Relance

Relance

L'hebdo devises 18 janvier 2021

Le point macro

Concentrons-nous sur les bonnes nouvelles qui sont tombées ces derniers jours au niveau macroéconomique. Les turpitudes politiques autour de la destitution du président Trump n’ont eu aucun impact sur le marché des changes. Les cambistes se sont plutôt concentrés sur le troisième plan de relance aux Etats-Unis dont les grandes lignes ont été esquissées par l’administration Biden en fin de semaine dernière. Portant sur plusieurs milliers de milliards de dollars, ce plan s’adresse à la fois aux entreprises et aux ménages (via la mise en œuvre d’un mécanisme d’hélicoptère budgétaire, c’est-à-dire de versement direct d’argent aux ménages). Il intègre également un important volet consacré aux infrastructures, notamment dans une optique de lutte contre le changement climatique. Ce nouveau soutien budgétaire intervient au bon moment, alors que la pandémie continue de croître, et que la marge de manœuvre de la Réserve Fédérale américaine est plutôt réduite pour soutenir davantage l’économie. Avec de telles sommes qui devraient être injectées dans l’économie dans les mois à venir, il est probable que la reprise de l’activité outre-Atlantique soit beaucoup plus puissante qu’en Europe.
Sur le terrain de la pandémie, on observe un peu partout une accélération du processus de vaccination, y compris en France. Rappelons que plus vite nous aurons atteint le seuil d’immunité collective (qui est fixé entre 60% et 75% de la population totale), plus vite le retour à la normale du point de vue économique interviendra. L’objectif pour tous les gouvernements est d’éviter que la variante découverte outre-Manche du virus ne se répande, ce qui nécessiterait la mise en œuvre de mesures de restrictions sociales encore plus drastiques, similaires au confinement en Angleterre. Heureusement, les dernières études montrent une efficacité maintenue du vaccin face à ce nouveau variant. Ajoutons également qu’une récente étude menée sur un échantillon de 400 000 israéliens ayant reçu la première dose du vaccin a démontré une baisse de 33% des infections au coronavirus parmi cette population quatorze jours après avoir reçu la première dose. C’est une nouvelle preuve de l’efficacité des vaccins validés par les autorités sanitaires. Même si nous ne sommes pas encore complètement sortis de la crise, le bout du tunnel est proche. Grâce au soutien budgétaire et monétaire constant, on peut espérer qu’une fois la pandémie maîtrisée, nous pourrons connaître un fort rebond économique, évitant ainsi que les stigmates de la crise ne soient trop durables à la fois sur le pouvoir d’achat des ménages et sur la capacité des entreprises à investir et à recruter.


Le point technique

Sur le marché des changes, il y a assez peu de mouvements sur les paires majeures. En fin de semaine dernière, on a observé une chute massive des volumes échangés sur les paires des pays du G10 (qui fait référence aux dix principales économies mondiales). Ainsi, lors de la séance de jeudi, les volumes échangés se sont effondrés de près de 50% par rapport à la moyenne sur les cinq séances précédentes. Même constat pour la journée de vendredi. Cette atonie sur le marché des devises reflète certainement le fait que tout a déjà été « pricé », c’est-à-dire intégré dans les prix offerts par le marché. Qu’il s’agisse des restrictions, de la perspective de reprise ou encore des mesures de l’administration Biden. Dans ce contexte, on notera un léger retrait de la paire EUR/USD en variation hebdomadaire. Le mouvement de consolidation à l’œuvre sur l’euro pourrait conduire la paire vers ses points bas de décembre, autour de la zone des 1,2065-1,2059 à court terme. Pour l’instant, la configuration technique va plutôt dans le sens d’une poursuite de la consolidation.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,20651,20981,23161,2411
EUR/GBP 0,87000,87270,90850,9157
EUR/CHF 1,06001,06691,08631,0905
EUR/CAD 1,51501,52071,56261,5743
EUR/JPY 123,01123,98127,69128,31

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Les annonces à suivre

Cette semaine est plus chargée sur le plan macroéconomique que les deux précédentes. Deux rendez-vous de banques centrales sont au programme. Ce sera d’abord la Banque du Canada qui ouvrira le bal en milieu de semaine avec un statu quo monétaire attendu par le consensus (taux maintenu à 0,25%). Dans l’immédiat, même si une partie du Canada est de retour quasiment en confinement, aucune nouvelle mesure sur le plan monétaire n’est envisagée. Suivra ensuite la Banque Centrale Européenne (BCE) avec également un statu quo de politique monétaire attendu. Depuis le début de la crise, le rôle de la BCE a consisté à garantir un approvisionnement suffisant en liquidité au marché pour permettre aux Etats et aux entreprises de continuer de s’endetter à des taux les plus bas possibles. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’objectif a été atteint avec succès. Au regard de l’évolution du marché obligataire, aucune nouvelle action de la BCE n’est nécessaire pour le moment. Dans la plupart des pays, la politique monétaire est désormais en stand-by. C’est au tour de la politique budgétaire, suivant ce qui est fait outre-Atlantique, de prendre le relais dans cette dernière ligne droite consistant à sortir définitivement de la crise. Plus à la marge, on notera également l’investiture du président Biden le 20 janvier lors d’une cérémonie qui pourrait être émaillée d’incidents, suivant les récentes tensions au Capitole.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
19/0111:00Indice ZEW du sentiment économique (Janvier)Chute attendue à 45,5 contre 55,0 précédemment.
20/0116:00Décision de politique monétaireTaux directeur maintenu à 0,25%.
21/0113:45Décision de politique monétaireStatu quo attendu par le marché.
22/0109:30PMI manufacturier (Janvier)Expansion attendue avec un chiffre à 56,4, en légère baisse par rapport au mois précédent.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Course contre la montre

Course contre la montre

L'hebdo devises 11 janvier 2021

Le point macro

Les indicateurs économiques publiés la semaine dernière, portant principalement sur le mois de décembre, ont confirmé un redressement assez significatif de l’activité dans l’industrie. Outre-Manche, l’indice PMI manufacturier a atteint le seuil des 57,5 tandis qu’en zone euro il était à 55,2. On notera qu’aux Etats-Unis les commandes de biens durables sont désormais proches de leur niveau d’avant crise. Cette reprise pourrait être fragilisée par les mutations récemment observées du virus et la nécessité pour les endiguer de mettre en place de nouvelles mesures de restrictions, voire de confinement. Sur la semaine passée, plusieurs pays ont mis en œuvre des confinements : la Chine dans deux villes de la province du Hebei (à l’est du pays), le Canada, le Royaume-Uni (confinement très strict), le Japon avec l’instauration de l’état d’urgence à Tokyo et l’Allemagne qui a étendu le confinement jusqu’à la fin du mois. Une course à la vaccination a désormais lieu afin d’éviter que la situation sur le plan sanitaire n’empire mais il est peu probable que celle-ci évite des mesures encore plus strictes de distanciation sociale dans les semaines à venir. On peut d’ores et déjà considéré que le premier trimestre de cette année va être marqué par un net ralentissement de l’activité économique, voire une nouvelle contraction, comme ce sera vraisemblablement le cas au Royaume-Uni.

