Les risques baissiers sont intacts sur l’euro

Les risques baissiers sont intacts sur l’euro

L'hebdo devises du 30 mars 2020

Le point macro

Les deux marqueurs de la semaine dernière ont été la baisse de l’aversion au risque et la volatilité élevée. Le dollar index, qui synthétise l’évolution du dollar américain par rapport aux devises majeures, a perdu du terrain et n’est plus en hausse que de 3% depuis le début de l’année contre un gain de plus de 6% une semaine plus tôt. Ce recul de l’aversion au risque a directement bénéficié à l’euro qui affiche un résultat positif en hebdomadaire face au dollar américain et au yen japonais. Cette baisse du risque s’explique en grande partie par les actions des banques centrales au cours des quinze derniers jours qui semblent enfin porter leurs fruits et rassurer les marchés financiers. A ce jour, seize banques centrales au niveau mondial ont entamé un programme de rachats d’actifs (aussi appelé QE) alors qu’elles n’étaient que quatre à le faire il y a moins d’un mois de cela. La dernière en date est la Banque du Canada qui a annoncé vendredi dernier un programme de rachats de dette souveraine canadienne à hauteur de 5 milliards de dollars canadiens sur une durée indéterminée. L’apport massif en liquidité sur les marchés parait endiguer – pour le moment – la panique qu’on a pu connaître il y a une dizaine de jours.

Le deuxième marqueur important en cette période est le maintien d’une volatilité élevée. Ainsi, le range de fluctuations de la paire EUR/USD était encore important la semaine dernière, de l’ordre de 200 points. La volatilité est condamnée à rester conséquente dans les semaines à venir tant que nous n’aurons pas davantage de visibilité à propos de la durée des mesures de confinement et de l’impact économique sur la durée du coronavirus.

Les premiers indicateurs pour le mois de mars, qu’il s’agisse des PMI européens ou encore des revendications hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis (qui ont atteint un point haut historique à plus de 3 millions en une semaine !), prouvent que nous sommes face à une crise économique sans précédent (qui n’a rien à voir avec la crise de 1929 comme nous avons pu le lire ici et là), qui va durement toucher le secteur des services, et aboutir à un bond du chômage massif dans plusieurs pays. Cependant, nous manquons de repères historiques pour vraiment comprendre toutes les conséquences de la crise actuelle et anticiper le scénario de retour de la croissance. La comparaison avec la Chine ne fait pas complètement sens. Selon les données fiables communiquées par FedEx, la Chine connaît un rebond en V (c’est-à-dire une reprise rapide) mais il convient de rappeler que toute la Chine n’était pas confinée et qu’elle a pris rapidement des mesures économiques plus significatives qu’en Europe pour rétablir l’activité. A ce stade, le consensus des économistes table plutôt sur une reprise en U, c’est-à-dire très graduelle, en Europe.


Le point technique

Du point de vue de l’analyse technique, l’EUR/USD a entamé une phase de remontée la semaine dernière du fait d’un reflux de l’aversion au risque qui lui a permis de franchir le seuil des 1,0935. La paire est désormais en phase de consolidation, juste sous sa moyenne mobile à 200 jours. Un repli vers les 1,08 n’est pas à exclure si les craintes des cambistes ressurgissent.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,06701,08581,1311
1,1486
EUR/GBP 0,81790,87020,94660,9747
EUR/CHF 1,04771,05141,06421,0724
EUR/CAD 1,47411,50411,58181,6294
EUR/JPY 115,39116,99121,61124,71

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Les annonces à suivre

Les différents indicateurs de la semaine vont être plus mauvais les uns que les autres. Il faut s’attendre à entendre les mêmes commentaires que la semaine passée de la part des analystes : « incroyable », « inédit », « cauchemardesque » etc…Pour l’instant, le flux continu de mauvaises statistiques n’a pas réellement eu d’effet négatif sur le taux de change de l’euro face au dollar. Pour preuve, la monnaie unique a connu sa plus forte séance de hausse de la semaine passée (+1,47%) le jour de la publication du chiffre désastreux des revendications chômage aux Etats-Unis. Cependant, il n’est pas certain que l’euro soit longtemps immunisé. Le marché des changes va être confronté à des statistiques horribles pendant au moins plusieurs mois et il n’est pas sûr que la liquidité fournie par les banques centrales soit encore suffisante pour rassurer les cambistes.

