Semaine noire pour l’eurodollar

Semaine noire pour l’eurodollar

L'hebdo devises du 28 septembre 2020

Le point macro

Pendant plusieurs semaines, l’eurodollar était coincé dans une borne de fluctuations étroite comprise entre 1,18 et 1,19, traduisant l’indécision des cambistes concernant l’évolution macroéconomique. Les derniers chiffres européens portant sur le mois de septembre, notamment les indicateurs PMI, ont permis une sortie du range…à la baisse ! L’eurodollar a dégringolé sous la zone des 1,1750-1,1700 et pourrait désormais poursuivre sa phase de consolidation en direction des 1,1500.

Les chiffres européens ont servi de détonateur au marché. Pendant plusieurs mois, l’euro a capitalisé sur l’espoir d’une reprise économique plus rapide en zone euro qu’aux Etats-Unis, notamment sous l’effet du plan de relance coordonné décidé par l’UE fin juillet. Les statistiques portant sur l’activité dans le secteur manufacturier et le secteur des services en septembre ont douché ces espoirs. Les indicateurs PMI sont ressortis dans de nombreux pays, comme la France, en contraction, confirmant ce que les indicateurs à haute fréquence utilisés par les économistes (comme la consommation électrique ou les données sur la mobilité) avaient pointé du doigt depuis l’été, à savoir que la reprise économique s’est essoufflée après une phase initiale de fort rebond immédiatement après le déconfinement.

Le ralentissement de l’activité observé dans de nombreux pays européens est d’autant plus inquiétant qu’il fait suite à des mesures fiscales massives et ciblées qui n’ont manifestement pas pleinement porté leurs fruits et qu’il intervient AVANT que de nouvelles mesures de distanciation sociale ne soient imposées. En d’autres termes, le scénario que nous évoquions la semaine dernière d’un possible trou d’air de l’activité économique au quatrième trimestre en raison de la combinaison de la COVID, de la grippe saisonnière et de nouvelles mesures de restriction à la mobilité est plus que jamais d’actualité au regard des dernières statistiques européennes.


Le point technique

La hausse de l’aversion au risque a directement pénalisé l’euro face au dollar, qui est passé sous le support clé situé à 1,17. Plusieurs indicateurs techniques de première importance et qui sont surveillés de près par les cambistes, comme le RSI (pour Relative Strengh Index), sont désormais en territoire négatif (sous-entendu, vente). Etant donné l’ambiance régnant actuellement sur le marché des changes et l’accumulation de facteurs de risque dans les semaines à venir (exemples : Brexit, élection présidentielle américaine etc…), tout porte à croire que la baisse va se poursuivre à court et à moyen terme, avec pour objectifs les prochains supports situés à 1,1600 et à 1,1500 en extension. Pour renouer avec un mouvement haussier, la paire eurodollar doit absolument s’échapper au-dessus de la zone des 1,1850, ce qui parait être un scénario fort peu probable au moment où nous écrivons ces lignes.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,15001,16001,18501,1915
EUR/GBP 0,89870,90770,92620,9357
EUR/CHF 1,06371,07041,09061,1000
EUR/CAD 1,53501,54791,56861,5737
EUR/JPY 119,17121,76125,38126,94

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Les annonces à suivre

Après avoir eu un panorama assez large de l’activité économique en zone euro la semaine dernière, l’attention des cambistes va désormais se porter sur la santé de l’économie américaine avec la publication d’indicateurs de confiance (Conference Board), d’activité manufacturière (ISM) et d’évolution du marché de l’emploi (ADP et NFP).

Le marché a tendance à surtout réagir au chiffre du taux de chômage officiel (aussi appelé taux U-3) mais il convient de bien avoir en tête qu’il ne reflète pas fidèlement la réalité de l’état du marché de l’emploi américain. Si on regarde de près les dernières statistiques publiées, le marché de l’emploi est loin d’être en bonne forme outre-Atlantique. La durée de chômage augmente fortement, traduisant l’émergence d’un chômage de longue durée, tandis que le nombre d’Américains ayant définitivement perdu leur emploi ne cesse de grimper. Ajoutons à cela une polarisation encore plus accentuée entre travailleurs qualifiés (plus protégés contre les dégâts économiques de la COVID) et travailleurs non qualifiés (plus susceptibles de perdre leur emploi) et vous avez un cocktail parfait pour créer durablement des tensions sociales aux Etats-Unis. Comme c’est le cas en zone euro, la reprise américaine est fragile et masque aussi d’importantes disparités entre secteurs d’activité, entreprises et individus.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
29/0916:00Confiance du consommateur – Conference Board (Sept)Hausse prévue à 86,0 vs 84,8 précédemment.
30/0914:15Création d’emplois non agricoles ADP (Sept)L’évolution du marché de l’emploi reste notre baromètre privilégié pour juger de l’ampleur de la reprise. Dans la dernière estimation, l’économie américaine avait créé 428k en emplois non agricoles.
01/1016:00Indice PMI manufacturier de l’ISM (Sept)Repli prévu à 55,9 contre 56,0 précédemment.
02/1014:30Rapport sur l’emploi américain (Sept)Le consensus table sur des créations d’emplois en baisse à 750k contre 1,371k précédemment. Le taux de chômage est attendu en repli à 8,3% de la population active.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Fort attentisme sur l’EUR/USD

Fort attentisme sur l’EUR/USD

L'hebdo devises du 21 septembre 2020

Le point macro

La réunion de la Réserve Fédérale américaine (FED) a été le point d’orgue de la semaine dernière mais n’a pas permis d’apporter la visibilité souhaitée par le marché des changes. Sans surprise, la FED a maintenu ses taux inchangés et ce au moins jusqu’en 2023, confirmant que la reprise économique sera particulièrement lente. Elle a également mis à jour ses prévisions économiques, pour la première fois depuis le mois de juin dernier. La récession est attendue moins importante qu’initialement prévu cette année (à -3,7% contre -6,5%), mais le momentum de la croissance devrait perdre en vigueur par la suite, ce qui explique la révision à la baisse des perspectives de hausse du PIB en 2021 et 2023, respectivement à 4% (première estimation à 5%) et à 3% (première estimation à 3,5%). Le bond redouté de l’inflation par certains cambistes est une crainte exagérée à en croire la banque centrale qui ne voit pas l’inflation au-dessus de 2% sur les trois prochaines années. Enfin, le rétablissement du marché de l’emploi prendra du temps puisque la FED anticipe que le taux de chômage ne renoue avec le seuil de 4%, qui s’assimile au plein-emploi, qu’en 2023.