Au niveau des banques centrales, le compte-rendu du FOMC de la Réserve Fédérale américaine a confirmé le maintien d’un biais accommodant aussi longtemps que nécessaire. Même si les participants ont mis en avant la force de la reprise fin 2020, ils ont également souligné les risques pesant sur la reprise en début d’année 2021, que nous venons de mettre en exergue. A court et à moyen terme, la politique monétaire devrait rester en mode pilotage automatique, avec le maintien du programme de rachats d’actifs en l’état. Le rythme actuel est jugé approprié par la banque centrale. Si de nouvelles mesures devaient survenir aux Etats-Unis pour soutenir la reprise, ce serait certainement le levier budgétaire qui serait actionné.

Ajoutons que les anticipations du marché ont évolué concernant la politique monétaire de la Banque d’Angleterre suite à la mise en place d’un confinement strict, similaire à celui de mars, outre-Manche. Les cambistes anticipent désormais une baisse du taux directeur de 10 points de pourcentage, potentiellement dès le mois de février. Finalement, ce ne sera pas le Brexit mais la pandémie qui risque de forcer la Banque d’Angleterre à agir de nouveau.


Le point technique

Sur le marché des changes, l’euro est resté dans une borne étroite face au dollar américain, comprise entre 1,22 et 1,24. En l’absence de catalyseur, la paire est incapable pour le moment de franchir le seuil psychologique des 1,25. Toutefois, à moyen et à long terme, le mouvement de hausse a de fortes chances de se poursuivre, capitalisant sur les espoirs liés à la mise en place de l’administration Biden, sur la recherche de diversification et de rendement des opérateurs de marché et sur la reprise cyclique à l’œuvre. Du point de vue de l’analyse technique, les seuils à surveiller cette semaine sont situés à 1,2158 (support) et à 1,2368 et 1,25 (résistances).

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,21001,21581,23681,2500
EUR/GBP 0,86670,88280,91490,9310
EUR/CHF 1,06441,07391,09281,1022
EUR/CAD 1,53001,53041,56841,5811
EUR/JPY 125,31125,75128,87131,03

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Les annonces à suivre

Cette semaine sera marquée par une très faible actualité sur le marché des changes. Les quelques indicateurs qui seront publiés, en particulier pour les Etats-Unis (comme l’inflation sous-jacente et les ventes au détail en décembre), n’auront certainement aucun impact sur les prix. Nous devrions être dans une configuration de marché où l’analyse technique va être le facteur dominant d’évolution des taux de changes. Il faudra donc surveiller de très près les niveaux de support et de résistance mentionnés précédemment. On ajoutera à cela la forte probabilité de nouvelles mesures de re-confinement dans les pays européens qui pourraient être annoncées dans les jours à venir et qui pourraient être propices à plus de volatilité.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
13/0114:30IPC core (Décembre)Stable d’un mois sur l’autre à 0,2%
15/0114:30Ventes au détail (Décembre)Consensus à -0,3% contre -1,1% précédemment.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Le mot de l’année 2021 : Logistique

Le mot de l’année 2021 : Logistique

L'hebdo devises 04 janvier 2021

Le point macro

Le mot de l’année 2021 sera « logistique ». Maintenant qu’un vaccin a été trouvé, il faut que les infrastructures idoines soient en place pour se hâter de vacciner la population. A ce niveau, trois pays se démarquent nettement : les Etats-Unis, le Royaume-Uni et également Israël. A ce jour, environ 1,2 million de personnes ont été vaccinées contre le coronavirus aux Etats-Unis, autour d’un million outre-Manche et environ un million en Israël (à un rythme d’environ 115 000 vaccinations par jour). Le rythme est plus poussif en France où la vaccination a débuté il y a seulement une semaine, notamment en raison d’un approvisionnement qui est très dépendant de Sanofi qui connait quelques difficultés à développer un vaccin et d’un fort étatisme qui empêche le déploiement rapide des infrastructures de santé aptes à accueillir le public sur tout le territoire. Dans les deux trimestres à venir, le retour à la normale sur le plan économique va étroitement dépendre de la capacité à atteindre le seuil d’immunité collective qui est fixé entre 60% et 75% de la population (selon les dernières études, ce seuil serait autour de 75% dans le cadre de la récente mutation du virus initialement observée au Royaume-Uni). Les pays qui réussiront les premiers à atteindre ce seuil bénéficieront d’un avantage concurrentiel décisif par rapport aux autres et pourront escompter une reprise de l’activité beaucoup plus rapide, du fait de la quasi-disparition des mesures de restriction. C’est donc, vous l’aurez compris, une reprise économique très hétérogène au niveau mondial qui nous attend cette année. L’Asie, qui devrait continuer de capitaliser sur le rétablissement chinois, ainsi que les pays anglo-saxons devraient tirer leur épingle du jeu cette année alors que le retour à la croissance en Europe continentale a de fortes chances d’être plus lent, avec le maintien de mesures de distanciation sociale au moins jusqu’à la fin de l’été.


Le point technique

Sur le marché des changes, sans surprise, il y a eu assez peu de mouvements la semaine dernière. Les principales paires ont continué d’évoluer proche de leurs niveaux des dernières semaines : 1,22 pour l’EUR/USD, 1,08 pour l’EUR/CHF, 0,89 pour l’EUR/GBP et 126 pour l’EUR/JPY. La volatilité était relativement contenue sur la paire EUR/USD avec un range de fluctuations de 130 points compris entre 1,2150 et 1,2280. En l’absence d’indicateurs macroéconomiques et de réunion de banque centrale, ce sont les niveaux techniques et les robots de trading qui ont été les principaux moteurs du marché des changes.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,20631,21241,23181,2445
EUR/GBP 0,85250,87890,91540,9318
EUR/CHF 1,06101,07051,09071,0975
EUR/CAD 1,53001,53401,57741,5858
EUR/JPY 124,81125,56127,05127,80

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Les annonces à suivre

Cette semaine, l’attention des cambistes se portera principalement sur deux évènements. Il s’agit d’abord du traditionnel rendez-vous qui a lieu chaque premier vendredi du mois. Le rapport sur l’emploi américain devrait confirmer un ralentissement marqué de l’activité économique en décembre, du fait de la recrudescence des cas de coronavirus aux Etats-Unis. Le taux de chômage est attendu en hausse à 6,8% de la population active, contre 6,7% en novembre – marquant ainsi la première hausse depuis son pic d’avril à 14,7%. En outre, les créations d’emplois devraient chuter nettement d’après les économistes, avec seulement 100 000 nouveaux emplois créés en décembre contre 245 000 emplois en novembre. Toutefois, si ces mauvais chiffres sont confirmés, l’impact sur le marché des changes devrait être faible. En effet, depuis que ces chiffres ont été collectés par le Département du Travail, le Congrès américain a trouvé un accord sur un ambitieux plan de relance, ayant pour marqueur principal l’envoi d’un chèque de près de 2000 dollars aux ménages américains (montant qui était initialement souhaité par le président Trump). Ce plan de relance devrait ainsi permettre d’avoir une reprise soutenue au premier trimestre de cette année, qui sera aussi amplifiée par la rapidité du processus de vaccination. Dans ce contexte, plusieurs banques ont revu à la hausse leur prévision de croissance pour ce trimestre. Ainsi, Goldman Sachs table désormais sur un rebond de l’activité à +5% au premier trimestre contre +3% précédemment.

