’attendre à une multiplication des interventions de la BNS, et potentiellement d’autres banques centrales, afin de limiter la hausse des monnaies valeurs refuge.

De manière assez surprenante, l’euro a fini le mois d’août dans le rouge face à la livre sterling (-1,30%). La baisse du cross EUR/GBP s’explique à la fois par des achats à bon compte de GBP par des investisseurs pariant sur une nouvelle extension du Brexit (au-delà du 31 octobre) et par une faiblesse de l’euro en lien avec les attentes de nouvelles mesures accommodantes de la part de la BCE qui devraient être officiellement annoncées le 12 septembre prochain. Il serait donc trompeur de croire à un rétablissement du GBP. Le contexte politique reste compliqué et, surtout, l’économie commence à flancher avec un risque de récession technique au troisième trimestre élevé.

Enfin, le cross EUR/USD a été marqué par une faible volatilité sur la quasi-totalité du mois d’août, jusqu’à la séance de vendredi dernier. Un énième tweet de Trump critiquant le niveau de l’euro et l’attentisme de la Fed a poussé l’euro sous 1,10 dollar pour la première fois depuis le mois de mai 2017. Avec ce tweet, le président américain rappelle que la guerre des devises est toujours d’actualité. La cassure du support à 1,10 est un seuil psychologique majeur pour le marché qui confirme le biais baissier à court et à moyen terme.


Le point technique

La semaine qui débute pourrait entrainer un peu de volatilité sur les paires EUR/CHF et EUR/JPY du fait de la mise en place de nouveaux tarifs douaniers par les Etats-Unis à l’égard de la Chine depuis hier. Toutefois, ces mesures n’étant en rien nouvelles, l’effet est certainement déjà « pricé » dans les cours.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,08641,09121,11801,1217
EUR/GBP 0,87810,89370,91570,9249
EUR/CHF 1,07891,08251,09641,1052
EUR/CAD 1,43831,44881,48701,4935
EUR/JPY 115,30116,98118,20118,95

En revanche, la paire qui risque de connaître une grande volatilité est l’EUR/GBP. Le gouvernement de Boris Johnson a obtenu la suspension du Parlement du 10 septembre au 14 octobre afin d’éviter que des parlementaires britanniques n’essaient d’empêcher une sortie sans accord. Beaucoup d’élus considèrent qu’il s’agit d’un déni de démocratie (y compris des grands médias comme le Financial Times). Dans ce contexte politique de plus en plus tendu, on ne peut pas exclure une fronde parlementaire cette semaine aboutissant à un vote de défiance à l’égard du gouvernement et à des élections anticipées. La livre sterling pourrait connaître de nouvelles montagnes russes, ayant déjà enfoncé le support des 1,10 face à l’euro et des 1,22 face à l’USD la semaine dernière.


Pour des conseils personnalisés sur les tendances et couvertures de change, contactez notre salle de marché :

+33 (0)1 48 09 09 83


Les annonces à suivre

Outre le psychodrame britannique qu’il faudra suivre de près, la semaine sera marquée par de nouveaux indicateurs portant sur l’économie américaine. Beaucoup craignent une récession prochaine, mais l’évolution macroéconomique reste positive. Le secteur manufacturier essuie les conséquences de la guerre commerciale, mais résiste mieux que le secteur manufacturier européen. En outre, on n’observe toujours pas de contagion de la faiblesse du secteur manufacturier vers le secteur des services qui reste bien orienté. Ces statistiques ne devraient donc pas peser beaucoup sur l’évolution de la politique monétaire américaine.

Comme l’a rappelé J. Powell à Jackson Hole fin août, une baisse des taux de la Fed sera conditionnée en septembre essentiellement à l’évolution du contexte international et de la guerre commerciale. En d’autres termes, une baisse des taux de l’ordre de 25 points de base est probable le 18 septembre prochain.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
03/0916:00ISM manufacturier (août)Le consensus s’attend à un faible rebond sur un mois, passant de 51,1 à 51,4.
04/0916:00Réunion de la banque centraleStatu quo monétaire à 1,75%.
05/0914:15Rapport ADP sur l’emploi privé (août)Baisse à 140k vs 156k en juillet.
16:00ISM non manufacturier (août)Forte hausse attendue en l’espace d’un mois, de 53,7 à 54,1.
06/0914:30Rapport sur l’emploi américain (août)Les créations d’emplois sont attendues en faible baisse à 155k, potentiellement sous l’effet d’un ajustement saisonnier.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Marché des changes : le bal estival des banques centrales

Marché des changes : le bal estival des banques centrales

L'hebdo devises du 29 juillet 2019

Le point macro

La semaine passée fut encore compliquée pour l’EUR/USD sur fond de nouvelles mesures de soutien de la part de la BCE qui devraient être annoncées en septembre prochain. Sur les cinq dernières séances, l’euro affiche sa plus mauvaise performance face au dollar, avec un repli de 1,30%. La paire reste toutefois dans son range des derniers mois, en réussissant à sauvegarder le niveau des 1,11. Sans surprise, la BCE a fait part d’importantes inquiétudes quant au niveau bas de l’inflation, ouvrant la porte à de nouvelles mesures accommodantes. Même s’il en a été peu question, la mauvaise conjoncture en Allemagne, qui se traduit par un effondrement du PMI manufacturier depuis le début de l’année, constitue aussi une autre incitation pour que la banque centrale agisse. Nous tablons sur une baisse de 10 points de base du taux de dépôt, qui passerait de -0,40% à -0,50%, lors de la réunion de septembre et la relance du programme de rachats d’achats, à hauteur de 15 milliards d’euros par mois, d’ici la fin de l’année. Ces mesures couplées à un risque de récession qui reste élevé en Allemagne devraient pousser l’euro à la baisse à moyen terme face au dollar, vers les 1,10.