Dit autrement, nous ne sortirons pas de sitôt des politiques monétaires ultra-accommodantes et des taux proches de zéro, constat qui vaut également pour la zone euro, étant donné la fragilité de la reprise économique qui se dessine au niveau mondial et des nombreuses incertitudes qui pèsent sur l’évolution de la pandémie alors que l’hémisphère nord va devoir affronter d’ici quelques semaines la grippe saisonnière qui, conjuguée au COVID-19, pourrait mettre sous tension le système hospitalier de certains pays. Le pire n’est jamais certain, mais il faut être lucide, nous ne sommes pas encore en phase de sortie de crise.


Le point technique

Au niveau du marché des changes, le panorama n’a pas changé pour l’EURUSD qui continue de suivre une évolution latérale entre 1,18 et 1,19, comme nous l’avions anticipé. La paire reste en phase de consolidation, avec un repli de seulement -0,24% sur les cinq dernières séances. Dans l’immédiat, nous ne voyons pas quel élément serait susceptible de changer la donne sur la paire. Attention toutefois, l’élection présidentielle américaine se rapproche et sera certainement facteur de volatilité. Nous y reviendrons prochainement.
On notera que la consolidation a aussi été la règle face à quasiment toutes les autres paires majeures, à l’exception du CHF. Sur la semaine écoulée, l’euro a perdu -1,29% face au yen et -0,80% face à la livre sterling en dépit de l’annonce de la Banque d’Angleterre indiquant qu’elle étudie sérieusement la mise en place de taux négatifs (qui d’habitude induit une baisse du taux de change de la monnaie concernée). Face au dollar canadien, l’euro a fait du surplace. La forte hausse du baril de pétrole sur les derniers jours (+10% pour le WTI et +8,70% pour le Brent) n’a pas constitué un élément de soutien pour la monnaie canadienne.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,16631,17521,19151,1989
EUR/GBP 0,89870,90770,92620,9358
EUR/CHF 1,06361,07031,08151,0906
EUR/CAD 1,54791,55571,57361,5865
EUR/JPY 121,76122,79125,38126,94

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Les annonces à suivre

Cette semaine sera beaucoup plus calme sur le front des statistiques. Aucune grande banque centrale ne figure au calendrier économique. L’attention se portera essentiellement sur les statistiques allemandes du mois de septembre, notamment le PMI manufacturier et l’indice IFO du climat des affaires, qui pourraient confirmer que la reprise s’est un peu essoufflée ces dernières semaines, ce qui irait dans le sens des indicateurs à haute fréquence (comme la consommation d’électricité) qui dressaient un tel constat depuis début août.
Le thème un peu inextricable du Brexit va également ressurgir en fin de semaine, avec la tenue prévue d’un Conseil Européen le 25 septembre sur le futur des relations entre l’UE et le Royaume-Uni. Ces dernières semaines, le gouvernement Johnson a particulièrement irrité ses homologues en Europe continentale en menaçant de revenir sur certains engagements déjà actés. Bien qu’il s’agisse certainement d’une tactique de négociation, le risque est de braquer les leaders européens qui ont bien d’autres sujets plus primordiaux à gérer (comme la crise économique et sanitaire). Malgré tout, nous continuons à penser qu’un accord portant sur un nombre de sujets très restreints sera signé à la dernière minute, évitant ainsi que le scénario de hard Brexit ne se réalise début 2021.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
23/0909:30PMI manufacturier (Sept)Précédent à 52,2.
24/0910:00IFO climat des affaires (Sept)Légère baisse attendue par le consensus à 92,2 contre 92,6 précédemment.
25/0914:30Commandes de biens durables (Août)Baisse attendue à 2%.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


La BCE laisse perplexe

La BCE laisse perplexe

L'hebdo devises du 14 septembre 2020

Le point macro

Le moins qu’on puisse dire c’est que les politiques tardent à réagir alors que tous les indicateurs économiques, comme la semaine dernière la production industrielle en France, indiquent que l’activité économique stagne de nouveau dans les pays développés du fait de la mise en œuvre de nouvelles mesures de distanciation sociale. Aux Etats-Unis, les négociations sur le nouveau plan de relance piétinent. Au Royaume-Uni, les tergiversations du Premier ministre Boris Johnson à propos du Brexit fragilisent la livre sterling. Enfin, en France, on se rend compte que près de la moitié du plan de relance de 100 milliards d’euros correspond à des dépenses déjà prévues. Une nouvelle fois, ce sont donc les banques centrales qui ont pris le relais la semaine passée, la Banque du Canada et la Banque Centrale Européenne notamment.

La Banque du Canada a, sans surprise, maintenu son taux directeur inchangé. Deux sources de risque ont été mentionnées : le ralentissement marqué du marché immobilier et la force du dollar canadien (surtout face au dollar américain) qui pourrait nuire à la reprise économique. Même si la banque centrale n’a pas donné d’indications concernant la suite à donner au programme de rachats d’actifs engagés depuis le printemps, tous les analystes s’attendent à ce qu’il soit augmenté dans les mois à venir du fait de la fragilité de la reprise économique mondiale qui se dessine.

De son côté, la Banque Centrale Européenne a fait le service minimum lors de la sa réunion et de sa conférence de presse de jeudi dernier. Les attentes des cambistes étaient élevées, notamment suite au chiffre désastreux de l’inflation en août (inflation sous-jacente à un point bas de 0,4%) et du fait du renforcement récent de l’euro face au dollar américain (+4,8% en trois mois). Les attentes ont été déçues. Christine Lagarde a semblé confiante sur la trajectoire de l’inflation et a à peine mentionner le taux de change comme risque baissier pour la reprise. Finalement, cette réunion a laissé le marché perplexe, ce qui explique certainement pourquoi le taux de change de l’EURUSD se situe à proximité de ses niveaux de lundi dernier (autour de la zone des 1,18-1,19). Une augmentation du programme de rachats d’actifs d’urgence face à la pandémie, que nous évoquions dans notre dernier billet publié avant la réunion, est toujours d’actualité pour le mois de décembre de notre point de vue. La combinaison entre une inflation durablement basse et des risques baissiers importants sur la croissance obligent la BCE à soutenir davantage la reprise économique en zone euro.


Le point technique

L’EURUSD devrait continuer de suivre une évolution latérale dans la zone des 1,18-1,19 en l’absence de market movers (annonce susceptible de provoquer une forte fluctuation des cours). Etant donné que les banques centrales des deux côté de l’Atlantique sont en mode pilotage automatique, on ne voit pas à court terme ce qui pourrait provoquer une sortie du range.