Enfin, l’élection sénatoriale en Géorgie aura lieu demain. Il s’agit d’une étape électorale stratégique pour la présidence Biden. Si les Démocrates parviennent à remporter le scrutin, comme semblent l’indiquer les sondages, ils pourront ainsi contrôler les deux chambres du Congrès ce qui laisserait beaucoup plus de latitude au président élu J. Biden pour mener à bien son programme économique de campagne, et notamment ses promesses en termes de hausse de la fiscalité pour les plus aisés et de mise en œuvre de l’agenda climatique. Même si cette élection risque d’avoir peu d’effet immédiat sur le marché des devises, sa portée n’en reste pas moins décisive pour les quatre prochaines années.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
05/0116:00Indice PMI manufacturier de l’ISM (Décembre)Baisse attendue à 56,5 contre 57,5 précédemment.
Non définiElection sénatoriale en GéorgieUne victoire des Démocrates leur permettrait de contrôler les deux chambres du Congrès américain et donc faciliterait largement la tâche au président élu J. Biden
07/0116:00Indice PMI non manufacturier de l’ISM (Décembre)Le consensus table sur un chiffre à 54,5 contre 55,9 précédemment.
08/0114:30Rapport sur l’emploi (Décembre)Le taux de chômage officiel (aussi appelé U-3) est attendu en légère hausse à 6,8% et les créations d’emplois dans le secteur non agricole sont aussi prévues en ralentissement, à 100 000.

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Deux bonnes nouvelles pour la fin d’année

Deux bonnes nouvelles pour la fin d’année

L'hebdo devises 28 décembre 2020

Le point macro

En cette fin d’année, toutes les incertitudes pesant sur la trajectoire de la reprise économique en 2021 ne sont pas levées. La campagne de vaccination a démarré depuis hier en France et devrait courir sur une grande partie de l’année prochaine. A ce stade, le premier pays (hors Chine) qui devrait être en mesure d’atteindre l’immunité collective est Israël, dès le mois de mars. Le processus devrait être plus long pour la plupart des pays développés, et ce n’est pas avant le deuxième trimestre qu’un retour progressif à la normale est attendu. Des inquiétudes sont toutefois apparues concernant l’évolution de la pandémie suite à la découverte de deux nouvelles mutations, beaucoup plus contagieuses selon les premières études, au Royaume-Uni et en Afrique du Sud. Il faudra cependant plusieurs semaines avant que les scientifiques soient en mesure d’avoir un avis objectif sur ces deux évolutions. Souvenons-nous qu’il y a quelques mois de cela une nouvelle mutation avait été découverte en Espagne, a priori très contagieuse, mais des études plus poussées avaient montré qu’il n’en était rien. Dans ce contexte toujours aussi particulier, il est probable que de nombreux pays recourent, comme vient de le faire pour la troisième fois depuis 2020 Israël, à une nouvelle phase de confinement strict en janvier par mesure de sécurité, en raison de l’apparition de nouvelles mutations, et du fait du relâchement observé concernant la distanciation sociale pendant la période des fêtes de fin d’année. Le premier trimestre 2021 devrait encore supposer une activité économique en berne et loin de la normale dans de nombreux pays.

Ajoutons toutefois qu’il y a eu en cette fin d’année deux bonnes nouvelles. Aux Etats-Unis, les Républicains et les Démocrates ont abouti à des avancées importantes concernant le plan de relance, même si certains aspects doivent encore faire l’objet de discussions plus poussées. Dans les grandes lignes, ce plan de relance fait la part belle à la mise en œuvre de « stabilisateurs automatiques » devant permettre aux entreprises et aux ménages de faire face aux incertitudes concernant l’économie et la pandémie. L’autre bonne nouvelle en cette fin d’année est l’accord sur le Brexit. Le blocus temporaire des échanges entre la France et le Royaume-Uni du fait de la mutation du virus a certainement donné un avant-goût aux britanniques de ce que pourrait être un no deal et a introduit, de facto, la dose de réalisme politique nécessaire pour dépasser les derniers points de clivage, notamment portant sur les quotas de pêche. Dans l’ensemble, cet accord est plutôt une victoire pour l’Union Européenne. L’UE conserve les avantages qui existaient déjà dans le cadre de sa relation avec le Royaume-Uni mais elle va en outre avoir un droit de regard en termes de réglementation sur des pans entiers de l’économie britannique, en particulier sur le secteur stratégique des services.


Le point technique

Sans surprise, la paire EUR/GBP a connu une forte volatilité sur la semaine écoulée, évoluant au gré des dernières rumeurs et des derniers rebondissements concernant les discussions, avant que l’accord ne soit annoncé. La bande de fluctuations de la paire a atteint 260 pips avec un point bas atteint à 0,8960 le jour de Noël et un point haut à 0,9220 atteint le 21 décembre. Depuis, la paire est revenue dans sa zone de croisière, autour des 0,89-0,90, qu’elle a connu au cours des dernières semaines. Il est encore certainement trop tôt pour savoir comment le marché va réagir sur le moyen-long terme à la période post-Brexit.