A cet égard, le premier vrai test va être la publication du taux de chômage aux Etats-Unis pour le mois de mars en fin de semaine. Il s’agit d’une publication qui est habituellement observée de près mais, du fait du contexte, elle aura une importance décuplée. Nous aurons une vue complète de l’impact du COVID-19 et des mesures de confinement sur la dynamique de l’emploi sur tout le territoire américain. Nous nous attendons à un mauvais chiffre. En tablant sur une estimation basse de 5 millions d’emplois détruits sur l’ensemble du mois de mars, le taux de chômage pourrait grimper de 3,5% en février à près de 7% en mars. Ce serait une hausse qui n’a jamais été observée sur un laps de temps si court dans toute l’histoire des Etats-Unis.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
31/0315:00Confiance des consommateurs du Conference Board (March)Fort repli mensuel attendu comme prévu, à 121,0 vs 130,7 le mois précédent.
01/0413:15PMI compositeLes attentes sont également à la baisse en raison de l’impact attendu du coronavirus sur l’activité économique.
13:15Créations d’emplois non agricoles – ADP (Mars)Dans la foulée des revendications hebdomadaires au chômage publiées la semaine dernière, il faut s’attendre à un niveau élevé de destructions d’emplois en mars.
15:00ISM manufacturier (Mars)Baisse attendue à 44,0 vs 50,1 en février.
03/0413:30Rapport sur l’emploi – NFP (Mars)Si on estime que les destructions nettes d’emplois atteignent 5 millions en mars (ce qui est une estimation basse), le taux de chômage devrait augmenter de 3,5% en février à près de 7% en mars.
15:00ISM non manufacturier (Mars)Si l’ISM non manufacturier suit la même tendance que les PMI services européens, l’indicateur a de fortes chances de tomber à un plus bas niveau historique.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Le dollar roi

Le dollar roi

L'hebdo devises du 23 mars 2020

Le point macro

La volatilité a fait son grand retour sur le marché des changes la semaine passée alors qu’elle avait quasiment disparu en 2019. Cela s’est traduit par des mouvements de forte ampleur sur l’ensemble des paires majeures. L’EUR/USD a évolué dans un range de près de 600 points (!!!), ce qui n’arrive habituellement qu’en période de crise, comme lors de la dernière grande crise financière. Cette forte volatilité reflète les craintes de récession de la part des participants de marché aboutissant à une fuite vers les valeurs refuge qui favorise surtout le dollar américain.

Les interventions tout azimut des banques centrales au cours des derniers jours, avec les nouvelles mesures dévoilées par la Banque Centrale Européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre (BoE), n’ont pas permis de rétablir la confiance. Sous la pression des acteurs de marché, la BCE a pourtant sorti le bazooka monétaire en annonçant un «programme de rachat d’urgence face à la pandémie» consistant en des rachats de dette publique et privée pour 750 milliards d’euros qui court jusqu’à la fin de l’année. De son côté, la BoE a de nouveau abaissé son taux directeur hors de son calendrier habituel de réunion, le portant à un point bas historique de 0,10%. Elle a également dévoilé un programme de rachats de dette souveraine britannique de 200 milliards GBP.
Nous sommes dans une configuration de marché que nous avons déjà connue par le passé, en 2008-09 ou encore en 2011-12. Tant que l’incertitude sur le plan sanitaire et sur le plan économique perdurera, ce qui devrait être le cas pendant au moins plusieurs semaines, le dollar américain continuera sa progression sur le marché des changes face aux autres devises.

  • Selon nous, il faudra au moins que certains des facteurs suivants se matérialisent pour espérer un retour de l’appétit au risque sur le marché des changes :
  • Un ralentissement du nombre de nouveaux cas de COVID-19 détectés en Europe et aux Etats-Unis.
  • Un rebond du prix du baril de pétrole.
  • Une stabilisation des places financières mondiales, et en particulièrement un apaisement des tensions sur le crédit aux entreprises aux Etats-Unis.
  • Une relance massive du crédit en Chine, similaire à celle engagée en 2009-10.