Il faudra en revanche faire particulièrement attention à la paire EURGBP en lien avec les derniers remous du Brexit et alors que nous nous approchons de la date limite du 15 octobre fixée par Londres pour parvenir à un accord avec l’UE. La COVID a éclipsé ces derniers mois le Brexit mais puisque nous entrons dans la zone à risque, le sujet devrait devenir une préoccupation majeure à la fois des entreprises exposées au marché britannique et des cambistes. Les dernières tergiversations de Londres ont abouti à une nette décrue de la monnaie britannique face à l’euro (-3,3% en variation hebdomadaire). Après avoir récemment franchi la résistance située à 0.9135, nous nous attendons à ce que la paire EURGBP poursuive son appréciation en direction des 0,9285 et 0,9387.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,16461,17001,19731,2107
EUR/GBP 0,88140,88640,92850,9387
EUR/CHF 1,05501,06811,08791,0944
EUR/CAD 1,52951,53801,57331,5952
EUR/JPY 124,25125,01126,80127,84

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Les annonces à suivre

Cette semaine sera une nouvelle fois consacrée aux banques centrales qui poursuivent leur rentrée. Tout porte à croire que la Banque d’Angleterre va maintenir son statu quo de politique monétaire afin de conserver des munitions pour intervenir en cas de no deal. Si ce scénario venait à se réaliser, une nouvelle augmentation du programme de rachats d’actifs dès début 2021 est assuré, ce qui pourrait au moins limiter les conséquences financières immédiates d’un hard Brexit.

Le point d’intérêt concernant la réunion de la Réserve Fédérale américaine portera surtout sur la mise à jour des projections économiques. Après la publication de nombreuses statistiques indiquant que la reprise ralentit, il sera intéressant de connaître les attentes de la banque centrale américaine pour les prochains mois. Notons qu’à l’inverse de la situation en zone euro, aux Etats-Unis le risque inflationniste est bien présent et doit être pris en compte par la Fed dans sa gestion du QE et des taux directeurs.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
15/0911:00Indice ZEW du sentiment économique (Septembre)Reflux attendu à 58,0 vs 71,5 précédemment.
16/0920:00Décision de politique monétaire et mise à jour des projections économiquesLe focus se portera sur la trajectoire de reprise économique attendue par la banque centrale américaine.
20:30Conférence de presse de J. PowellTon accommodant et grande prudence concernant l’évolution économique du fait du coronavirus.
17/0913:00Décision de politique monétaire de la Banque d’AngleterreStatu quo avec taux directeur principal maintenu à 0,10%.

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L’euro fort inquiète la BCE

L’euro fort inquiète la BCE

L'hebdo devises du 07 septembre 2020

Le point macro

Du point de vue des fondamentaux économiques, la donne n’a pas drastiquement changé depuis fin juillet. La sortie de récession se précise un peu partout dans le monde mais les incertitudes liées aux perspectives d’investissement des entreprises et de consommation des ménages ne sont pas levées. Ce qui devait arriver est en train de se produire. Plusieurs indicateurs publiés au cours des derniers jours semblent confirmer que la reprise s’est un peu essoufflée en août et en septembre dans certains pays, particulièrement les Etats-Unis. En témoigne l’emploi américain. La remontée de l’emploi privé dans les services se poursuit mais plus lentement qu’il y a quelques mois de cela, et reste à un niveau inférieur de 9% par rapport à début 2020. Même situation si on regarde le niveau d’emploi dans l’industrie qui est inférieur de 5% à celui du début d’année. C’est peu ou prou la même chose pour l’économie française. Cela confirme le scénario de la « reprise en aile d’oiseau » esquissé par la Banque de France il y a quelques mois de cela. Concrètement, après un bond rapide de l’activité en sortie immédiate de la récession, les principales économies mondiales sont désormais entrées dans une phase de reprise très progressive de l’activité qui va durer probablement plusieurs années avant de pouvoir espérer retrouver le niveau d’activité d’avant crise.


Le point technique

Au cours des dernières semaines, le vrai changement a eu lieu au niveau du marché des changes et de la monnaie unique européenne. La semaine dernière, l’EUR/USD a franchi pour la première fois depuis mai 2018 le seuil psychologique des 1,20, mais cette envolée fut éphémère puisqu’elle a été rapidement suivie par une consolidation de la paire dans la zone des 1,18-1,19 qu’on a connu une grande partie de l’été. Cette consolidation était liée à des prises de bénéfice de la part des cambistes (beaucoup avaient un objectif à 1,20) et à des propos de plusieurs membres du Conseil des Gouverneurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) s’inquiétant de la force de la monnaie unique. On sait qu’un taux de change autour de 1,20 commence à nuire à la compétitivité de la plupart des économies européennes (à l’exception notable de l’Allemagne). Il s’agit donc d’une zone de prix que ne souhaiterait pas voir durablement franchie la BCE dans la phase actuelle de reprise fragile. Selon les calculs de la banque américaine Goldman Sachs, la hausse des derniers mois de l’euro devrait déjà amputer la croissance de la zone euro d’un quart de point de pourcentage par an au cours des deux prochaines années. A moyen-terme, nous anticipons le maintien d’un range sur la paire EUR/USD compris entre 1,18 et 1,20, comme ce fut le cas une grande partie du mois d’août.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,15471,17051,19621,2020
EUR/GBP 0,88210,88690,90920,9228
EUR/CHF 1,05531,06461,08081,0862
EUR/CAD 1,52161,53001,56711,5748
EUR/JPY 123,45124,45126,61127,77