Notons que pour la paire EUR/USD la volatilité fut un peu plus réduite, avec une évolution dans une borne de 140 pips. Aucune actualité particulière n’a réellement eu un effet sur la paire. Comme c’est assez courant en cette période de l’année, ce sont les algorithmes qui ont pris la main et ce sont les niveaux techniques, de résistance et de support notamment, qui guident les mouvements de prix sur le marché.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,19011,20581,23151,2373
EUR/GBP 0,86250,88290,91460,9231
EUR/CHF 1,06091,07121,09161,1019
EUR/CAD 1,53351,55021,57581,5845
EUR/JPY 123,84125,15127,77129,08

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Les annonces à suivre

Cette semaine, du fait d’un calendrier économique particulièrement vide, ce qui est normal en cette période de l’année, l’attention se portera essentiellement sur les suites du Brexit. Dans le courant de la semaine, une cérémonie officielle de signature du nouveau traité régissant les relations entre l’UE et le Royaume-Uni devrait avoir lieu. A ce jour, la date officielle n’est pas connue du fait des incertitudes liées à l’évolution de la pandémie. Il est également prévu qu’ait lieu le 30 décembre un débat au Parlement britannique concernant le traité, suivi par un vote. Etant donné le soutien bipartisan au traité (les travaillistes ont déjà indiqué qu’ils voteraient en faveur du texte), il sera adopté sans difficulté avec une large majorité. Enfin, à partir du 1er janvier, le traité devrait s’appliquer à titre provisoire, car le Parlement européen n’aura pas eu le temps de l’adopter, ce qui aura pour avantage d’éviter une période de no deal de quelques semaines qui aurait conduit à la mise en application de tarifs douaniers. En parallèle, on continuera également à suivre les dernières discussions à Washington concernant le plan de relance, le débat se concentrant actuellement sur le montant du chèque qui devrait être envoyé au contribuable américain (soit 600 USD, comme prévu dans le cadre des discussions entre Républicains et Démocrates, soit 2000 USD, comme demandé par le président Trump).

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
29/1216:00Confiance des consommateurs du Conference Board (Décembre)Consensus à 97,0 contre précédent à 96,1.
30/1216:00Promesses de ventes de logements (Novembre)Hausse prévue par le marché à 0,2% en novembre contre -1,1% précédemment.

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Bras de fer entre la BCE et le marché des changes

Bras de fer entre la BCE et le marché des changes

L'hebdo devises 21 décembre 2020

Le point macro

Après une année noire, l’économie mondiale voit enfin le bout du tunnel avec le début du processus de vaccination aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, avant qu’il ne démarre dans les prochains jours en Europe continentale. La vaccination de masse qui est engagée devrait cependant avoir peu d’effets positifs sur le premier trimestre de l’année prochaine et ce n’est qu’à partir de l’été 2021 que le seuil d’immunité collective devrait être atteint dans la plupart des pays développés. D’ici là, il faudra continuer à vivre avec le virus et avec les perturbations économiques qu’il engendre, notamment de nouvelles phases de confinement plus ou moins strictes. D’autres pays devraient suivre la voie de l’Allemagne qui a décidé la semaine dernière la mise en œuvre d’un nouveau confinement jusqu’au 10 janvier afin de réduire la propagation du virus. Il est donc vraisemblable que le rebond économique important anticipé par les économistes à partir du premier trimestre 2021 n’ait pas lieu ou qu’il soit reporté au milieu d’année prochaine. De notre point de vue, le vaccin est le meilleur plan de relance qu’il soit. En limitant la propagation de la pandémie, il permettra de rétablir la confiance – si importante en économie – et de libérer toute l’épargne qui a été accumulée au cours des derniers mois par les consommateurs des deux côtés de l’Atlantique. Ainsi, aux Etats-Unis, un montant record de 2930 milliards USD a été épargné en agrégé sur la seule période janvier à octobre. Dès que ce montant, même partiellement, sera réinjecté dans l’économie, on peut espérer une hausse importante de la croissance. Evidemment, afin de soutenir l’économie en phase de reprise, les banques centrales devraient continuer de tout faire pour maintenir des conditions de financement particulièrement attractives, permettant ainsi aux Etats de s’endetter à bas coût pour soutenir l’économie en phase de convalescence. C’est peu ou prou le message qui a d’ailleurs été tenu par la Réserve Fédérale américaine lors sa dernière réunion de politique monétaire de l’année, faisant ainsi écho à ce qu’avait dit il y a quelques semaines de cela la BCE.


Le point technique

Sur le marché des changes, la hausse de l’EUR/USD commence de plus en plus à être un problème pour la BCE. La monnaie unique a connu une échappée au-dessus des 1,22 la semaine dernière et affiche désormais une progression de quasiment +10% face au dollar américain sur les six derniers mois. Lors d’une récente interview, le gouverneur de la Banque de France a confirmé que la BCE se tient prête à utiliser tous les instruments à sa disposition pour limiter l’impact négatif de la hausse de l’euro sur la reprise économique. Cependant, comme nous le soulignions la semaine dernière, la BCE dispose finalement d’assez peu d’instruments à mobiliser dans le cadre de ce bras de fer qu’elle mène avec le marché. Avec la baisse des volumes échangés qui va survenir dès cette semaine, il faudra être particulièrement vigilant car nous pourrions assister à un rebond de la volatilité, d’où l’importance de bien penser à opter pour une stratégie de couverture contre le risque de change en cette période particulière de l’année.

La paire EUR/GBP a été aussi à l’honneur la semaine passée, non pas à cause des négociations interminables portant sur le Brexit, mais du fait de la réunion de la Banque d’Angleterre. Comme prévu, la banque centrale anglaise a maintenu sa politique monétaire inchangée, avec un taux directeur à 0,1% et la poursuite de son programme de rachats d’actifs portant sur un montant de 895 milliards GBP. Du fait des mesures de soutien mises en œuvre depuis le début de la crise, le bilan de la banque centrale a fortement augmenté, pour atteindre désormais un record à 36,5% du PIB britannique. L’EUR/GBP continue d’évoluer dans son range des dernières semaines compris entre 0,89 et 0,91, mais on peut aisément anticiper un regain de volatilité lorsqu’on aura plus de visibilité sur la période post-Brexit.

Enfin, le Trésor américain a ajouté la semaine dernière la Suisse sur sa liste de pays manipulant leur monnaie, ouvrant ainsi la porte à d’éventuelles sanctions à long terme si aucun terrain d’entente n’est trouvé entre Washington et Zurich. La Banque Nationale Suisse a immédiatement réagi, en récusant les accusations et en continuant d’affirmer qu’elle poursuivrait la même politique monétaire qu’elle a mené récemment. L’impact sur la paire EUR/CHF était quasiment nul, celle-ci évoluant toujours autour des 1,08.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,20051,20591,23281,2582
EUR/GBP 0,86300,88770,92640,9370
EUR/CHF 1,06961,07371,09381,1000
EUR/CAD 1,53151,53891,58041,5900
EUR/JPY 125,22125,61127,13128,09

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Les annonces à suivre

Cette semaine, la principale thématique pour le marché des changes sera le vaccin. C’est le 23 décembre que l’Agence européenne des médicaments devrait donner son aval à la commercialisation marketing du vaccin de Pfizer et une autre réunion similaire est également prévue le 6 janvier prochain concernant le vaccin développé par Moderna. Même si les effets concrets sur la pandémie ne seront pas perceptibles immédiatement, ces bonnes nouvelles à propos du vaccin continuent d’alimenter l’appétit au risque et figurent parmi les facteurs poussant à la baisse le dollar américain sur le marché des changes. A noter enfin que la saga du Brexit continue avec toujours les mêmes problèmes sur la table. Nous y reviendrons lorsque nous aurons plus de visibilité sur la suite des relations Royaume-Uni / UE. D’ici là, comme l’a parfaitement résumé Paul Donovan, économiste chez UBS, « la meilleure stratégie est d’ignorer toutes les rumeurs et les commentaires politiques à propos du Brexit ».