Si un ou plusieurs de ces facteurs venait à se concrétiser, cela pourrait ouvrir la porte à un rebond de l’EUR/USD. Pour l’instant, nous n’y sommes pas encore.


Le point technique

La configuration technique confirme également le maintien d’un biais baissier pour l’EUR/USD. La paire a perdu plus de 3% en l’espace de seulement une semaine et a très largement enfoncé des niveaux majeurs de support, à 1,09 et à 1,08. Nous ne pensons pas que les conditions soient déjà réunies pour un rebond technique. La prochaine zone test pour la paire se situe à 1,0652 qui, si elle est franchie, ouvrira la porte à une baisse plus prononcée en direction des 1,0422.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,04221,06521,09001,1000
EUR/GBP 0,85230,87860,93150,9712
EUR/CHF 1,04801,05261,06921,0797
EUR/CAD 1,49531,51431,56711,6009
EUR/JPY 114,59117,24121,44122,98

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Les annonces à suivre

Comme la semaine dernière, nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle intervention en urgence de la part des banques centrales. La Banque du Canada, qui a encore une grande marge de manœuvre au niveau des taux, avec un taux directeur à 0,75%, pourrait être contrainte de l’abaisser pour la troisième fois depuis le début du mois de mars si les données économiques confirment que le Canada est entré en récession. Du côté de la Fed, de la BCE, et de la BoE, il n’y a plus de marge de manœuvre au niveau des taux donc nous anticipons le maintien du statu quo dans les prochaines semaines.

Les statistiques qui seront publiées cette semaine, notamment le PMI manufacturier et l’IFO pour l’Allemagne, devraient montrer l’ampleur de l’impact économique du coronavirus et confirmer que la zone euro est certainement entrée en récession. L’accumulation de mauvais chiffres risque encore d’attiser l’aversion au risque et de favoriser une poursuite de l’appréciation du dollar américain.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
24/0309:30PMI manufacturier (Mars)Effondrement attendu de l’indice PMI, de 48,0 à 39,0 en l’espace d’un mois.
10:30PMI compositeLes attentes sont également à la baisse en raison de l’impact attendu du coronavirus sur l’activité économique.
25/0310:00IFO climat des affaires (Mars)Le consensus s’attend à une forte baisse de l’indice en un mois, passant de 96,0 à 88,0.
13:30Commandes de biens durables (Février)Repli attendu à -0,2% contre +0,8% précédemment.
26/0310:30Ventes au détail (Février)Consensus à +0,7% contre +0,9% le mois précédent.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Les banques centrales à la rescousse

Les banques centrales à la rescousse

L'hebdo devises du 16 mars 2020

Le point macro

La panique ambiante, qui touche à la fois les marchés financiers et l’économie réelle, a une nouvelle fois obligé les banques centrales à intervenir en urgence la semaine passée. Autour de 22h hier, heure de Paris, la Réserve Fédérale a annoncé un nouveau train de mesures impliquant une baisse du taux directeur dans une fourchette comprise entre 0% et 0,25% et la relance du programme de rachats d’actifs, aussi appelé QE. Dans le détail, la banque centrale américaine prévoit d’acheter dans les prochains mois près de 500 milliards de dollars de bons du Trésor et 200 milliards de dollars de titres hypothécaires. L’objectif est de garantir que la liquidité continue d’affluer sur le marché et d’éviter que des entreprises ne soient en difficulté pour se refinancer. L’ampleur du QE est similaire au programme de rachats d’actifs lancé de novembre 2010 à juin 2011 dans la foulée de la crise financière.
Une myriade d’autres banques centrales sont également intervenues au cours des derniers jours. Dans un effort de coordination sans précédent entre la politique monétaire et la politique budgétaire, le Royaume-Uni a annoncé une baisse de taux de 50 points de base par la Banque d’Angleterre, à 0,25%, et un plan de relance budgétaire plus conséquent que celui mis en œuvre pour faire face à la dernière grande crise financière.