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Les annonces à suivre

Cette semaine, l’attention des cambistes se portera essentiellement sur la réunion de la BCE qui aura lieu jeudi. Aucun changement au niveau de la politique monétaire n’est attendu. En revanche, le ton employé par Christine Lagarde lors de la traditionnelle conférence de presse sera suivi de près. Ce sera le principal market mover de la semaine, c’est-à-dire l’évènement de marché susceptible d’entrainer de fortes fluctuations sur les changes et pour lequel il faudra prévoir une stratégie de couverture. La banque centrale est dans une situation compliquée. Les derniers chiffres de l’inflation pour le mois d’août ont surpris à la baisse, avec une estimation initiale pour l’inflation sous-jacente (hors prix du pétrole) à 0,4%, soit très loin de la cible de la BCE et de son scénario central d’évolution des prix en zone euro dévoilé en juin dernier. S’ajoute à cela la récente hausse de l’euro face au dollar américain qui induit une baisse de l’inflation importée et compromet donc d’autant la capacité de la banque centrale à atteindre son objectif d’inflation à long terme « proche mais inférieur à 2% ». Il est donc probable que Christine Lagarde adopte un ton accommodant lors de cette réunion, laissant la porte ouverte à de nouvelles mesures de soutien d’ici la fin de l’année via une hausse de l’enveloppe allouée au programme de rachats d’actifs d’urgence face à la pandémie (actuellement doté d’un montant total de 1700 milliards d’euros). Nous anticipons également, en lien avec les récents propos tenus par le chef économiste de la BCE, Philip Lane, qu’elle confirme que l’institution surveille de près la hausse de l’euro depuis quelques mois qui est source d’incertitudes concernant la reprise économique. Autrement dit, la session européenne de ce jeudi a de fortes chances de se traduire par un regain de volatilité sur les paires en euro, particulièrement l’EUR/USD.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
08/0916:00Décision de politique monétaireMaintien du taux directeur à 0,25%.
10/0913:45Communiqué de la Banque Centrale EuropéennePolitique monétaire inchangée
14:30Conférence de presse de Christine LagardeLe marché table sur un ton accommodant, laissant la porte à de nouvelles mesures de soutien, suite aux récents chiffres décevants de l’inflation.
11/0914:30IPC core (Août)Baisse de l’inflation sous-jacente à 0,2% contre 0,6% précédemment, confirmant une énième fois que la pandémie constitue d’abord un choc déflationniste.

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EUR/USD : Le seuil symbolique des 1,20 est à portée de main

EUR/USD : Le seuil symbolique des 1,20 est à portée de main

L'hebdo devises du 31 août 2020

Le point macro

Du point de vue des fondamentaux économiques, la donne a peu changé en l’espace de quatre semaines. La sortie de récession se précise un peu partout dans le monde mais les incertitudes liées aux perspectives d’investissement des entreprises et de consommation des ménages ne sont pas levées. Les indicateurs économiques publiés ces dernières semaines, comme le PIB allemand au deuxième trimestre, sont meilleurs que prévu par le consensus mais ce n’est pas une surprise. C’est un fait bien documenté que les économistes ont tendance à être trop pessimistes dans leurs prévisions en période de sortie de récession. Pour autant, le pire de la crise n’est peut-être pas encore derrière nous et il faudra surveiller de près dans les mois à venir l’évolution des faillites d’entreprises et les stigmates probablement durables de la pandémie sur le marché de l’emploi (d’où l’importance du rapport sur l’emploi américain en fin de semaine).

Le vrai changement a eu lieu au niveau du marché des changes. L’euro a connu une envolée face au dollar américain qui l’a conduit à quasiment frôler le seuil psychologique situé à 1,20, avec un point haut pour la paire EUR/USD atteint à 1,1964 le 18 août dernier. Ce ne sont pas les chiffres économiques européens ou la gestion de la crise sanitaire européenne qui expliquent cette progression mais bien plus la baisse importante du dollar sur le marché des changes. Ainsi, depuis le début de l’année, le dollar index affiche un repli de -3,7%. Sur un mois, la baisse est toujours d’actualité, quoi que plus faible, de l’ordre de -0,6%. Cette baisse du dollar peut paraître contre-intuitive puisqu’en période de sortie de récession et face à une pandémie mondiale qui soulève de nombreuses questions concernant l’activité économique, on pourrait croire que les cambistes auraient tendance à privilégier les valeurs refuge, donc en premier lieu le dollar américain. Il n’en est rien. Trois raisons à cela : 1) l’économie américaine est loin de fonctionner à plein régime du fait de l’expansion du virus et des mesures de distanciation sociale qui s’appliquent ; 2) juste avant l’élection présidentielle américaine, il est courant que le dollar s’affaiblisse face aux autres monnaies ; et 3) les discussions sans fin entre le Congrès et la Maison Blanche sur le nouveau plan de relance, après celui de 2000 milliards USD dévoilé il y a quelques mois, contribuent à accroitre les incertitudes préexistantes concernant la conjoncture économique outre-Atlantique. A court terme, ces trois facteurs devraient continuer de peser sur le taux de change du dollar, et par corollaire favoriser un biais haussier sur la paire EUR/USD.


Le point technique

Après avoir connu une appréciation de l’ordre de 500 pips en l’espace de seulement quelques semaines, il n’est pas surprenant que la paire EUR/USD soit entrée en phase de consolidation ces derniers jours en évoluant autour des 1,18. Toutefois, le biais haussier demeure et est même confirmé par l’analyse technique. La hausse est soutenue à la fois par les moyennes mobiles, à 50 jours et à 200 jours, et par d’autres indicateurs couramment suivis par les cambistes, comme le RSI (pour Relative Strength Index – indicateur qui permet de repérer la force d’un mouvement de vente ou d’achat) qui est en zone d’achat. Nous visons donc toujours le seuil symbolique situé à 1,20 qui, s’il est franchi, pourrait permettre à la paire de rallier la zone des 1,2150 à plus long terme.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,17121,16271,19231,2000
EUR/GBP 0,87570,88830,91350,9261
EUR/CHF 1,05531,06661,08931,1006
EUR/CAD 1,53771,54601,56911,5839
EUR/JPY 123,22124,02127,26129,28

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Les annonces à suivre

Le point d’orgue cette semaine sur le marché des changes sera la publication des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis vendredi portant sur le mois d’août. Il s’agit du principal market mover susceptible d’avoir un impact significatif sur les taux de change. Le consensus table sur un taux de chômage qui chute de nouveau sous le seuil symbolique des 10%, à 9,9% de la population active, contre 10,2% en juillet. Toutefois, pour avoir une appréciation plus fidèle de la réalité du marché du travail américain, nous conseillons de surveiller le taux de participation et le taux de chômage au sens large, appelé U6, qui compte outre les chômeurs les travailleurs qui ne trouvent que du travail à temps partiel et ceux qui sont découragés de chercher un emploi. Ces deux indicateurs, qui seront aussi publiés vendredi, seront d’une plus grande utilité pour mieux comprendre l’état réel de l’économie américaine.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
01/0909:55PMI manufacturier (août)Stable à 50,0 selon le consensus.
01/0916:00ISM manufacturier (août)Reflux à 53,6 contre 54,2 précédemment.
02/0914:15Créations d’emplois non agricoles ADPLe précédent chiffre était à 167k.
03/0916:00Indice PMI non manufacturier de l’ISM (août)Reflux à 55,0 contre 58,1 en juillet.
03/09IndéterminéePrésentation du plan de relance françaisLe montant total prévu est de l’ordre de 100 milliards d’euros dont 40 milliards d’euros issus du plan de relance européen.
04/0914:30Rapport sur l’emploi américain (août)En juillet, le taux de chômage est attendu en baisse à 9,9% de la population active contre 10,2% précédemment.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Nouvelle semaine dans le vert pour l’euro