Comme on le sait, un changement de ton de la part de la BCE impacte aussi directement l’EUR/CHF puisque les politiques monétaires menées à Francfort et à Berne sont liées. En amont de la réunion de jeudi dernier de la BCE, le franc suisse a atteint un point haut de deux ans face à l’euro en enfonçant le seuil des 1,10 qui est considéré comme le catalyseur absolu d’intervention de la Banque Nationale Suisse (BNS). Aucune intervention sur les changes n’a été confirmée mais, au regard du rebond observé sur la paire en fin de semaine dernière, il est probable que la BNS ait racheté des euros pour que la paire renoue avec le niveau des 1,11. Le message est en tout cas limpide : la BNS ne laissera pas le seuil des 1,10 enfoncé durablement.

Enfin, l’euro a réussi à limiter son recul face à la livre sterling (-0,12% sur les cinq dernières séances), simplement parce que le marché des changes a accueilli assez froidement le nouveau Premier ministre britannique et son gouvernement où les ardents Brexiters tiennent une place de choix. Le scénario d’un no-deal Brexit est fortement craint, mais il nous parait exagéré à ce stade. Comme nous vous l’indiquions récemment, nous tablons sur des élections législatives anticipées dans les mois à venir, ce qui permettrait au Royaume-Uni d’obtenir un nouveau délai de la part de l’UE. Ce scénario semble être validé par la nomination de Dominic Cummings, qui est surtout connu pour mener à bien des campagnes électorales, comme conseiller auprès de Boris Johnson. Dans ce cadre-là, un rebond technique de la livre sterling serait possible après sa forte dépréciation des derniers mois (quasiment -4% sur la période mai à fin juillet).


Le point technique

Il s’agit de la dernière semaine où on peut s’attendre à avoir encore de la volatilité sur les paires de devises majeures avant d’entrer dans le mois d’août, qui est traditionnellement marqué par des volumes anémiques et une évolution des devises en range.

Le risque dans les prochains jours se focalisera sur les paires en USD, et notamment l’EUR/USD, du fait de la réunion de la Fed qui est propice à une forte volatilité. En se basant sur l’analyse technique, le champ de bataille pour l’EUR/USD reste baissier, ce qui est renforcé par l’enfoncement des 1,1180 lors des dernières séances. Le prochain seuil technique qu’il faudra absolument surveiller sera la zone de support autour de 1,11-1,1107 qui a été atteinte à quatre reprises depuis le mois d’avril et qui a, jusqu’à présent, permis systématiquement un rebond vers les 1,1280. En cas de cassure durable des 1,11, il faut s’attendre à une extension de la baisse vers les 1,10.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,10671,11071,12701,1319
EUR/GBP 0,88050,89000,90310,9089
EUR/CHF 1,09471,09821,11451,1244
EUR/CAD 1,45501,46021,47101,4765
EUR/JPY 119,03120,10121,57122,25

Pour des conseils personnalisés sur les tendances et couvertures de change, contactez notre salle de marché :

+33 (0)1 48 09 09 83


Les annonces à suivre

Les différents indicateurs américains attendus cette semaine seront éclipsés par la Fed. A fortiori, il convient de mentionner que les indicateurs de l’emploi (ADP et NFP) sont des indicateurs retardés, ce qui signifie qu’ils évoluent en retard par rapport au cycle économique. De fait, leur intérêt est faible dans une période où la question n’est pas de savoir si nous sommes en fin de cycle – c’est le cas – mais plutôt de savoir comment relancer l’économie. C’est justement ce que va essayer de faire la Fed cette semaine en baissant son taux directeur de 25 points de base. La conférence de presse de J. Powell devrait ouvrir la porte à un mini cycle baissier au niveau des taux d’intérêt qui devrait se poursuivre d’ici la fin d’année.

Toutes les réunions de la Fed ne se valent pas. Certaines ont moins d’impact sur les taux de change que d’autres. Ainsi, la réunion de juin dernier qui avait abouti à un statu quo monétaire avait induit une baisse de l’EUR/USD de seulement 0,07% en intraday. En revanche, la dernière hausse de taux de la Fed, qui avait eu lieu en décembre 2018, avait conduit à une baisse de l’EUR/USD de 1,05% sur la journée. Il faudra s’attendre ce mercredi à une fluctuation du même ordre.

La prochaine édition de l’Hebdo devises sera disponible le lundi 2 septembre. Le mois d’août devrait conduire au maintien des ranges existants sur les principales paires de devises, maintenant que les grandes banques centrales ont dévoilé leurs cartes.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
30/0716:00Confiance des consommateurs du Conference Board (juillet)Nouvelle hausse attendue à 125. Toutefois, il s’agit d’un indicateur en retard par rapport au cycle économique, avec donc peu d’influence sur la politique monétaire de la Fed.
31/0714:15Enquête ADP (juillet)Hausse attendue à 150k au niveau des créations d’emplois dans le secteur privé aux Etats-Unis. Le marché du travail reste bien orienté mais le point de fragilité se situe au niveau des PME (moins de 10 employés) où on a observé une destruction nette d’emplois en juin.
20:00Communiqué de presse de la Fed suivi par la conférence de J. Powell à partir de 20:30C’est finalement l’évènement de la semaine sur les changes : la Fed devrait baisser son taux directeur de 25 pts de base, à 2,25%.
01/0813:00Décision de politique monétaire de la Banque d’AngleterreStatu quo au niveau des taux directeurs, a minima jusqu’au Brexit.
02/0814:30Rapport sur l’emploi américain (juillet)Baisse saisonnière à 170k en juillet attendue par le consensus. Faible impact sur les changes et les paires en USD étant donné que la Fed aura déjà tracé la route pour la politique monétaire des prochains mois.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Pas de pause estivale pour l’euro et la livre sterling