La réunion de la Banque Centrale Européenne a en revanche déçu. Comme prévu, l’institution a annoncé de nouvelles mesures de liquidité, notamment afin de permettre aux entreprises de se refinancer dans les meilleures conditions possibles. Toutefois, contrairement aux attentes, le taux de dépôt n’a pas été abaissé davantage en territoire négatif. Il reste à -0,50%. La mauvaise nouvelle est surtout venue de la conférence de presse de Christine Lagarde dont la prestation a été jugée sévèrement par les acteurs de marché. En se distanciant du « Whatever it takes » de son prédécesseur Mario Draghi, elle fut en grande partie responsable du krach de la bourse jeudi dernier. L’euro a également fait les frais de l’impréparation de Christine Lagarde puisque la monnaie unique était en retrait de presque 0,7% face au dollar américain sur la séance en question.

Enfin, juste avant le week-end, la Banque du Canada a pris de court le marché des changes en annonçant une nouvelle baisse de taux, d’un demi-point, à 0,75%. Dans le même temps, le gouvernement du Premier ministre Trudeau a annoncé qu’il débloque 10 milliards CAD en crédit pour aider les entreprises canadiennes durement touchées par le COVID-19. Le pays fait partie de ceux qui risquent de sombrer en récession cette année. Il faut donc s’attendre à ce que de nouvelles baisses de taux, hors du calendrier habituel de réunion de la Banque du Canada, puissent être annoncées dans les semaines à venir.


Le point technique

Ce matin, l’euro affiche une légère hausse face au dollar américain mais la tendance reste baissière. En variation hebdomadaire, la monnaie unique a perdu près de 2,70%. Un franchissement à la baisse de la zone des 1,11, qui a déjà été enfoncée la semaine passée, constituera un nouveau signal de vente en direction des 1,10 puis des 1,09. Tant que le contexte de crise perdurera, les cambistes continueront de privilégier les valeurs refuge, ce qui signifie que le dollar américain devrait continuer son ascension face aux autres monnaies.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,09081,10001,13661,1417
EUR/GBP 0,85140,85830,89640,9229
EUR/CHF 1,03531,04881,06721,0759
EUR/CAD 1,45241,48401,55631,6082
EUR/JPY 117,01117,99120,44121,93

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Les annonces à suivre

En lien avec les récentes annonces de la Réserve Fédérale, le G7 qui doit se réunir ce jour en visioconférence devrait aboutir à une action coordonnée, a minima sur le plan sanitaire, et probablement aussi sur le plan d’une relance budgétaire. Plusieurs Etats au cours des derniers jours ont déjà annoncé des mesures de soutien. En fin de semaine dernière, les Etats-Unis ont déclaré l’état d’urgence qui ouvre la porte à des aides fédérales aux Etats et aux localités pour faire face à la crise. L’Allemagne a déjà annoncé un stimulus budgétaire massif, de l’ordre de 550 milliards d’euros. On attend également, comme l’a esquissé le président Macron, qu’un plan de relance pour la France soit dévoilé dans les prochains jours pour aider les entreprises à faire face au choc résultant de la crise sanitaire actuelle.

En outre, les différentes statistiques des deux côtés de l’Atlantique, en particulier l’indice ZEW allemand et l’indice manufacturier de la Fed de Philadelphie, vont permettre de déterminer l’ampleur de l’impact économique du coronavirus qui représente à la fois un choc d’offre mais également un choc sur la demande.