Nouvelle semaine dans le vert pour l’euro

L'hebdo devises du 27 juillet 2020

Le point macro

L’euro a fini en hausse en variation hebdomadaire face à ses principales contreparties, affichant un gain de près de 1,5% face au dollar américain, de 0,80% face au yen japonais et de 0,10% face à la livre sterling. Le marché des changes restait en mode appétit au risque, ce qui a automatiquement avantagé l’euro par rapport aux monnaies refuge que sont l’USD, le CHF et le JPY. L’un des éléments moteurs de la hausse fut l’accord européen sur le plan de relance. Ce fut un accouchement douloureux – le plus long sommet européen de l’Histoire – mais qui va globalement dans le bon sens. Bien qu’il ait fallu d’importantes concessions et des coupes dans certains programmes innovants de l’UE, les cambistes ont préféré voir le verre à moitié plein. Ils ont interprété cet accord comme un pas décisif pour compléter l’union monétaire, avec le recours à l’outil de la mutualisation de la dette qui pourra être de nouveau actionné si des défis, tel que le changement climatique, venaient à apparaitre au niveau européen. Ce plan budgétaire, auquel il faut ajouter le soutien constant de la BCE sur le levier monétaire, vient parachever les mesures de soutien et de relance au niveau européen.

A l’inverse, on constate que le dollar américain est engagé dans un nouveau cycle baissier dont la durée est encore incertaine mais qui dépendra étroitement de la gestion de la crise sanitaire aux Etats-Unis. Signal de l’ampleur du défi sanitaire, le président Trump a décidé d’annuler la convention nationale républicaine initialement prévue en août afin d’éviter que de nouveaux foyers épidémiques n’apparaissent suite à cet évènement. L’expansion du virus pénalise nettement l’économie américaine. Ainsi, les revendications hebdomadaires au chômage, que nous surveillons de près car il s’agit certainement du meilleur indicateur en temps réel pour surveiller la situation économique américaine, ont augmenté de nouveau pour la première fois depuis le mois de mars, à 1 460 000 contre un 1 300 000 précédemment. Certains économistes de l’autre côté de l’Atlantique craignent désormais que l’économie américaine ne connaisse une récession en W si la crise sanitaire n’est pas rapidement endiguée. Le différentiel de gestion de l’épidémie entre les deux bords de l’Atlantique va certainement encore être dans les prochaines semaines l’un des principaux éléments différenciants pour la paire EUR/USD.


Le point technique

Du point de vue de l’analyse technique, l’euro a réussi à franchir face au dollar américain le seuil psychologique situé à 1,1500 et a atteint un point haut hebdomadaire la semaine passée à 1,1630 et vient de passer le cap des 1.17 ce matin. Pour l’instant, l’euro est soutenu par le sentiment positif des cambistes à l’égard de la situation économique sur le Vieux-Continent. S’ajoute à cela l’analyse technique puisque l’EUR/USD évolue désormais au-dessus de ses moyennes mobiles à 50 jours et à 200 jours. La paire est clairement dans une dynamique haussière mais le nombre de cas de Covid qui repartent à la hausse en Europe pourraient infléchir la tendance sur le mois d’août. Les niveaux clés à surveiller dans les semaines à venir sont les résistances à 1,1750 dans un premier temps, et à 1,1850 dans un second temps.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,12421,13351,17501,1850
EUR/GBP 0,88610,89770,92000,9251
EUR/CHF 1,05491,06351,08861,1055
EUR/CAD 1,52631,53901,56711,5876
EUR/JPY 120,07121,20124,00125,52

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Les annonces à suivre

Cette semaine, l’attention du marché se portera principalement sur la réunion de la Réserve Fédérale américaine qui est l’une des dernières grandes banques centrales à se réunir cet été. Le consensus table largement sur le maintien de la politique monétaire inchangée. Des discussions techniques doivent avoir lieu, notamment sur la suite du programme de rachats d’actifs (aussi appelé QE) et la maturité des obligations souveraines à racheter. Aucun impact à prévoir sur le marché des changes.

Comme tous les ans, nous faisons une pause en août et nous vous retrouverons avec plaisir le lundi 31 août pour notre point hebdomadaire habituel. D’ici là, nous aurons la réunion de la Banque d’Angleterre le 8 août qui devrait aboutir à un statu quo et également la poursuite des négociations entre l’UE et le Royaume-Uni sur le processus de Brexit. Aucun accord n’est en ligne de mire. Nous tablons toujours sur un accord de dernière minute au quatrième trimestre. D’ici là, nous nous attendons à ce que le processus de dépréciation de la livre sterling se poursuive face à l’euro. Notre cible pour l’EUR/GBP est à 0,92.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
27/0710:00IFO – indice du climat des affaires (juillet)Baisse à 85,0.
28/0716:00Confiance du consommateur du Conference Board (juillet)Nouvelle baisse à 96,3 contre 98,1 précédemment.
29/0720:00Réunion de la banque centraleAucun changement attendu au niveau du dispositif de soutien monétaire.
30/0714:30PIB au deuxième trimestreEffondrement attendu à -32,6% du fait de l’impact des mesures de confinement.
03/0816:00ISM manufacturier (juillet)Baisse à 49,5 contre 52,6 précédemment.
06/0808:00Réunion de la banque centraleMaintien du taux directeur à 0,1% - soit un plus bas historique.
07/0814:30Rapport sur l’emploi américain (juillet)En juillet, le taux de chômage est attendu en hausse à 12,3% de la population active.
17/08Convention nationale du Parti Démocrate à Milwaukee
17/08Début d’un sixième round de négociations entre l’UE et Londres dans le cadre du processus de Brexit qui doit s’achever le 21 août.Ce rendez-vous est souvent présenté comme une étape importante pour avancer sur les nombreux sujets en suspens avant le Conseil Européen des 15 et 16 octobre qui doit théoriquement valider un premier draft d’accord.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