Pas de pause estivale pour l’euro et la livre sterling

L'hebdo devises du 22 juillet 2019

Le point macro

La semaine passée a une nouvelle fois prouvé que le rebond de l’EUR/USD était de courte durée. De nouveaux signaux d’assouplissement monétaire de la part de la BCE (qui seront confirmés dans les prochains jours) auxquels on ajoute de mauvaises statistiques allemandes réactivant le risque de récession pour la première économie de la zone euro ont poussé l’euro dans ses retranchements. Sur les cinq dernières séances, l’euro perd 0,6% face au dollar. La monnaie unique a trébuché mardi suite à un mauvais indicateur ZEW du climat des affaires pour l’Allemagne, cassant son support situé à 1,1240. La baisse de l’euro n’est pas limitée au billet vert puisque la devise reculait sur la même période de 0,09% face au dollar canadien, de 0,6% face au franc suisse et de 0,80% face au yen. Le CHF et le JPY ont bénéficié de leur statut de valeur refuge tandis que le CAD capitalisait sur de bons résultats économiques confirmant un rebond de la croissance au T2 qui devrait être supérieur aux attentes de la Banque du Canada.

Plus inhabituel, l’euro était aussi en recul face à la livre sterling, de l’ordre de 0,2% sur les cinq dernières séances. Même si le marché reste prudent et baissier à moyen terme sur la monnaie britannique en raison des incertitudes concernant le Brexit, on a pu assister à des achats à bon compte de GBP qui ont amplifié le mouvement de baisse généralisée de la monnaie unique. Les fondamentaux économiques britanniques et les perspectives concernant le Brexit n’ont pas changé.

Enfin, le dollar index reste ferme, ancré autour du niveau de 97, du fait des craintes de dérapage de la guerre commerciale. Plusieurs signes de friction entre Washington et Pékin ont ponctué les derniers jours. On notera notamment que pour la première fois depuis le mois d’avril (lorsque les négociations commerciales étaient à un point bas), la Chine a annulé un achat de près de 10 000 tonnes de soja américain. C’est le signe que le marché des changes reste encore en mode aversion au risque et qu’aucune embellie n’est à prévoir dans les semaines à venir au niveau des relations sino-américaines.


Le point technique

Après ce mouvement d’aversion généralisée à l’égard de l’euro, un rebond technique n’est pas exclu même s’il faudra être prudent en raison de l’approche de la réunion de la BCE. La paire EUR/USD reste toujours portée par la zone de support comprise entre 1,12 et 1,1184 ainsi que par une droite de tendance haussière qui remonte au 18 juin dernier.

Il est quasi-certain que la réunion de la BCE de ce jeudi va entrainer un bond de la volatilité accentué par les positions prises en amont par le trading automatique, ce qui va conduire à casser des zones de support ou de résistance. En fonction de la réaction du marché, nous pourrions assister à une hausse de l’euro lui permettant de franchir sa principale résistance à court terme située à 1,1280 avec, en extension, une poursuite possible du mouvement vers les 1,1342.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,11841,12141,12801,1342
EUR/GBP 0,89180,89400,89970,9032
EUR/CHF 1,07411,09351,11431,1194
EUR/CAD 1,45591,46211,47601,4837
EUR/JPY 119,78120,21122,13122,63

Pour des conseils personnalisés sur les tendances et couvertures de change, contactez notre salle de marché :

+33 (0)1 48 09 09 83


Les annonces à suivre

Cette semaine, les volumes resteront encore assez faibles sur les changes en raison de l’absence des market markers, mais les rares annonces prévues seront de première importance.

Ce mercredi, Boris Johnson devrait officiellement devenir Premier ministre, ce qui risque d’ouvrir une période de forte incertitude pour l’économie britannique et la livre sterling. La campagne pour diriger le Parti Conservateur n’a pas permis de dévoiler un réel plan d’action pour quitter sans encombre l’Union Européenne. Notre scénario de base (40% de probabilité) reste celui d’élections législatives anticipées avant fin octobre, conduisant les autres capitales européennes à offrir un nouveau délai à Londres. Boris Johnson ne bénéficie pas d’un solide capital politique et est très contesté au sein de son parti. Le moindre faux pas pourrait le fragiliser et l’obliger à convoquer des élections. Dans ce contexte, même si la livre sterling est indéniablement sous-évaluée, le potentiel baissier reste élevé.

Ce jeudi, l’attention se portera sur la BCE. Sauf surprise de dernière minute, aucun changement immédiat de politique monétaire ne devrait être annoncé. En revanche, la conférence de presse de Mario Draghi risque de conduire à un regain de volatilité élevé sur les paires en EUR car elle devrait ouvrir la porte à une baisse des taux en septembre. Les dernières minutes du Conseil des Gouverneurs ainsi que les propos tenus par Mario Draghi à Sintra (Portugal) tracent une route claire pour la BCE dans les mois à venir : taux plus bas, ajustement du forward guidance et éventuellement reprise du QE. Nous entrons de nouveau dans une ère de taux ultra-bas que nous n’avons jamais réellement quitté.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
24/07Nom du nouveau Premier ministre connuSauf surprise de dernière minute, l’ancien maire de Londres, B. Johnson, devrait être désigné Premier ministre, ouvrant ainsi une forte période d’incertitude pour la livre sterling.
09:30PMI manufacturier (juillet)Léger rebond attendu à 45,2 mais la tendance de fond reste toujours négative du fait de la guerre commerciale.
25/0713:45Réunion de la BCE suivie par la conférence de presse de Mario Draghi à partir de 14h30Les taux devraient rester inchangés, à -0,40% pour le taux de dépôt et à 0% pour le taux directeur principal. Le marché guettera chaque mot de Mario Draghi pouvant indiquer un assouplissement à venir de la politique monétaire. Nous anticipons ce jeudi seulement un ajustement du forward guidance, avant une baisse de 10 points de base du taux de dépôt le 12 septembre prochain.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Marché des changes : les banques centrales donnent le la

Marché des changes : les banques centrales donnent le la

L'hebdo devises du 15 juillet 2019

Le point macro

Semaine en zigzag pour l’EUR/USD qui a évolué au gré des banques centrales. Sur la semaine écoulée, l’euro a gagné seulement 0,13%, mais cette faible fluctuation cache des séances de forte volatilité en lien avec les deux auditions du président de la Fed, J. Powell, et avec la publication des comptes-rendus des dernières réunions de la Fed et de la BCE.