La réunion de la Réserve Fédérale initialement prévue ce mercredi est annulée.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
17/0311:00Indice ZEW du sentiment économique (Mars)Sans surprise, l’impact du coronavirus sur le sentiment économique devrait être majeur. Un nouveau repli est attendu.
18/0319:00Réunion du FOMC de la Fed et mise à jour des prévisions économiques.Les attentes sont très élevées puisque le marché table sur une baisse des taux de 75 points de base.
19/0313:30Indice manufacturier de la Fed de Philadelphie (Mars)Effondrement attendu de l’indicateur qui devrait passer de 36,7 en février à 10,0 en mars essentiellement sous l’effet du choc sur l’offre en lien avec le coronavirus.
20/0315:00Ventes de logements existants (Février)Le consensus table sur une légère hausse à 5,52M contre 5,46M précédemment.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


L'Euro prend son envol

L'Euro prend son envol

L'hebdo devises du 9 mars 2020

Le point macro

Le communiqué de la Banque du Canada accompagnant sa décision de baisser son taux directeur de 50 points de base a parfaitement résumé les risques qui pèsent sur la croissance : « Du fait de l’expansion géographique du coronavirus, la confiance du consommateur et des entreprises va se dégrader, accentuant les risques baissiers sur la dynamique de croissance ».

En l’espace d’une semaine, nous avons assisté à un revirement spectaculaire des banques centrales. Alors qu’elles avaient été jusqu’à présent prudentes concernant l’effet économique du coronavirus, elles ont décidé, de façon plus ou moins coordonnée, d’intervenir massivement pour soutenir la croissance et éviter une hausse des coûts de refinancement qui pourrait conduire certaines PME et ETI à faire faillite. Les banques centrales veulent éviter à tout prix que des secteurs d’activité qui subissent à la fois un choc d’offre et un choc sur la demande du fait du virus, comme l’aérien ou le tourisme, ne soient confrontés à des banqueroutes en série.

La Réserve Fédérale (Fed) a abaissé en urgence son taux directeur de 50 points de base, ce qui n’était plus arrivé depuis octobre 2008, suivie par la Banque du Canada (BoC) et la Banque centrale australienne. De son côté, la Banque du Japon a accentué ses rachats d’actifs (via des ETFs, des fonds indiciels cotés) et la banque centrale chinoise a augmenté son approvisionnement en liquidité au marché.

En période de crise, on a tendance à d’abord regarder l’évolution du dollar index qui mesure la valeur du dollar US face à ses principales contreparties. Sur la semaine écoulée, le dollar index a perdu près de 1,4%. Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, le dollar américain n’a pas bénéficié de son statut de valeur refuge. Le repli du dollar index s’explique par la baisse des taux décidée la semaine dernière par la Fed et par les anticipations du marché concernant une nouvelle baisse de taux de l’ordre de 50 points de base qui pourrait être annoncée prochainement.

Dans ce contexte, les autres monnaies ont retrouvé un certain attrait. L’euro a largement bénéficié de l’affaiblissement du dollar, avec une progression de l’ordre de 2,3% en l’espace de cinq séances. L’euro restait aussi bien orienté face au dollar canadien qui était pénalisé par la baisse des taux de la BoC (+2,2%) et face à la livre sterling du fait du retour des craintes concernant le Brexit (+0,9%). Selon la dernière enquête publiée par la Banque d’Angleterre, 76% des entreprises interrogées s’attendent à ce que l’incertitude liée au Brexit perdure au moins jusqu’en 2021, contre 59% en janvier.

En revanche, la monnaie unique restait stable face au yen japonais et en léger repli face au franc suisse (-0,3%), ce qui prouve une nouvelle fois que les interventions sur les changes de la Banque Nationale Suisse afin de freiner l’appréciation du CHF sont loin d’être couronnées de succès.


Le point technique

De notre point de vue, le mouvement de hausse de l’euro repose sur un feu de paille. Il ne traduit pas un retour de la confiance des cambistes dans la zone euro, mais plutôt une défiance à l’égard du dollar du fait du cycle de baisse de taux attendu du côté de la Fed.