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
22/1214:30Dernière estimation du PIB au troisième trimestreLe consensus table sur une hausse à 33,1% (soit stable par rapport à l’estimation précédente).
23/1214:30Commandes de biens durables (Novembre)Consensus à 0,6% contre 1,3% précédemment.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Toujours plus

Toujours plus

L'hebdo devises 14 décembre 2020

Le point macro

Pour sa dernière réunion de politique monétaire de l’année, la BCE n’avait pas d’autre choix que de convaincre le marché de son intention de tout faire pour soutenir aussi longtemps que nécessaire la reprise économique dans la zone euro. Le moins qu’on puisse dire c’est que le pari est réussi. Conformément aux attentes, la BCE a dévoilé un nouvel arsenal de mesures qui devrait garantir aux Etats mais aussi aux banques (et par ce biais aux entreprises et aux ménages) des conditions d’accès au crédit particulièrement favorables sur la longue durée. Concrètement, la BCE a relevé l’enveloppe de son programme d’achats d’actifs pour faire face à la pandémie (le fameux PEPP) à près de 1850 milliards d’euros et l’a étendu jusqu’en mars 2022. En outre, comme nous l’avions anticipé, la banque centrale a également décidé de prolonger ses prêts aux banques commerciales à taux négatifs et a augmenté le montant éligible. L’objectif clair de la BCE en agissant ainsi n’est pas d’augmenter le niveau de l’inflation (ce qui est au cœur de son mandat) mais de s’assurer que les conditions de refinancement restent particulièrement bonnes à l’avenir pour éviter au maximum les faillites d’entreprises et que des Etats de la zone euro ne soient en difficulté, comme ce fut le cas en 2012.


Le point technique

Là où la BCE a été moins convaincante, c’est sur le niveau du taux de change de l’euro. C’était l’aspect qui était scruté de près par les opérateurs du marché des changes. Lors de sa conférence de presse suivant la publication du communiqué de la BCE, Christine Lagarde a sans surprise réaffirmé surveiller de près le taux de change de la monnaie unique, indiquant au passage ne pas voir d’un bon œil une appréciation trop importante qui viendrait gripper la reprise économique dans la zone. Il n’est pas certain que le marché ait été convaincu. Dans la foulée de la conférence de presse, l’EUR/USD a atteint un point haut à 1,2160, un niveau qui de l’avis de tous les économistes commence à pénaliser la compétitivité de la plupart des pays du sud de l’Union et même de l’économie française.

Le problème pour la BCE, c’est qu’elle dispose actuellement d’assez peu de moyens pour limiter l’appréciation de la paire phare du marché des changes. Comme nous l’indiquions la semaine dernière, la progression de l’EUR/USD reflète une baisse généralisée du dollar américain plutôt qu’un regain de confiance dans l’économie de la zone euro. Historiquement, les banques centrales ont à disposition trois moyens principaux pour limiter la hausse d’une monnaie :

  1. Les interventions verbales, qui peuvent être couronnées de succès, comme ce fut le cas par le passé avec Mario Draghi. Pour l’instant, nous considérons que la BCE va se contenter de ce type d’intervention.
  2. Baisser davantage les taux en territoire négatif, mais cela nuirait au secteur bancaire dans son ensemble. C’est donc une option peu probable à court et à moyen terme.
  3. Intervenir directement sur les changes, comme le fait par exemple la Banque Nationale Suisse, mais c’est fortement improbable. Cette option n’est même pas discutée par les analystes et économistes suivant la BCE.

Par conséquent, il est probable que la BCE ait commencé un bras de fer avec le marché qui pourrait durer, du moins tant que la tendance baissière du dollar américain se poursuit, et induire un regain de volatilité sur la paire EUR/USD. Il faudra donc penser à prendre des couvertures car des mouvements erratiques sont susceptibles de survenir, sur fond de baisse des volumes en cette période de fêtes de fin d’année.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,18201,19701,23281,2582
EUR/GBP 0,87000,88560,93000,9322
EUR/CHF 1,06001,06781,08551,0901
EUR/CAD 1,50851,53231,56471,5798
EUR/JPY 123,38124,83127,22128,14

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Les annonces à suivre

Cette semaine, ce sera le clap de fin pour les banques centrales avec la réunion attendue de la Réserve Fédérale américaine ce mercredi qui sera surveillée de très près par les intervenants du marché. Nous nous attendons au maintien d’un ton particulièrement accommodant, étant donné les risques inhérents à la propagation de la pandémie, ce qui devrait rassurer le marché des changes. Les réunions de la Banque Nationale Suisse et de la Banque d’Angleterre devraient aboutir à un statu quo de politique monétaire. A ce stade, le consensus table sur une action de la Banque d’Angleterre plutôt en janvier, lorsque la période de transition aura pris fin. Sans surprise, la « deadline » d’hier concernant les négociations entre l’UE et le Royaume-Uni n’en était pas une. Les pourparlers, portant notamment sur les dossiers de la pêche et de la gouvernance, vont se poursuivre cette semaine et ce jusqu’au 31 décembre. Etant donné le manque de visibilité sur la question épineuse du Brexit, il faudra être particulièrement vigilant dans les jours et semaines à venir, et penser à se protéger contre tout regain de volatilité sur l’EUR/GBP.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
16/1220:00Réunion de la banque centrale et mise à jour des prévisions économiquesA minima, les cambistes s’attendent à un ton très accommodant (dit, dovish) en raison des incertitudes pesant sur la reprise économique.
17/1208:30Réunion de la banque centralePolitique monétaire inchangée.
13:00Réunion de la banque centralePolitique monétaire inchangée.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


BOOM

BOOM

L'hebdo devises 7 décembre 2020

Le point macro

A ce jour, la reprise économique est toujours timide en Europe et aux Etats-Unis alors qu’elle bat son plein en Chine. Au cours des derniers jours, la Chine a publié des indicateurs portant sur l’activité dans les secteurs manufacturier et des services à un point haut de dix ans. Cette bonne performance de la Chine a déjà un effet positif immédiat sur le reste de l’Asie et devrait aussi aider les pays européens les plus proches commercialement de la Chine, comme l’Allemagne, dans la phase de reprise qui se dessine. Aux Etats-Unis, malgré la mise en place de nouvelles mesures de restriction pour faire face à la hausse des cas de Covid, les derniers chiffres portant sur le marché du travail sont plutôt rassurants. Pour la semaine allant au 28 novembre, les revendications hebdomadaires au chômage (qui sont le seul indicateur en temps réel pour suivre l’évolution du marché du travail outre-Atlantique) ont chuté à un point bas depuis l’éclatement de la pandémie à 712 000 contre 778 000 la semaine précédente. C’est évidemment toujours très élevé (à titre de comparaison, avant la crise, les revendications hebdomadaires étaient à 282 000) mais c’est un signe encourageant de rétablissement progressif de l’économie.