Commençons par la Fed. J. Powell a confirmé l’optique d’une baisse préventive des taux de 25 points de base à la fin du mois de juillet, ce qui est déjà « pricé » par le marché. Lors de sa courte audition devant le Congrès américain, il a utilisé de manière combinée les mots « incertitudes » et « risques » pas moins de six fois, en pointant notamment les risques inhérents à la guerre commerciale et au contexte international. En outre, il a indiqué que « plusieurs » membres du FOMC avaient évoqué lors de la réunion de la Fed du mois de juin la nécessité d’avoir des conditions monétaires plus accommodantes. Dans ce contexte, le dollar index, qui représente l’évolution de l’USD face à un panier de devises majeures, notamment l’euro, a perdu un peu de terrain, repassant sous le seuil des 97.

Poursuivons avec la BCE. Le ton accommodant du compte-rendu de la dernière réunion de la BCE a, en revanche, surpris. Il ne fait pas de doutes que la situation économique se dégrade en zone euro, particulièrement au niveau de l’inflation, mais peu d’intervenants de marché s’attendaient à ce que la banque centrale ajuste rapidement sa politique monétaire. Beaucoup anticipaient une action début 2020. Là encore, le consensus a tout faux. Le compte-rendu est explicite : le Conseil des gouverneurs est prêt à adopter des mesures accommodantes, y compris « étendre le forward guidance, reprendre les rachats nets d’actifs et abaisser les taux directeurs ». En conséquent, nous tablons sur deux baisses de taux cette année, de l’ordre de 10 points de base chacune, ce qui aurait un effet négatif sur le taux de change de l’euro à moyen terme.

Dans ces conditions, l’éventualité d’une guerre des devises est de plus en plus probable. La baisse des taux déjà amorcée par certaines banques centrales, et qui va être mise en œuvre prochainement par la Fed et la BCE, va pousser les taux de change à la baisse. Selon les calculs de l’OCDE, qui reposent sur les taux de change effectifs réels (ce qui constitue une mesure parmi d’autres pour évaluer la survalorisation ou sous-évaluation d’une monnaie par rapport à une autre), l’euro est sous-évalué de 25% par rapport au dollar US. Donald Trump a certainement pris connaissance de ce rapport et, alors que les Etats-Unis sont déjà engagés dans un bras de fer avec l’Europe sur les questions des exportations automobiles et de la taxe GAFA, le prochain sujet de friction risque d’être la monnaie.


Le point technique

Avec la période estivale, le marché des changes est déserté à l’instar des autres marchés financiers. On a constaté depuis le début du mois de juillet l’absence des market makers sur les marchés d’options sur future EUR/USD par exemple. S’il n’y avait pas les banques centrales ce mois-ci, la volatilité et les volumes seraient certainement beaucoup plus bas.

L’horizon est désormais un peu plus compliqué à court terme pour l’EUR/USD avec un biais baissier qui risque de se confirmer cette semaine. La paire évolue sous sa moyenne mobile à 200 jours, mais surtout elle a cassé le niveau de la moyenne mobile à 50 jours, situé à 1,1260-65 en fin de semaine dernière. La surprise liée au ton extrêmement accommodant du Conseil des gouverneurs de la BCE explique ce mouvement. A l’exception du RSI qui est neutre, quasiment tous les indicateurs techniques majeurs sont en territoire de vente. En extension, l’EUR/USD pourrait continuer sa baisse vers 1,1165 et 1,1100 dans les prochaines séances.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,11041,11651,13291,1432
EUR/GBP 0,88870,89240,89930,9027
EUR/CHF 1,09481,10091,11681,1202
EUR/CAD 1,45311,46051,48191,4957
EUR/JPY 120,12120,95122,99124,19

Pour des conseils personnalisés sur les tendances et couvertures de change, contactez notre salle de marché :

+33 (0)1 48 09 09 83


Les annonces à suivre

Le calendrier économique sera beaucoup moins dense que la semaine passée. Le seul indicateur économique qui nous parait d’importance sera la publication de l’indice ZEW du sentiment économique en Allemagne pour le mois de juillet mardi matin. La tendance devrait rester négative, comme les mois précédents, avec un chiffre attendu à -20, ce qui devrait confirmer les inquiétudes exprimées par les économistes concernant la première économie de la zone euro. Etant « data dependent », la BCE va certainement surveiller de près ce nouvel indicateur qui constitue un signal supplémentaire de la nécessité de baisser les taux en zone euro.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
16/0711:00Indice ZEW du sentiment économique (juillet)Nouvelle confirmation de la dégradation économique en Allemagne avec un chiffre attendu en négatif, à -20.
14:30Ventes au détail (juin)0,2% en mensuel contre 0,5% précédemment. Le consommateur américain reste toutefois en très bonne santé.
18/0714:30Indice manufacturier de la Fed de Philadelphie (juillet)Les indices manufacturiers régionaux sont de bons indicateurs avancés de l’indice ISM. Selon le consensus, l’indice pour la région de Philadelphie devrait rebondir à 5,0 contre 3,0 précédemment.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