L’euro fait complètement abstraction du Sommet Européen

L’euro fait complètement abstraction du Sommet Européen

L'hebdo devises du 20 juillet 2020

Le point macro

L’euro a suivi une tendance haussière la semaine passée : +1,5% face à la livre sterling, +1,10% face au franc suisse ou encore +1% face au yen. De son côté, la paire phare EURUSD a tenté de nouveau une approche en direction des 1,15. La bonne performance de l’euro la semaine passée s’explique notamment par la baisse du dollar américain (le dollar index affiche une baisse de 0,40% sur une semaine et même de 0,75% depuis un mois). Le fléchissement du dollar s’explique surtout par les inquiétudes concernant la propagation du coronavirus aux Etats-Unis. A ce jour, le pays recense un total de 3,5 millions de cas d’infections et 137419 décès. L’absence de contrôle de la pandémie induit la fermeture, de nouveau, d’une grande partie de l’économie. Les derniers chiffres concernant les revendications hebdomadaires au chômage, qui constituent le meilleur indicateur en temps réel pour savoir ce qui se passe au plan économique outre-Atlantique, confirment que l’explosion des nouveaux cas de COVID-19 induit d’importantes distorsions économiques. Les données de mobilité de Google soulignent que les secteurs de la vente au détail et des loisirs fonctionnent à seulement 85% de leur capacité normale aux Etats-Unis contre 95% en Allemagne.

Ajoutons également l’importance de la réaction rapide de la Banque Centrale Européenne qui a rassuré les cambistes sur la dynamique économique en zone euro en ouvrant une nouvelle fois la porte à de nouvelles mesures de soutien monétaire d’ici la fin de l’année, et des statistiques européennes rassurantes, bien qu’elles soient en grande partie liées à l’effet de base. Les cambistes ont aussi interprété positivement le rebond de la croissance en Chine au deuxième trimestre, qui était plus important que prévu, et qui pourrait bénéficier à la zone euro, surtout à l’Allemagne, si la dynamique se confirme dans les mois à venir. Rappelons que l’Allemagne est l’un des principaux partenaires économiques de la Chine. Une reprise rapide dans l’Empire du Milieu ne pourra qu’avoir des effets positifs pour l’économie allemande.

Enfin, sans surprise, la banque centrale canadienne a maintenu sa politique monétaire inchangée (taux directeur à 0,25% et poursuite du programme de rachats de dette souveraine du Canada à hauteur de 5 milliards CAD par semaine). Là encore, la banque centrale se tient prête à agir davantage si les conditions économiques le nécessitent.


Le point technique

A court terme, la bonne performance de l’euro pourrait continuer, du moins tant que la situation économique des Etats-Unis reste compliquée par une gestion de la crise sanitaire catastrophique. Le marché des changes ne semble pas prêter davantage attention que cela au Sommet Européen qui se poursuit à Bruxelles concernant le fonds de relance. Du point de vue de l’analyse technique, on observe un positionnement acheteur des cambistes sur la paire EUR/USD. La résistance située à 1,15 est le prochain objectif à la hausse. A la baisse, il faudra surveiller le support situé à 1,1236. On a donc face à nous un range de fluctuations important, de l’ordre de plus de 250 pips.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,11731,12361,15001,1564
EUR/GBP 0,88560,89040,91160,9246
EUR/CHF 1,05771,06061,08201,0900
EUR/CAD 1,51631,52631,56001,5667
EUR/JPY 119,32120,07123,00124,42

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Les annonces à suivre

La semaine qui débute sera particulièrement calme du côté des indicateurs économiques, avec aucune grande banque centrale prévue à l’agenda. Les cambistes surveilleront principalement les chiffres du secteur de l’immobilier outre-Atlantique, mercredi et vendredi, et également une nouvelle estimation de l’indice PMI manufacturier pour l’Allemagne en juillet. Le consensus table sur une baisse à 41,5 – ce qui signifierait que le secteur manufacturier est encore en contraction. Ce serait un nouveau rappel brutal qu’il n’y a pas de rebond en V en vue, ni en Allemagne, ni ailleurs au niveau mondial. La reprise va être lente et fragile.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
22/0716:00Ventes de logements existants (juin)Hausse attendue à 4,12M.
24/0709:30PMI manufacturier (juillet)Nouvelle baisse à 41,5.
24/0716:00Ventes de logements neufs (juin)Baisse à 647K.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Nouveau range pour l’EUR/USD

Nouveau range pour l’EUR/USD

L'hebdo devises du 13 juillet 2020

Le point macro

L’EUR/USD est entré dans un nouveau range depuis le début de l’été, compris entre 1,12 et 1,14. En variation hebdomadaire, la paire a quasiment fait du surplace la semaine passée. Le panorama économique n’a guère changé. De ce côté-ci de l’Atlantique, la situation économique continue de s’améliorer, même si le pire n’est peut-être pas encore derrière nous. En effet, les problèmes de trésorerie des entreprises ne devraient survenir qu’à l’automne 2020 voire au début 2021. Traditionnellement, c’est en sortie de récession et non pas pendant la récession que le risque de faillite est le plus élevé. De l’autre côté de l’Atlantique, les indicateurs concernant les revendications hebdomadaires au chômage – qui constituent certainement la meilleure statistique en temps réel pour appréhender l’évolution macroéconomique des Etats-Unis – confirment que le marché du travail est sur une phase de reprise, mais particulièrement lente. En outre, l’explosion des cas de coronavirus fait craindre que certains Etats referment leur économie. Ainsi, le Texas connait un nombre record de morts liés à la pandémie depuis trois jours, tandis que sur la seule journée de jeudi dernier, l’Etat de Floride a annoncé près de 9000 nouveaux cas et 120 morts. A maints égards, les autorités sanitaires considèrent désormais que la pandémie n’est plus sous contrôle aux Etats-Unis. Il est donc probable que l’économie américaine connaisse de nouvelles perturbations économiques, vraisemblablement de forte ampleur, au cours de l’été. Enfin, si on se projette au-delà de cette zone géographique, au Moyen-Orient ou encore en Asie, on constate que les « bons élèves » dans la gestion de la crise sanitaire, comme Israël et Hong Kong, sont contraints de refermer leur économie à cause d’une explosion de nouveaux cas de personnes infectées. Dit autrement, il faut se préparer à une nouvelle vague, y compris potentiellement en Europe.


Le point technique

Sur le marché des changes, nous avons eu un rebond de la volatilité sur quasiment toutes les paires majeures. Cette semaine, l’EURUSD devrait continuer d’évoluer dans son nouveau range compris entre 1,12 et 1,14. Nous pourrions avoir un regain de volatilité et des volumes échangés dans les jours à venir, du fait de la perspective de la réunion de la BCE et également du Conseil Européen qui doit statuer sur le fond de relance, aussi appelé Next Generation EU.