Le point technique

Sur le marché des changes, le maitre-mot est volatilité. On a observé un regain important de celle-ci, notamment sur les paires en EUR. Vous l’aurez noté, la paire phare du marché des changes, l’EUR/USD, a connu une forte envolée : +1,70% en variation hebdomadaire et +2,77% en variation mensuelle. On atteint même une hausse de +7,30% sur six mois. Résultat : la paire a allègrement franchi le seuil psychologique des 1,20 en début de semaine dernière et a même continué sa progression en direction des 1,22. De notre point de vue, l’évolution à moyen terme de l’EUR/USD semble plus refléter une dépréciation du dollar qu’un renforcement de l’euro. En effet, l’euro a été plutôt stable face au franc suisse et au dollar canadien par exemple. Un autre argument va dans ce sens : le taux de change effectif nominal de l’euro (c’est-à-dire face aux principaux partenaires commerciaux de la zone euro et qui est observé de près par la BCE) est actuellement à un niveau inférieur à celui de l’été, et ce malgré la dépréciation du dollar américain. Dernier argument : au regard du surplus persistant du compte courant de la zone euro, il est difficile de considérer que l’euro soit surévalué. Cela étant dit, il est également évident que la BCE ne verrait pas d’un bon œil une hausse trop importante et durable de l’EUR/USD, qui viendrait gripper la fragile reprise économique. On ne peut donc pas exclure une possible intervention, à minima « verbale », pour éviter que le cours ne parte trop à la hausse, d’où la nécessité de prendre des couvertures.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,17441,18541,22431,2500
EUR/GBP 0,86810,88150,91050,9220
EUR/CHF 1,06681,07481,09891,1000
EUR/CAD 1,54151,54811,57201,5800
EUR/JPY 122,87123,50127,15128,01

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Les annonces à suivre

Cette semaine, toute l’attention des cambistes se portera sur les banques centrales. La Banque du Canada ouvrira le bal demain, avec vraisemblablement un statu quo attendu en termes de politique monétaire. Le principal taux d’intérêt devrait demeurer à un plus bas historique, à 0,25%. Les attentes sont élevées concernant la réunion de la Banque Centrale Européenne (BCE). Depuis la conférence de Sintra en novembre dernier, les membres du Conseil des gouverneurs ont distillé maints indices confirmant que de nouvelles mesures de soutien sont sur la table et vont être annoncées le 10 décembre. Parmi les options retenues par les analystes : une extension du programme de rachats d’actifs pour lutter contre la pandémie (PEPP) potentiellement de douze mois, et/ou la mise en place de conditions plus favorables de refinancement à destination des banques de la zone euro afin de permettre que le crédit continue de soutenir la reprise économique. Cette dernière mesure, unanimement jugée comme efficace, aurait aussi pour avantage de soutenir le secteur bancaire alors qu’il va faire face dans les mois à venir à une hausse des prêts non performants, en lien avec l’augmentation des faillites. Toute référence évidemment à l’évolution du taux de change de l’euro, en lien avec la récente forte appréciation de la paire EUR/USD, sera scrutée de très près et pourrait causer un regain de volatilité sur le marché des changes.

Enfin, au niveau des vaccins, la FDA américaine (agence du médicament pour les Etats-Unis) doit approuver la commercialisation marketing du vaccin trouvé par Pfizer le 10 décembre, ce qui devrait permettre à la campagne de vaccination aux Etats-Unis de démarrer dès la fin de l’année pour les personnes les plus vulnérables et le personnel hospitalier. La combinaison entre de nouvelles mesures de soutien de la part des banques centrales et des annonces positives concernant la lutte contre la pandémie devrait créer un terreau favorable à l’augmentation de l’appétit au risque sur le forex cette semaine.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
08/1211:00Indice ZEW du sentiment économique (Décembre)Hausse attendue à 41,7 contre 39,0 précédemment.
09/1216:00Réunion de la banque centraleMaintien des taux inchangés à 0,25%.
10/1213:45Réunion de la banque centraleLe consensus table sur de nouvelles mesures de soutien (ex : extension du PEPP et/ou conditions plus favorables pour les LTRO).

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Semaine de transition avant les banques centrales

Semaine de transition avant les banques centrales

L'hebdo devises du 30 novembre 2020

Le point macro

Le panorama économique n’a guère changé en l’espace d’une semaine pour les intervenants du marché des changes. Les mauvais indicateurs se sont succédés, éclipsant temporairement les bonnes nouvelles relatives au vaccin contre la COVID. En Europe, les premières statistiques portant sur le mois de novembre ont montré l’ampleur de l’impact du nouveau confinement partiel sur l’activité. En Allemagne, le climat des affaires s’est fortement dégradé pour le deuxième mois consécutif, particulièrement dans les secteurs les plus touchés par les mesures de restriction, à savoir l’hôtellerie, la restauration et le tourisme. Seul point un peu positif, le secteur industriel semble bien résister, essentiellement grâce au maintien de la demande asiatique, et particulièrement chinoise. Cela étant dit, cela ne permettra pas aux économies européennes, de la France et de l’Allemagne notamment, d’éviter une nouvelle contraction du PIB au quatrième trimestre. Celle-ci devrait être toutefois moindre qu’au printemps dernier. En tablant sur un début de la campagne de vaccination en Europe dès janvier, on peut raisonnablement espérer un rebond de l’activité économique dès le début de l’année prochaine.

Du côté des Etats-Unis, la transition présidentielle connait quelques couacs mais rien de grave à ce stade. Le président élu Joe Biden est en train de constituer son gouvernement et toute l’attention s’est portée ces derniers jours sur le choix de son nouveau secrétaire au Trésor, Janet Yellen, ancienne présidente de la Réserve Fédérale américaine. Ce choix devrait aboutir à une forte coopération entre le Trésor américain et la banque centrale au début du mandat de Joe Biden, et garantir que les mesures de soutien à l’économie (via le QE) et le maintien de conditions de financement extrêmement accommodantes perdurent. C’est un signal majeur pour le marché qui a renforcé les attentes de rebond de la croissance pour 2021.


Le point technique

C’est donc sans surprise qu’on a assisté la semaine passée à une bonne performance de l’euro sur fond de retour de l’appétit au risque. La paire EUR/USD a de nouveau connu une échappée au-dessus des 1,19 mais comme nous l’avons indiqué à maintes reprises au cours des dernières semaines, nous ne pensons pas qu’un bond durable au-dessus de la zone des 1,20 soit possible à court terme car la BCE a très clairement indiqué ne pas voir un tel mouvement comme positif pour l’économie de la zone euro. Il est donc vraisemblable que, dans les mois à venir, l’EUR/USD reste dans une zone de croisière comprise entre 1,16 et 1,20, comme c’est le cas déjà depuis trois mois.