MARCHÉ DES CHANGES : LA LOI DU TALION

Marché des changes : la loi du talion

L'hebdo devises du 08 juillet 2019

Le point macro

Une colombe à la tête de la BCE. La nomination de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, à la tête de la BCE a été bien accueillie par les cambistes. Bien qu’elle se soit peu exprimée sur la politique monétaire, les rares fois où elle l’a fait, comme en 2013, à l’invitation de la Fed de Kansas City, elle a systématiquement loué les politiques monétaires accommodantes et soutenu les taux d’intérêt négatifs. Elle s’inscrit dans la continuité de Mario Draghi, ce qui a rassuré nombre d’intervenants du marché. En revanche, une colombe à la présidence de la BCE indique que la probabilité de baisse des taux et/ou de reprise du programme de rachats d’actifs (QE) augmente, a fortiori dans un contexte économique négatif. Les dernières statistiques en provenance d’Allemagne, en particulier la forte contraction des commandes industrielles en mai, font craindre une entrée en récession de la première économie européenne. Ce panorama européen contraste nettement avec la solidité de pans entiers de l’économie américaine, comme le marché du travail qui a créé 244 000 emplois en juin dernier. Par ricochet, l’euro s’est affaibli face au dollar, en perdant sur la semaine dernière près de 1,43%, mais il a réussi à préserver le niveau des 1,12.

Le risque de guerre des devises se confirme. La nomination de Christine Lagarde n’a pas dû plaire à l’administration Trump. Dans un tweet, la semaine passée, le président américain a accusé l’Europe et la Chine de manipuler leur taux de change au détriment des Etats-Unis. En l’espace de quelques semaines, il s’agit de la deuxième attaque frontale de la part du Washington sur la question des monnaies. Nous continuons de penser que le troisième pan de la guerre commerciale (après les déséquilibres de la balance commerciale et la guerre technologique) risque d’être une guerre des devises. A la fin des années 80, l’administration Reagan avait ordonné, par décret, à la Réserve Fédérale de New York d’intervenir sur le marché des changes, en vendant des dollars et en achetant d’autres monnaies (yen, deutsche mark, livre sterling) afin de faire baisser le niveau de l’USD. Il n’est pas du tout exclu que l’administration actuelle décide d’agir de la même manière si le dollar index, actuellement autour de 95, continue de rester à un niveau jugé trop élevé.

Le dollar canadien profite du découplage de politique monétaire. Depuis le début de l’année, le CAD a gagné 4,3% face à l’USD et 5,6% face à l’euro, ce qui constitue l’une des performances les plus solides parmi les devises du G10. Le différentiel de taux d’intérêt et d’évolution de la politique monétaire entre le Canada d’un côté, et les Etats-Unis et la zone euro de l’autre, favorise le taux de change du CAD. Toutefois, cette hausse pourrait être de courte durée. Si la Fed annonce une baisse préventive de ses taux à la fin du mois, il est hautement probable que la Banque du Canada s’aligne, comme elle l’a fait systématiquement par le passé.


Le point technique

L’EUR/USD reste toujours soutenu à moyen terme par des facteurs structurels, comme l’évolution des flux de capitaux, et par la perspective que la Fed dégaine la première pour baisser ses taux. Cependant, les mauvaises nouvelles concernant l’Allemagne commencent à inquiéter. Du point de vue de l’analyse technique, l’euro a entamé un pullback baissier après avoir atteint un pic fin juin à 1,1415. A court terme, l’euro reste dans une zone d’indécision qui pourrait entrainer un nouvel excès baissier vers les 1,1184 s’il n’y a pas prochainement de bonnes nouvelles sur la conjoncture européenne.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,10541,11841,14071,1443
EUR/GBP 0,88780,89160,89930,9031
EUR/CHF 1,10201,10601,11431,1186
EUR/CAD 1,43571,45621,50051,5125
EUR/JPY 119,94121,18123,18123,66

Face au dollar canadien, l’euro a un potentiel baissier depuis la cassure du support de long terme situé à 1,4765 la semaine dernière. Même si certains indicateurs, comme le RSI, invitent à la prudence, la prochaine cible devrait être très clairement à la baisse pour la paire, au niveau du support situé à 1,4562.


Pour des conseils personnalisés sur les tendances et couvertures de change, contactez notre salle de marché :

+33 (0)1 48 09 09 83


Les annonces à suivre

Du point de vue du calendrier économique, cette semaine sera plutôt calme. Les derniers chiffres du marché du travail américain brouillent un peu les cartes sur l’évolution à court terme de la politique monétaire américaine. Le compte-rendu de la Fed attendu ce mercredi pourrait permettre d’y voir plus clair et de confirmer l’optique d’une baisse des taux ce mois-ci. Une grande incertitude demeure cependant quant à l’ampleur – 25 ou 50 points de base.

Toujours du côté des banques centrales, la Banque du Canada va probablement confirmer le maintien de ses taux inchangés à 1,75%, avec un impact faible à attendre sur l’EUR/CAD.

Enfin, le compte-rendu de la dernière réunion de la BCE sera publié ce jeudi. Il n’y aura pas de vrai enjeu pour les changes car il nous parait évident que la banque centrale ne va pas se précipiter pour mettre en œuvre de nouvelles mesures de soutien. A minima, il ne faut rien attendre à ce propos d’ici à la rentrée.

Le mot de la fin va concerner les négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis qui vont de nouveau débuter cette semaine, d’abord par échanges téléphoniques, avant éventuellement d’envisager des rencontres à Pékin et à Washington. Là encore, c’est un sujet de longue haleine.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
10/0716:00Réunion de la banque centraleStatu quo avec maintien des taux à 1,75%
20:00Compte-rendu de la dernière réunion de la banque centraleTous les indices évoquant une possible baisse des taux seront surveillés de près.
11/0713:30Compte-rendu de la dernière réunion de la banque centraleDiscussions plutôt techniques portant sur le programme de soutien aux banques de second rang (TLTRO)

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


L’euro est-il en mesure de renouer avec ses points hauts de 2019 ?