L’EUR/CHF est de nouveau orienté à la baisse et nous n’excluons pas un retour vers les 1,05 au cours de l’été. On sait que c’est une période souvent propice à l’aversion au risque, ce qui signifie que c’est aussi une période traditionnellement compliquée pour la BNS. Rappelons-nous qu’en août 2019, la BNS avait dû intervenir en urgence et massivement sur les changes pour freiner l’appréciation de la monnaie helvétique. On ne peut pas exclure un scénario similaire cet été. Il faudra donc être très vigilant et penser à adopter une couverture de change appropriée.

Enfin, nous maintenons notre biais haussier à moyen terme sur la paire EUR/GBP. Tout porte à croire que le positionnement vendeur des traders va se renforcer dans les semaines à venir du fait de l’accroissement des incertitudes concernant le Brexit. Nous tablons toujours sur un accord commercial de dernière minute entre Londres et Bruxelles en fin d’année mais, d’ici là, s’ouvre une fenêtre de risque d’environ deux à trois mois minimum pendant laquelle la monnaie britannique pourrait continuer de baisser. Notre première cible sur l’EUR/GBP se situe à 0,91.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,11281,12001,13641,1400
EUR/GBP 0,87090,88850,91220,9237
EUR/CHF 1,05001,05601,07341,0820
EUR/CAD 1,50601,51521,55181,5748
EUR/JPY 117,94119,38121,58122,25

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Les annonces à suivre

Cette semaine sera essentiellement consacrée à deux sujets : la réunion de la BCE et également le Conseil Européen. Ce jeudi, la BCE devrait maintenir sa politique monétaire inchangée après avoir dévoilé d’importantes mesures ces derniers mois pour éviter une crise de liquidité. Le statu quo attendu n’implique pas pour autant que cette réunion soit sans intérêt. D’importantes discussions techniques devraient avoir lieu, portant notamment sur le mandat de la BCE (inclusion du changement climatique) et sur le rythme des rachats d’actifs qui traditionnellement ralenti l’été.

Enfin, les 17 et 18 juillet aura lieu le Conseil Européen à Bruxelles. Il s’agit de la première réunion en physique des chefs d’Etat et de gouvernement depuis le début de la crise. L’objectif sera de parvenir à un accord sur le fonds de relance européen de 750 milliards d’euros. L’Eurogroupe ainsi que l’Ecofin (qui réunit les ministres de l’économie et des finances de l’UE) ont balisé le terrain la semaine dernière. L’Allemagne et la France ont bon espoir de parvenir à un accord dès cette semaine. Si ce n’est pas le cas, une nouvelle réunion pourrait être prévue en août. Comme c’est toujours le cas en période de crise, le temps est précieux, ce qu’a bien compris le couple franco-allemand

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
14/0711:00Indice ZEW (juillet)Repli à 60,0 vs 63,4 précédemment.
15/0716:00Réunion de la banque centraleMaintien du taux directeur à 0,25% et poursuite du programme de rachats d’actifs (QE).
16/0713:45Réunion de la banque centraleStatu quo monétaire.
14:30Conférence de presse de Christine LagardeFocus sur la poursuite du programme de rachats d’actifs et sur l’évolution de la situation économique.
14:30Ventes au détail (juin)Hausse de 4,5% en juin sur un mois selon le consensus.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Pas de surprise sur le marché des changes

Pas de surprise sur le marché des changes

L'hebdo devises du 6 juillet 2020

Le point macro

L’eurodollar a fait quasiment du surplace la semaine passée dans un contexte de retour de la faible volatilité qui est typique à cette période de l’année. Sur le plan sanitaire, la situation continue à se dégrader à un rythme particulièrement rapide outre-Atlantique, à tel point que le Royaume-Uni, fidèle allié de Washington, a décidé d’imposer une quarantaine à tous les voyageurs en provenance des Etats-Unis. A ce jour, quatre Etats américains, parmi les plus importants (Arizona, Californie, Floride, Texas), ont été contraints de refermer leur économie tandis qu’onze autres Etats ont mis le processus de réouverture en mode pause. Selon les données communiquées par le département de médecine de l’Université John Hopkins, les Etats-Unis recensent plus de 2,7 millions de cas d’infections (un record mondial) et 128 700 décès (là encore, un record mondial). Malgré des indicateurs plutôt rassurants publiés la semaine dernière, en particulier au niveau de l’emploi américain, il y a fort à craindre que l’expansion de la pandémie nuise fortement à l’activité économique aux Etats-Unis cet été. Il ne faut donc pas trop s’attarder sur les statistiques économiques du mois de juin qui reflètent une réalité qui n’existe plus. L’économie américaine, en tout cas une grande partie, est de nouveau confinée.

En Europe, la crise sanitaire n’est plus un sujet. A part le Royaume-Uni et la Suède, la pandémie est sous contrôle partout ailleurs sur le Vieux-Continent. L’économie montre des signes évidents de rétablissement grâce à l’action de la BCE qui a permis de maintenir grand ouvert le canal du crédit aux entreprises – ce qui est inhabituel en période de récession. En revanche, la question de la relance de la demande se pose. Il n’est pas certain que l’épargne de précaution accumulée au printemps soit utilisée pour relancer la consommation du fait des craintes pesant sur l’évolution du taux de chômage. Un seul chiffre : selon l’enquête sur la confiance des consommateurs de l’INSEE, 78% des personnes interrogées ont peur d’une forte hausse du taux de chômage en France sur les douze prochains mois – un record depuis juin 2013. Cela prouve une nouvelle fois que les risques baissiers sur la reprise économique sont nombreux et que rien n’est encore gagné. La réalité, c’est qu’il faudra certainement attendre le mois de septembre pour savoir comment la crise va affecter les comportements d’investissement et de consommation et quelle sera l’ampleur des licenciements.


Le point technique

Du point de vue de l’analyse technique, le champ de bataille pour l’EUR/USD est inchangé par rapport à la semaine dernière. La paire avait évolué dans une borne de fluctuations de seulement 100 pips. Nous nous attendons à ce que la volatilité reste faible dans les séances à venir ce qui pourrait se traduire par une fluctuations dans un range étroit, entre son support situé à 1,1140 et sa première résistance à 1,1320.