On remarquera aussi toujours le maintien d’une indécision forte concernant l’évolution de la paire EUR/GBP (qui a quasiment fait du surplace en variation hebdomadaire). Il n’y a toujours pas de solution en vue au niveau du Brexit alors que le Conseil Européen censé entériner un accord se rapproche. Il aura lieu les 10 et 11 décembre. Notons également que le gouvernement britannique a présenté au cours de la semaine passée le budget des dépenses de l’Etat pour 2021. Plusieurs chiffres choc ont attiré notre attention : le PIB britannique ne devrait pas retrouver son niveau d’avant-crise avant fin 2022 et la taille de l’économie du pays devrait être encore inférieure de 3% à son niveau d’avant-crise en 2025 selon les projections. Cela montre à quel point les séquelles de la crise vont être durables. D’où l’hypothèse d’un affaiblissement sur le long terme de la monnaie britannique dans la période post-Brexit, post-Covid.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,16961,18161,20141,2100
EUR/GBP 0,87840,88640,90250,9105
EUR/CHF 1,06201,07271,08851,1000
EUR/CAD 1,52801,54021,56461,5768
EUR/JPY 121,88122,51125,07126,67

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Les annonces à suivre

C’est une semaine de transition qui débute ce lundi, alors que nous attendons les actions des banques centrales (en particulier la Fed et la BCE) dans les semaines à venir. Une myriade de statistiques vont être publiées mais elles risquent toutes d’aboutir au même constat : la fin d’année 2020 marque une chute majeure de l’activité économique. On devrait notamment constater une dégradation du marché du travail aux Etats-Unis en novembre, avec un ralentissement assez brutal des créations d’emplois. Du côté de la Réserve Fédérale, son président, Jerome Powell, doit être auditionné devant le Comité bancaire du Sénat demain pour discuter du programme de relance de l’économie voté au printemps dernier, le CARES Act (Aide, secours et sécurité économique en temps de coronavirus) qui consiste en une enveloppe de dépenses de 2200 milliards de dollars. Cette audition est importante puisqu’elle intervient alors que les échanges entre Démocrates et Républicains sur un nouveau plan de relance n’avancent pas.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
01/1209:55Evolution du nombre de chômeursPrécédent -35K
16:00Indice PMI manufacturier de l’ISM (Novembre)Estimation à 58,0 contre 59,3 précédemment.
02/1214:15Créations d’emplois non agricoles ADP (Novembre)Consensus à 500k contre 365k précédemment.
03/1214:30Inscriptions hebdomadaires au chômagePrécédent à 778K.
04/1214:30Rapport sur l’emploi américain (Novembre)Les créations d’emplois sont attendues en baisse à 520K contre 638K en octobre et le taux de chômage de nouveau en repli à 6,8% de la population active.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


A l’heure des vaccins

A l’heure des vaccins

L'hebdo devises du 23 novembre 2020

Le point macro

Toute l’attention des cambistes se porte désormais sur les annonces relatives au vaccin pour combattre la COVID-19. Ce sont pas moins de neuf vaccins à haut fiabilité qui pourraient être commercialisés dans les mois à venir. La première vague de vaccins devrait arriver en fin d’année ou au plus tard au premier trimestre 2021, avec notamment Moderna, Pfizer/BioNTech et AstraZeneca. Ayant déjà réservé près de 200 millions de doses de vaccin auprès de Moderna et de Pfizer, les Etats-Unis devraient être le premier pays développé en mesure de vacciner l’intégralité de sa population d’ici la fin du premier semestre 2021. Le calendrier à ce stade est un peu différent pour l’Union Européenne et une vaccination de l’intégralité de la population du continent ne pourrait avoir lieu que vers le troisième trimestre 2021 voire en fin d’année prochaine. La Commission Européenne est encore en train de négocier la livraison d’environ 80 millions de doses de vaccin, pour un montant total qui pourrait avoisiner deux milliards de dollars. De son côté, la France a sécurisé l’accès à près de 90 millions de doses auprès de différents fournisseurs, avec une livraison prévue au premier semestre 2021. Néanmoins, comme l’ont réaffirmé à maintes reprises au cours de la semaine passée les banquiers centraux des deux côtés de l’Atlantique, la perspective d’un vaccin ne change pas la donne du point de vue économique. Elle va évidemment permettre de sortir de la politique de « stop and go » (confinement, déconfinement) mais les effets économiques néfastes de la pandémie se feront encore sentir sur la croissance à moyen terme, nécessitant au passage un soutien dans la durée, et certainement de forte ampleur, de la part des Etats (levier budgétaire) et de la part des banques centrales (levier monétaire).


Le point technique

Nous avions deux points d’attention principaux sur le marché des changes ces dernières séances : l’EURUSD et l’EURCHF.

La paire EURCHF est restée proche de la zone des 1,08 soutenue par les interventions répétées de la Banque Nationale Suisse. Cette dernière a réaffirmé au cours de la semaine passée son engagement à tout faire pour éviter une flambée du CHF. Selon le vice-président Zurbruegg, la banque centrale a dépensé près de 90 milliards de CHF au premier semestre pour faire baisser les pressions sur la monnaie helvétique. L’engagement de la banque centrale est clair : les taux négatifs et les interventions récurrentes sur le marché des changes vont demeurer à court et à moyen terme. On devrait donc continuer d’avoir la paire EURCHF évoluer dans la borne de prix comprise entre 1,07 et 1,09 qui semble convenir à la banque centrale.

Au niveau de l’EURUSD, le terrain de jeu n’a guère évoluer. La paire reste toujours à proximité des 1,18-1,19 et tout laisse à penser qu’une échappée au-dessus des 1,20 est exclue pour le moment. Au cours des derniers jours, plusieurs membres de la BCE ont de nouveau indiqué surveiller de près l’évolution du taux de change. Tout porte à croire que la banque centrale empêchera toute sortie durable au-dessus des 1,20 qui pourrait nuire à la reprise économique en zone euro. Nous restons donc plutôt dans une configuration de marché attentiste, dans les bornes indiquées précédemment. A court terme, le support à 1,1747 est à prendre en considération.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,16591,17471,19221,2008
EUR/GBP 0,85830,87710,91460,9333
EUR/CHF 1,06241,07131,09131,1058
EUR/CAD 1,52141,53781,56411,5741
EUR/JPY 121,42122,62125,07126,33