L’euro est-il en mesure de renouer avec ses points hauts de 2019 ?

L'hebdo devises du 01 juillet 2019

Le point macro

Le G20 n’a pas fondamentalement bougé les lignes. La rencontre entre le président Trump et son homologue chinois constituait une belle opération de communication politique, mais n’a certainement pas permis d’opérer un saut stratégique afin de parvenir prochainement à un accord commercial. Etant donné les nombreux points de divergence, une rencontre de seulement 90 minutes n’était pas suffisante. La guerre commerciale et son pans technologique avec Huawei risque de continuer et de créer des tensions cet été sur le marché des changes. Ajoutons à cela, les réunions importantes à la fin du mois de la Fed et de la BCE qui vont certainement créer beaucoup de volatilité sur la paire euro/dollar. En l’absence d’accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis, nous anticipons toujours une baisse de taux préventive par la banque centrale américaine, probablement de seulement 25 points de base. Notons que ce scénario est déjà intégré dans les prix offerts par le marché, ce qui explique la hausse de l’euro de près de 1.88% face au dollar sur le mois écoulé.

En revanche, l’euro restait toujours nettement en repli face au franc suisse, qui sert de valeur refuge pour contrer les nombreux risques géopolitiques actuellement présents (tensions croissantes entre l’Iran et les Etats-Unis, guerre commerciale et Brexit). La monnaie unique affiche un recul sur le mois de juin de 1,30% face au CHF, ce qui constitue sa plus mauvaise performance face à une paire majeure. Résultat, l’euro a frôlé la semaine dernière le seuil stratégique des 1,10 qui, en cas de cassure, entraine quasi-systématiquement une intervention de la Banque Nationale Suisse (BNS) pour faire baisser le taux de change du CHF. Il y a eu des rumeurs – non confirmées – ces derniers jours de rachats préventifs d’euros par la BNS, ce qui pourrait expliquer le retour de la paire vers les 1,11. Il faudra être extrêmement vigilant si vous êtes exposés au CHF dans les semaines à venir. La situation de risque géopolitique élevé couplée à une baisse des volumes sur le forex, qui est normale l’été, pourraient de nouveau pousser l’EUR/CHF vers les 1,10 et entrainer par ricochet de violents mouvements à la hausse en cas d’intervention de la BNS. Il s’agit d’une des paires majeures qui est le plus susceptible de connaître beaucoup de volatilité dans les semaines à venir.


Le point technique

Avec la perspective de baisse des taux de la Fed à la fin du mois, la question de savoir si la paire EUR/USD va être en mesurer de renouer avec ses points hauts de l’année se pose. Les signaux fournis par l’analyse technique sont plutôt positifs. L’EUR/USD a réussi à sortir de son canal baissier de long terme au mois de juin, en parvenant à faire une échappée au-dessus des 1,1215. Le RSI 14 jours, qui est communément utilisé par les investisseurs, est en zone d’achat, autour de 53, et n’indique aucun risque immédiat de surachat. En outre, le mouvement haussier reste encore porté par les moyennes mobiles à 50 jours et à 200 jours. En toute logique, la prochaine cible pour la paire sera de renouer avec la zone des 1,15, mais il faudra pour y parvenir une impulsion venant des indicateurs économiques et/ou des banques centrales. Les statistiques prévues cette semaine pourraient favoriser un mouvement en ce sens.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,11131,12421,14391,1507
EUR/GBP 0,88700,88200,89730,9025
EUR/CHF 1,09611,10311,11961,1292
EUR/CAD 1,45491,47711,51241,5216
EUR/JPY 120,52121,26122,87124,04

Pour des conseils personnalisés sur les tendances et couvertures de change, contactez notre salle de marché :

+33 (0)1 48 09 09 83


Les annonces à suivre

La principale statistique à surveiller sera la publication, comme chaque premier vendredi du mois, des chiffres de l’emploi américain. Même si le consensus table sur un rebond des créations d’emploi à 165 000 en juin, il s’agit d’un chiffre plutôt décevant par rapport aux niveaux atteints en 2018 et qui pourrait accentuer le repli du dollar face à l’euro en renforçant la probabilité de baisse des taux par la Fed. Ces derniers mois, outre-Atlantique, le marché de l’emploi a montré des signes d’essoufflement. La moyenne mobile à six mois au niveau des créations d’emploi est actuellement à son plus bas niveau depuis la crise de la zone euro sur la période 2011-2012. Par ailleurs, l’indice PMI manufacturier américain, attendu ce jour, devrait afficher un net ralentissement en juin, ce qui serait cohérent avec les données fournis par les indicateurs manufacturiers régionaux ces dernières semaines. Si ces attentes sont confirmées, cela constituera une raison supplémentaire pour baisser les taux. De notre point de vue, la dynamique macroéconomique et ses conséquences au niveau de la politique monétaire paraissent, comme l’analyse technique, plaider pour une appréciation plus importante de l’EUR/USD à court terme.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
01/0716:00Indice PMI manufacturier (ISM)Une confirmation de ralentissement (attendu à 51) renforcerait la possibilité de baisse des taux de la Fed
02/0706:30Décision de politique monétaireBaisse de 25 pdb du taux directeur, à 1%. L’Australie sert souvent de bon baromètre de l’évolution de la politique monétaire mondiale
03/0714:15Enquête ADP sur l’emploi privéConsensus à 140 000 mais, du fait d’une corrélation faible avec l’enquête NFP, son impact sur le forex est faible.
05/0714:30Non-farm payroll (NFP)Les économistes anticipent un rebond à 165 000 créations d’emploi en juin dans le secteur privé. Toutefois, la tendance à long terme (sur six mois) est négative et devrait inciter la Fed à baisser ses taux.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


De la guerre commerciale à la guerre des devises ?