L’analyse technique confirme que l’euro est en zone de surachat, ce qui ouvre la porte à une consolidation voire à une correction en fonction des annonces qui vont être communiquées concernant la propagation du coronavirus. Il faut surtout s’habituer dans les semaines à venir au retour de la volatilité, avec des amplitudes de fluctuation sur les paires en EUR que nous n’avions plus vues depuis des années.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,10001,10901,14001,1458
EUR/GBP 0,82240,84140,88320,9135
EUR/CHF 1,05481,05971,06841,0721
EUR/CAD 1,47251,48161,52041,5755
EUR/JPY 114,18116,86120,71122,24

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Les annonces à suivre

Un des paramètres qui va avoir une grande influence sur l’évolution de l’euro cette semaine sera la réunion de la BCE prévue ce jeudi. Contrairement aux autres banques centrales majeures, la BCE s’est abstenue jusqu’à présent de sur-réagir au risque économique et financier posé par le coronavirus. Cependant, elle ne pourra pas faire l’autruche bien longtemps.

En ligne avec l’OCDE, la BCE devrait revoir drastiquement à la baisse sa prévision de croissance pour 2020. En se basant sur les données du quatrième trimestre 2019 et les indicateurs plus récents témoignant des conséquences du coronavirus, la prévision de croissance devrait être abaissée sous 1%, probablement dans une fourchette comprise entre 0,5% et 0,8%.

En outre, la BCE pourrait bien devoir baisser ses taux dès cette semaine, bien qu’à contrecœur, afin de gagner du temps pour mettre en place un programme de prêts d’urgence ciblé pour les PME/ETI. La réaction des marchés à la baisse des taux de la Fed a montré qu’une action sur les taux n’est pas la panacée. Cependant, c’est le seul outil que la BCE peut actionner en urgence afin de montrer qu’elle n’est pas passive face à la crise sanitaire. La facilité de crédit d’urgence devrait être annoncée dans les semaines à venir et s’inspirer d’un dispositif similaire qui avait été actionné en 2011.

La séance de jeudi sera marquée par une forte volatilité sur les paires en EUR. A ce stade, nul n’est en mesure de prévoir la réaction des cambistes aux éventuelles annonces de Christine Lagarde. Face à un risque exogène tel que le coronavirus, il y a une grande part d’irrationalité sur le marché des changes. Il faudra donc absolument penser à se couvrir contre des mouvements incertains sur les paires en euro.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
11/03MatinéePrésentation du budget au ParlementLe marché s’attend à un budget de relance budgétaire pour faire face aux aléas du Brexit.
12/0313:45Publication du communiqué de la BCELa probabilité d’une baisse des taux de l’ordre de 10 points de base est évaluée à 90% par le marché.
14:30Conférence de presse de Christine LagardeChristine Lagarde devrait évoquer des mesures supplémentaires, notamment afin d’éviter des difficultés de refinancement aux PME/ETI.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


L'Euro reprend son souffle

L'Euro reprend son souffle

L'hebdo devises du 2 mars 2020

Le point macro

L’euro a repris son souffle la semaine passée avec une hausse de près de 1,8% face au dollar américain alors que la panique boursière liée au coronavirus s’est intensifiée. La hausse de l’euro est quasi généralisée face aux principales monnaies. Ainsi, le taux de change de l’euro pondéré en fonction des échanges commerciaux, qui est surveillé de près par la Banque Centrale Européenne, a rebondi de près de 2,5%, atteignant un point haut depuis quatre mois. Le rebond de l’euro s’explique par la baisse du risque politique en Allemagne lié à la succession d’Angela Merkel, et également par la baisse de près de 15% du prix du baril de pétrole depuis le début de l’année qui devrait apporter un soutien à l’économie européenne.

Ajoutons que le rebond de l’euro reflète aussi un affaiblissement du dollar américain. La monnaie des Etats-Unis a été directement pénalisée ces dernières séances par la chute du taux de rendement des obligations américaines et par les anticipations de baisse des taux par la Réserve Fédérale. Alors qu’il y a encore quelques semaines de cela, la grande majorité des cambistes tablait sur une réunion les 17 et 18 mars aboutissant à un statu quo au niveau des taux, désormais près de 70% des intervenants de marché prévoient une baisse des taux de l’ordre de 25 points de base pour contrer les conséquences économiques du coronavirus sur la chaîne de production.

