Pluie de mauvaises statistiques en Chine qui nous rappelle que le pays fait face à de nombreux défis, dont la relance de la consommation qui est toujours en berne. De l’autre côté du Pacifique, la pression va encore monter cette semaine sur la Fed qui se réunit mardi et mercredi. Pas de surprise concernant l’issue. Aucune nouvelle baisse des taux n’est prévue. Cela risque de déplaire à la Maison Blanche !
Quiconque connaît un peu la Chine sait qu’il n’y a pas une mais plusieurs économies chinoises. Les dernières statistiques le prouvent.
Les données d’exportation de décembre montrent que la croissance chinoise a continué de dépendre de la demande extérieure – ce qui devrait être encore le cas en 2026. Les données sur les prêts sont horribles, les pires jamais enregistrées. Les acteurs économiques chinois ne demandent aucun prêt, et c’est encore pire si on se concentre uniquement sur le crédit privé. Cela donne une idée de l’état de la demande intérieure et de sa faiblesse. Le gouvernement chinois a clairement indiqué vouloir soutenir la demande cette année. Soyons clair, ça s’annonce difficile.
En cause, toujours les mêmes problèmes. L’immobilier, qui représente une part majoritaire de la richesse des ménages chinois, est toujours en berne. La Chine a réussi à colmater les brèches pour éviter un effondrement brutal. En revanche, un redémarrage du secteur est un vœu pieux à ce stade. En outre, le chômage commence à devenir un problème social. Depuis un an et demi, la Chine a cessé de publier certaines statistiques, notamment sur le chômage des jeunes. Cela souligne certainement à quel point la situation s’est détériorée ces dernières années.
Nous n’avons pas de doute sur le fait que la Chine confirme son objectif de croissance à 5% cette année. En revanche, cela dissimule d’importantes poches de fragilité qui entraînent aussi des conséquences géopolitiques. Puisque l’économie chinoise est surtout dépendante des exportations, Pékin ne peut pas se permettre une guerre commerciale ouverte avec Washington. C’est aussi certainement pour cela que le gouvernement chinois est resté plutôt passif à la suite de la reprise en main du Venezuela – un pays où la Chine était pourtant très bien implantée, en particulier dans les infrastructures pétrolières.
Le point technique
Sur le marché des changes, l’euro est l’un des grands gagnants de la séquence géopolitique actuelle qui oppose les Européens et les Américains à propos du Groenland. La monnaie unique continue de bénéficier du « debasement trade » – plusieurs acteurs financiers européens ont confirmé la semaine dernière leur intention de réduire leur exposition aux actifs en dollar en raison de l’interventionnisme à tout-va américain. L’investisseur américain Ray Dallio parle de « guerre des capitaux ».
Le franc suisse, en tant que valeur refuge traditionnelle, a également bénéficié de cette dynamique. Attention toutefois, en règle générale, les investisseurs institutionnels qui vendent leurs actifs en dollar ont plutôt tendance à acheter de l’or pour se couvrir que d’autres monnaies. Il est donc probable que le regain du franc suisse soit temporaire.
Une exception notable dans ce paysage marqué par le retour de l’aversion au risque : le yen japonais. La devise reste dans une tendance baissière. Pourquoi ? Le marché japonais a ses propres problèmes. On assiste depuis le début d’année à une envolée des taux obligataires à long terme qui fait craindre l’émergence d’un risque financier qui pourrait fragiliser la devise nippone. Dans ces conditions, elle ne peut pas jouer son rôle de valeur refuge aux yeux des investisseurs. Nous nous attendons à ce que le yen continue de chuter, même si le contexte géopolitique se dégrade davantage.
Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.
| Supports | hebdo | Résistances | hebdo | |
|---|---|---|---|---|
| S2 | S1 | R1 | R2 | |
| EUR/USD | 1,1590 | 1,1630 | 1,1850 | 1,1888 |
| EUR/GBP | 0,8541 | 0,8570 | 0,8788 | 0,8803 |
| EUR/CHF | 0,9155 | 0,9190 | 0,9301 | 0,9345 |
| EUR/CAD | 1,5931 | 1,6002 | 1,6290 | 1,6385 |
| EUR/JPY | 182,90 | 183,22 | 186,90 | 187,20 |
Les annonces à suivre
La réunion de la Réserve Fédérale américaine (Fed) est le principal point d’attention cette semaine. Le consensus s’attend à un statu quo monétaire. C’est aussi notre avis. Pourquoi ?
L’économie américaine tient bien. Certes, les économistes sont divisés sur la trajectoire de la croissance en 2026. Certains considèrent que ce sera une continuation de 2025, avec une économie en K, c’est-à-dire une économie où il existe une grande dispersion entre secteurs et catégories de la population. Certains sont en plein boom, d’autres en récession sévère. Par exemple, il ne faisait pas bon être fonctionnaire ou ouvrier l’an dernier. D’autres envisagent une réaccélération de la croissance au second semestre sous l’effet des baisses de taux, de prix de l’énergie faibles et de mesures de relance budgétaire – les fameux chèques aux ménages américains évoqués par l’administration Trump en fin d’année dernière. C’est notre scénario central.
Quant au marché du travail, il stagne. Mais il ne s’effondre pas. La Fed n’a donc pas de raison de se presser. Les créations d’emplois dans le secteur privé mesurées par ADP indiquent une hausse moyenne de 11 750 postes par semaine au cours des quatre semaines précédant le 20 décembre. Ce chiffre est cohérent avec la croissance mensuelle de 50 000 emplois non agricoles en décembre annoncée au début du mois par le Département du Travail. C’est moins qu’il y a un an de cela. Mais ce n’est pas préoccupant. Le marché du travail n’est pas en récession.
La Fed a donc largement le temps avant de baisser les taux. Elle le fera certainement au printemps lorsqu’elle aura plus de statistiques sur l’état de l’économie au début de 2026. Cela se traduira par une nouvelle baisse de 25 points de base du taux de directeur. Cela risque toutefois de ne pas faire plaisir à la Maison Blanche qui devrait accentuer la pression sur Jerome Powell entre-temps.
Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.
| Jour | Heure | Pays | Indicateur | À quoi s'attendre ? |
|---|---|---|---|---|
| Le 27/01/2026 | 16:00 | USA | Confiance du consommateur du Conference Board (Janvier) | Précédent à 89,1. |
| Le 28/01/2026 | 20:00 | USA | Réunion de la Fed | Aucun changement au niveau des taux |
| Le 30/01/2026 | 07:30 | France | PIB trimestriel (T4) | Précédent à 0,5%. |
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