De la guerre commerciale à la guerre des devises ?

L'hebdo devises du 24 juin 2019

Le point macro

Il y a comme une atmosphère de guerre des devises sur le marché des changes. Comme c’était largement attendu, la Fed et la BCE ont ouvert la porte à une politique monétaire plus accommodante dans les mois à venir afin de soutenir l’activité économique. La Fed devrait baisser à deux reprises ses taux cette année, probablement à partir de juillet prochain à hauteur de 50 points de base, tandis que Mario Draghi a clairement ouvert la porte lors du forum de la BCE à Sintra (Portugal) à de nouvelles mesures expansionnistes, qu’il s’agisse d’une baisse des taux et/ou d’une relance du programme de rachats d’actifs (QE). Les commentaires de Mario Draghi n’ont pas été du goût de Donald Trump qui a immédiatement répliqué sur Twitter, accusant la zone euro de manipuler le taux de change de sa monnaie. Une nouvelle étape de la guerre commerciale, sous la forme d’une guerre des devises, devient de plus en plus probable. Voyant que le déficit commercial américain ne se réduit pas, Donald Trump pourrait chercher à faire baisser le taux de change du dollar. Une telle stratégie a déjà été mise en œuvre par les Etats-Unis, au milieu des années 80 et au début des années 90.

L’autre banque centrale à statuer sur sa politique monétaire a été la Banque d’Angleterre (BoE) qui, progressivement, pourrait aussi adopter une politique monétaire plus accommodante. Du fait des incertitudes croissante sur le Brexit, elle a révisé à la baisse ses prévisions de croissance, à zéro au deuxième trimestre. Nous tablons sur une seule baisse de taux cette année, ce qui ne devrait pas aider le taux de change de la livre sterling, en repli de près de 1,7% face à l’euro sur un mois. Cependant, la marge de manœuvre pour baisser les taux est limitée car les anticipations d’inflation des ménages sont en forte hausse, au-dessus de 3%.

Dans le détail, l’euro affiche sa meilleure performance hebdomadaire face au dollar américain avec une progression de 0,50%. Comme nous l’indiquions dans « L’hebdo devises » de la semaine passée, l’euro a tendance à être en hausse face au dollar lorsque la Fed enclenche sa première baisse de taux. Une telle réaction du marché s’est produite lors des six derniers cycles d’assouplissement aux Etats-Unis et a toutes les chances de se produire à l’aube de ce septième cycle. Par conséquent, on peut anticiper une poursuite de la hausse encore au mois de juillet. En revanche, l’euro était en repli face aux valeurs refuge, notamment le CHF et le JPY, respectivement de l’ordre de 0,80% et de 0,06%, en raison de l’accentuation des tensions géopolitiques dans le détroit stratégique d’Ormuz, où l’Iran et les Etats-Unis s’affrontent.


Le point technique

La question de la poursuite du mouvement haussier de l’euro face au dollar va aussi dépendre de l’analyse technique. L’euro est récemment sorti de son canal baissier de long terme. La devise a rebondi le 18 juin dernier sur sa moyenne mobile à 50 jours, juste après le discours accommodant de Mario Draghi, et conserve de notre point de vue un potentiel haussier à court terme, au moins jusqu’à 1,1380, qui correspond à la moyenne mobile à 200 jours. Une cassure de ce niveau pourrait permettre une extension de la hausse mais nous n’y sommes pas encore.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,11111,11611,13931,1534
EUR/GBP 0,88730,88420,89340,8964
EUR/CHF 1,09951,10581,12451,1294
EUR/CAD 1,48301,49321,50861,5136
EUR/JPY 120,57121,14122,73123,75

Pour des conseils personnalisés sur les tendances et couvertures de change, contactez notre salle de marché :

+33 (0)1 48 09 09 83


Les annonces à suivre

Cette semaine, il y aura trois fils conducteurs : le risque géopolitique, les banques centrales et les relations sino-américaines.

Une nouvelle escalade des tensions entre l’Iran et les Etats-Unis n’est pas à exclure, étant donné la forte détérioration des relations depuis le mois d’avril. Les responsables iraniens, conscients que Donald Trump a de solides chances d’être réélu pour un second mandat, ont changé d’attitude ces dernières semaines et semblent prêts à un long bras de fer avec Washington. Même si un scénario de guerre est peu probable, une accentuation sporadique des tensions au cours des prochaines semaines est envisageable, favorisant les valeurs refuge sur le marché des changes. L’été est coutumier de ces montées d’adrénaline dans le Golfe Persique.

Par ailleurs, le discours de J. Powell sera très attendu ce mardi car il devrait confirmer le biais ouvertement accommodant de la banque centrale américaine et rassurer le marché sur la perspective de baisse des taux attendue en juillet prochain.

Enfin, le G20 d’Osaka devrait aboutir à une réunion au sommet entre l’exécutif chinois et américain si tout se passe comme prévu. Il s’agira surtout d’un exercice de communication politique avec peu de retombées concrètes. La possibilité d’un accord commercial est faible à court terme. Etant donné les nombreux sujets de divergence, il faudra de longs mois de négociations pour parvenir à un accord, à condition que la situation politique entre les deux pays le permette.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
24/0610:00Indice IFO du climat des affairesProbable nouvelle baisse en lien avec les craintes entourant la guerre commerciale
25/0619:00Discours du président de la Fed, J. PowellIndications concernant une baisse des taux en juillet
27/0614:30PIB trimestriel au T1 (dernière estimation)Hausse à 3,2% contre 3,1% lors de la précédente estimation
28/0610:30PIB trimestriel au T1Confirmation d’une hausse à 0,5% du fait d’une progression des stocks en prévision du Brexit

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


MAUVAISE SEMAINE POUR L’EURO. ET MAINTENANT ?