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Les annonces à suivre

Une fois n’est pas coutume, toute l’attention va se porter cette semaine sur les banques centrales, avec la publication des comptes-rendus des dernières réunions de la BCE et de la Fed. Peu de surprises à attendre du côté de la BCE puisque la conférence de Sintra et les interventions la semaine passée de Christine Lagarde ont dévoilé les grandes lignes des mesures qui pourraient être prises par la banque centrale en décembre, à savoir une extension du programme de rachats d’actifs appelé PEPP et des conditions plus favorables de refinancement des banques de la zone euro. Du côté de la Fed, l’incertitude demeure sur l’évolution de la politique monétaire à court terme. Bien que le rétablissement économique soit palpable aux Etats-Unis, il serait risqué de ne pas soutenir sur la durée la reprise d’où certainement la nécessité pour la Fed de prolonger au-delà de 2020 les différents programmes de soutien à l’économie mis en place au printemps dernier et dont une grande partie arrive à expiration dans les semaines à venir. C’est donc sur cet aspect précis que l’attention des cambistes se portera dans les séances à venir.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
23/1109:30PMI manufacturier (Novembre)Consensus à 55,1 contre précédent à 58,2.
24/1108:00PIB au troisième trimestreContraction à -10,1% selon le consensus des analystes.
10:00IFO climat des affaires (Novembre)Hausse à 93,0 contre 92,7 précédemment.
16:00Confiance des consommateurs du Conference Board ( Novembre)Chiffre attendu à 98 contre 100,9 précédemment.
25/1114:30PIB au troisième trimestreHausse à 33,2% en annualisé (dernière estimation).
26/1112:30Publication du compte-rendu de la dernière réunion de la BCELe focus serait sur les nouvelles mesures que pourrait déployer la BCE en décembre, notamment au niveau du QE et des TLTRO (mesures de refinancement des banques).
20:00Publication du compte-rendu de la dernière réunion du FOMCLes cambistes surveilleront toute indication d’un changement de politique monétaire à venir, notamment concernant les différents programmes de soutien mis en œuvre depuis mars.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Des hauts et des bas

Des hauts et des bas

L'hebdo devises du 16 novembre 2020

Le point macro

Les principaux banquiers centraux étaient réunis la semaine dernière à l’occasion de la conférence Sintra de la BCE et n’ont eu de cesse de marteler leur engagement à soutenir l’économie et les marchés financiers pour surmonter la nouvelle vague de la pandémie. Christine Lagarde a été la plus claire en donnant des indications précises sur les mesures que la BCE pourrait dévoiler lors de sa réunion de décembre, à savoir une extension probable jusqu’à fin 2021 de son programme de rachats d’actifs contre la pandémie (PEPP en jargon technique) et aussi des conditions plus souples de refinancement pour le secteur bancaire. Par exemple, on pourrait imaginer que la BCE permette aux banques de la zone euro de se refinancer à son guichet à taux négatif (disons -1%) pour une période de trois ans. Si une telle mesure était confirmée, cela permettrait de consolider le secteur bancaire alors qu’il risque de faire face à une hausse des prêts non performants du fait des faillites en série qui ne manqueront pas de survenir dans les mois à venir en lien avec le nouveau confinement. Celui-ci devrait d’ailleurs durer beaucoup plus longtemps que prévu dans la plupart des pays européens. La France a laissé entendre que d’importantes restrictions devraient perdurer au moins jusqu’aux fêtes de fin d’année. Il faudra notamment surveiller de près l’évolution de la situation aux Pays Bas dans les jours à venir puisque c’est le premier pays européen à devoir théoriquement engager un déconfinement, à partir du 19 novembre. Aux Etats-Unis, plusieurs Etats, comme le New Jersey, se referment également pour contrer la pandémie, renforçant au passage l’urgence de nouvelles mesures de soutien à l’économie. Pour autant, étant donné la situation politique à Washington, il est très peu probable qu’un nouveau plan de relance soit finalisé prochainement par le Congrès américain. Désormais, les experts de la politique américaine considère qu’un accord sur une nouvelle relance budgétaire ne pourrait être atteint, au plus tôt, qu’en début d’année prochaine. A court terme, un tel délai risque d’accentuer le décrochage économique et de fragiliser la reprise.


Le point technique

La semaine dernière, notre attention s’est portée spécialement sur deux paires : l’EUR/USD et l’EUR/GBP. Cette dernière paire a connu un petit sursaut de volatilité, comme nous l’avions prévu étant donné l’approche du Brexit. En milieu de semaine dernière, l’EUR/GBP a atteint un point bas de six mois à 0,8861 mais a par la suite de nouveau rallié la zone des 0,89-90. Beaucoup de nouvelles ont eu un impact sur le cross. Au troisième trimestre, le PIB britannique est resté inférieur de 9,7% par rapport à son niveau de fin 2019, ce qui en fait le pays européen le plus touché par la crise avec l’Espagne. L’impact à ce stade sur l’économie britannique est deux fois plus important qu’en France. Ajoutons également que les négociations à propos du Brexit piétinent, mais continuent cette semaine, et que de nombreux couacs au sein du gouvernement britannique tendent à confirmer une césure à l’œuvre au sein du parti au pouvoir sur la marche à suivre concernant le Brexit. Même si c’est difficilement faisable du point de vue politique, plusieurs voix plaident auprès de Boris Johnson pour qu’il demande une extension du délai de sortie de l’UE. En dépit de ces nombreux rebondissements, le scénario d’un accord commercial a minima reste toujours le plus plausible.

Du côté de la paire EUR/USD, la volatilité était aussi au rendez-vous avec un range de fluctuations de près de 170 pips et même une envolée au-dessus des 1,19. En variation hebdomadaire, la paire reste toutefois en négatif, essentiellement du fait des inquiétudes des cambistes concernant la trajectoire de l’économie européenne dans le contexte actuelle du confinement. Il faudra donc attendre avant d’avoir une éventuelle nouvelle tentative de la zone des 1,20 qui nous parait à ce stade peu crédible. En outre, le marché n’a pas encore pleinement intégré les mesures que risque de prendre la BCE en décembre et qui devraient avoir pour conséquence à court terme plutôt une baisse de l’EUR/USD. Pour l’instant, la paire devrait continuer d’évoluer dans la zone des 1,17-18 avec un maintien élevé de la volatilité.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,15011,16881,19761,2078
EUR/GBP 0,87650,88900,90850,9140
EUR/CHF 1,06261,06581,09001,0950
EUR/CAD 1,52661,53881,56871,5897
EUR/JPY 121,05121,90125,52126,00

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Les annonces à suivre

Cette semaine, le calendrier économique est plutôt réduit, avec juste quelques chiffres sans grande importance sur l’évolution des changes qui seront communiqués. On notera la publication de l’indice manufacturier de la Fed de Philadelphie ce jeudi, avant les ventes au détail au Royaume-Uni le lendemain. Il s’agit foncièrement d’une semaine de transition pour le forex avant les rendez-vous des banques centrales en décembre.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
19/1114:30Indice manufacturier de la Fed de Philadelphie (Novembre)Consensus à 22,0 contre précédent à 32,3.
20/1108:00Ventes au détail (Oct)Hausse à 0,9% contre 0,5% précédemment.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.