On observe également une stabilisation de la paire EUR/CHF depuis un mois au-dessus des 1,06. Les interventions de la Banque Nationale Suisse, bien qu’elles soient en baisse, sont un plein succès. Comme le risque géopolitique reste réduit, un repli vers le franc suisse des opérateurs de marché est exclu.
Enfin, nous maintenons notre biais haussier sur la paire EUR/GBP. On observe depuis peu un rebond des requêtes Google concernant un « hard Brexit » ce qui traduit le retour d’une fébrilité concernant le processus de Brexit. La paire a donc de fortes de chances de renouer avec la zone des 0,92 à court terme.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,10651,11401,13201,1425
EUR/GBP 0,88660,89660,91290,9165
EUR/CHF 1,05761,06061,07431,0826
EUR/CAD 1,49551,51321,54211,5485
EUR/JPY 118,39119,34121,16122,05

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Les annonces à suivre

L’agenda économique de la semaine est plutôt réduit. Une nouvelle fois, nous vous mettons en garde concernant une mauvaise interprétation des données économiques. L’indice ISM non manufacturier pour le mois de juin qui sera publié cet après-midi devrait remonter à 48,9 – ce qui induit graphiquement la formation d’un « V ». Ce n’est en rien le signe d’une reprise en « V » de l’économie. Si le consensus dit vrai, cela signifie seulement que la contraction dans le secteur des services est moins prononcée en juin qu’en mai.

Enfin, l’autre sujet qui va animer l’actualité économique au moins jusqu’à la mi-juillet va être le plan de relance européen. Selon Bruxelles, une proposition de compromis qui pourrait satisfaire les pays frugaux (comme les Pays Bas) pourrait être présentée cette semaine dans l’optique d’une adoption par le Conseil européen les 17-18 juillet prochains.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
06/0716:00Indice ISM non manufacturier (juin)Hausse à 48.9 (mais toujours en contraction).
07/0716:00Rapport JOLTS sur les nouvelles offres d’emploi (mai)Consensus à 5,000M.

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Stagnation de l’euro

Stagnation de l’euro

L'hebdo devises du 29 juin 2020

Le point macro

La volatilité est restée contenue sur le marché des devises alors que le panorama économique et sanitaire n’a guère changé. Le FMI a mis en garde contre une récession cette année qui pourrait être plus importante que lors de sa précédente estimation remontant à avril. La contraction du PIB est attendue à -8% pour les économies avancées et à -3% pour les pays émergents (avec de grandes variations puisque l’organisation internationale table sur une croissance à +1% en Chine contre une récession à -4,5% en Inde et à -8% en Afrique du Sud). En ce qui concerne la France, la récession pourrait atteindre -12,5% (contre une prévision de Bercy à -11%), soit l’une des pires performances en zone euro en 2020.

Les banques centrales et les Etats ont de nouveau réaffirmé leur soutien à l’économie, ce qui est une constante depuis le début de la crise du coronavirus. La Banque Centrale Européenne (BCE) a dévoilé de nouvelles mesures (appelées repo facility) pour fournir de la liquidité aux banques centrales hors zone euro afin d’éviter que certaines banques ou institutions financières aient des difficultés à se refinancer en euro (notamment en Europe de l’Est et dans les Balkans). De l’autre côté de l’Atlantique, les injections de liquidité se poursuivent et atteignent 2300 milliards de dollars sur trois mois au titre du QE (programme de rachats d’actifs), soit une moyenne d’environ 35 milliards de dollars de rachats d’obligations par jour ouvrable depuis mi-mars.
Ajoutons que la France a aussi étendu son dispositif de chômage partiel et que les Etats-Unis envisagent de nouvelles mesures de soutien, à l’égard des consommateurs, dès le mois de juillet comme l’a indiqué le secrétaire au Trésor Mnuchin lors de la conférence d’investissement en ligne Bloomberg la semaine dernière. Ce soutien massif de la part des gouvernements va se traduire par un bond sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale de l’endettement public, conduisant à ce que les agences de notation sévissent. Ainsi, Fitch a abaissé la note souveraine du Canada de AAA (meilleure note possible) à AA+ avec perspective stable. Cependant, contrairement à la période 2008-2012, les sanctions des agences de notation n’ont aucun impact sur le marché des devises. La paire EUR/CAD n’a même pas réagi.


Le point technique

Du point de vue de l’analyse technique, il n’y a pas de changement fondamental par rapport à la semaine dernière. L’EUR/USD a évolué dans une borne très restreinte comprise entre 1,1170 (plus bas de lundi dernier) et 1,1260 (plus haut de jeudi dernier), soit une variation hebdomadaire de l’ordre de +0,40%. L’absence de volatilité est également perceptible sur les autres paires du marché des changes. Dans l’immédiat, le marché est en phase de consolidation, ce qui est très clair pour la paire EUR/USD. La zone des 1,1110 est la principale zone à surveiller dans l’optique d’une accélération baissière.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,10481,11101,12981,1438
EUR/GBP 0,86910,88510,91120,9173
EUR/CHF 1,04171,05501,07311,0817
EUR/CAD 1,50101,51101,54951,5738
EUR/JPY 117,58118,52121,26123,06

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Les annonces à suivre

L’emploi va être le baromètre principal à surveiller afin de juger de l’impact réel de la crise économique et de percevoir, par la suite, les premiers signes de reprise. Cette semaine, nous aurons notamment les chiffres américains pour le mois de juin, soit après le déconfinement, qui devraient confirmer que le taux de chômage officiel diminue à la faveur d’une reprise d’activité dans les services, l’un des secteurs qui a été le plus touché par la crise. Attention toutefois, ce n’est pas encore le moment pour se réjouir. Le chômage n’est pas prêt de baisser nettement aux Etats-Unis pour deux raisons : le pire est devant nous en termes de faillites d’entreprises et donc de destructions d’emplois et, surtout, près de 50% des entreprises américaines considèrent qu’elles n’auront pas besoin d’autant d’employés qu’avant la crise dans les mois à venir. Un chômage de longue durée n’est pas exclu aux Etats-Unis, similaire à ce que nous connaissons depuis longtemps en France.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
30/0616:00Confiance des consommateurs publiée par le Conference Board (juin)Remontée à 90 contre 86,6 précédemment.
01/0714:15Créations d’emplois non agricoles ADP (juin)Hausse à 3,500k contre -2,760k précédemment.
02/0714:30Rapport sur l’emploi américain NFP (juin)Le taux de chômage est attendu par le consensus en repli à 12,2% contre 13,3% précédemment.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.