Mauvaise semaine pour l'Euro. Et maintenant?

L'hebdo devises du 17 juin 2019

Le point macro

La semaine passée, l’EUR/USD a enregistré sa plus forte baisse hebdomadaire depuis le mois de mars (-1,15%), avec un point bas sur la période atteint à 1,1200. Le détonateur de la baisse fut la publication de solides statistiques américaines qui semblent écarter l’hypothèse dès juin d’une baisse des taux de la Fed. Le bond des ventes au détail en mai de 0,5% confirme la bonne santé du consommateur américain, malgré des poches de fragilité bien connues, comme les défaillances sur les cartes de crédit ou les prêts automobiles. Ajoutons à cela l’accentuation du risque politique qui a pénalisé l’euro. Les tensions sino-américaines et l’escalade verbale entre l’Iran et les Etats-Unis suite à un incident dans le détroit stratégique d’Ormuz, qui permet le transit du pétrole entre l’Asie et l’Europe, ont favorisé les valeurs refuge. La baisse de l’euro face au dollar n’était pas isolée puisqu’elle était aussi notable face aux autres monnaies refuge : -0,84% face au yen et -0,05% face au franc suisse.

Le repli moins important face à la monnaie helvétique résulte de l’avertissement envoyée par la Banque Nationale Suisse lors de la sa réunion du 13 juin. A cette occasion, elle a confirmé le maintien de sa politique monétaire inchangée (taux d’intérêt négatif à -0,75% et poursuite du biais expansionniste), mais elle a surtout constaté que le CHF continue de se renforcer face au panier de devises de référence, induisant une courbe négative pour le commerce extérieur. En conséquent, elle a confirmé se réserver la possibilité d’intervenir sur le marché des changes pour éviter une appréciation trop importante. Bien que ces propos ne constituent en rien une surprise – nous en avions dévoilé la teneur dans L’Hebdo devises de la semaine dernière – ils ont certainement eu pour effet de freiner le mouvement haussier du CHF.

Finalement, parmi les monnaies majeures, c’est uniquement face à la livre sterling que l’euro a réussi à rester en territoire positif (avec un faible +0,01% sur la semaine écoulée). L’incertitude liée au Brexit constitue une épée de Damoclès pour la livre sterling. Maintenant que le nom du successeur de Theresa May est connu – il s’agira sauf surprise de dernière minute de Boris Johnson – il convient de savoir si de nouvelles négociations sont possibles avec l’UE afin d’éviter un hard Brexit. Boris Johnson a maintenu l’engagement de sortie de l’UE au 31 octobre prochain mais souhaite avant cela renégocier l’accord conclu avec l’UE. Jusqu’à présent, il a reçu une fin de non-recevoir de la part de Michel Barnier, chargé du dossier du Brexit du côté européen. Etant donné l’incertitude persistante, il n’y a aucune perspective durable de rebond du GBP à court et à moyen terme.


Le point technique

En ce début de semaine, la question qu’on se pose légitimement est de savoir si l’EUR a une capacité de rebond après avoir perdu beaucoup de terrain lors des dernières séances. Si on en juge par les positions prises par les fonds spéculatifs, ils s’attendent à ce que l’euro reprenne progressivement du terrain face au dollar. Leurs positions shorts sur l’EUR/USD depuis début juin ont diminué de 12899 contrats, pour atteindre le niveau de 86792 contrats. Cette baisse sur une période si courte est conséquente et semble traduire un changement des attentes du marché à l’égard de l’évolution de l’EUR/USD, au moins à court terme.

Le positionnement des traders est cohérent avec les mouvements qu’on peut habituellement constater avant une première baisse des taux par la banque centrale américaine. Comme nous l’indiquions déjà la semaine passée, historiquement, depuis les années 80, tous les cycles de baisse des taux de la Fed ont initialement abouti – autour de la première baisse des taux – à une hausse de l’euro (ou du deutsche mark) face à l’USD.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,10891,12091,14021,1471
EUR/GBP 0,87980,88470,89520,9030
EUR/CHF 1,10871,11411,12291,1262
EUR/CAD 1,49891,49391,51181,5198
EUR/JPY 120,10121,36123,29123,97

Pour des conseils personnalisés sur les tendances et couvertures de change, contactez notre salle de marché :

+33 (0)1 48 09 09 83


Les annonces à suivre

Cette semaine, les banques centrales seront sur le devant de la scène, avec des décisions attendues au Japon, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni ainsi que la publication d’indicateurs de premier ordre, notamment les PMI européens, l’IPC britannique et le PIB de Nouvelle-Zélande. En outre, comme chaque année, la BCE tiendra sa conférence annuelle à Sintra, du 17 au 19 juin, à laquelle participera Mario Draghi.

Cependant, ce sera bien la réunion de la FED qui dictera la direction des devises. Nous nous attendons à ce que la banque centrale adopte un ton plus accommodant, dans un contexte d’accentuation du risque, qui devrait avoir un effet négatif sur le dollar. Malgré le maintien d’une croissance solide aux Etats-Unis, la FED n’a pas d’autre choix que de rassurer le marché sur sa capacité de réaction et sa volonté à soutenir l’économie américaine qui fait face à des vents contraires venus de l’extérieur. Ce ton accommodant devrait ouvrir la porte à une baisse des taux lors de la réunion du mois de juillet, en ligne avec les attentes des traders.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
18/0611:00Indice ZEWConfirmation d’une baisse du sentiment économique en juin (attentes à -5,8)
19/0620:00Banque centralePublication du communiqué à 20h et surtout conférence de presse à 20h30. Ton accommodant.
20/0613:00Banque centralePolitique monétaire inchangée. Taux maintenus à 0,75%.
21/0609:30PMI manufacturierHausse attendue en juin à 44,6 mais toujours largement en territoire de contraction.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.