Comme c’est toujours le cas en période de crise et de choc exogène, les banques centrales sont sur le devant de la scène. Pour l’instant, le discours est quasiment identique du côté de la Réserve Fédérale (Fed), de la Banque Centrale Européenne (BCE) et de la Banque d’Angleterre (BoE). Il est encore trop tôt pour estimer l’effet économique de la crise sanitaire, mais il est probable que les prévisions de croissance pour 2020 soient revues à la baisse, ouvrant potentiellement la porte à des mesures monétaires de soutien.

De notre point de vue, seule une action de la Réserve Fédérale serait prompte à rétablir temporairement un semblant de sérénité sur le marché. La Banque Centrale Européenne et la Banque d’Angleterre devraient pour l’instant s’abstenir d’intervenir. L’impact économique négatif du coronavirus outre-Manche devrait être en partie compensé par le plan de relance budgétaire qui devrait être présenté par le gouvernement britannique le 11 mars prochain. En ce qui concerne la BCE, une nouvelle baisse des taux aurait assez peu de justification économique étant donné que les taux sont déjà à un niveau plancher. Si la situation économique dégénère, ce qui n’est pas encore le scénario de base, une des options sur la table serait d’ajuster le programme de rachats d’actifs afin d’accroître les rachats d’obligations d’entreprises, notamment de celles étant directement affectées par le choc d’offre et le choc sur la demande résultant du coronavirus.


Le point technique

La question qui se profile en ce début de semaine est de savoir si le rebond de l’euro est durable. Les indicateurs techniques indiquent que l’euro est dans une zone de surachat, ce qui n’est pas surprenant au regard du positionnement extrême des traders sur de nombreuses devises. De fait, nous anticipons plutôt une consolidation sous le seuil des 1,1000 cette semaine à condition que le dollar index se stabilise. Il est évident que le marché des changes restera encore très volatile et que les cours des paires en EUR vont évoluer au gré des annonces entourant le coronavirus.

Techniquement, les seuils à surveiller cette semaine pour l’EURUSD sont le support à 1,0865, qui correspond au point bas de la troisième semaine de février, et la zone de résistance autour de 1,1100. Il s’agit d’un range large étant donné le risque de forte volatilité.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,07961,08651,11041,1217
EUR/GBP 0,82220,82970,86250,8700
EUR/CHF 1,05761,05941,06721,0719
EUR/CAD 1,42831,43301,49001,5083
EUR/JPY 117,37119,20122,13123,23

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Les annonces à suivre

Au niveau des annonces économiques, la réalité, c’est que les chiffres qui vont ponctuer la semaine, y compris l’emploi américain, vont complètement passer en arrière-plan du fait du coronavirus. Il faudra attendre la semaine prochaine pour commencer à avoir des données portant sur le mois de mars et reflétant avec plus d’exactitudes l’impact économique du coronavirus au niveau mondial. Il y a fort à craindre également que le mois de mars soit marqué par des ruptures dans la chaîne d’approvisionnement qui touchent directement l’Europe et les Etats-Unis et qui pourraient de nouveau créer de la panique sur les marchés.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
02/0309:55PMI manufacturier (Février)Le marché s’attend à un faible repli, à 45,2 contre 45,3.
16:00ISM manufacturier (Février)Retour en contraction attendu à 49,8. Le point d’importance sera de savoir si ce repli est lié à al crise du coronavirus.
04/0314:15Enquête ADP (Février)La dynamique de créations d’emplois est attendu en ralentissement à 191k le mois dernier.
16:00ISM non manufacturier (Février)Très bonne tenue du secteur des services avec un indice prévu à 55,5.
16:00Réunion de la banque centraleLa seule réunion de banque centrale de la semaine devrait aboutir à un maintien des taux inchangés à 1,75%.
06/0314:30Rapport sur l’emploi américain (Février)En ligne avec l’enquête ADP, le rapport NFP devrait confirmer un ralentissement de la dynamique de l’emploi en février, avec un chiffre à 178k contre 225k précédemment. Le taux de chômage devrait être stable à 3,6%.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Pire début d'année pour l'Euro depuis 2015

Pire début d'année pour l'Euro depuis 2015

L'hebdo devises du 24 février 2020

Le point macro

L’euro affiche son plus mauvais début d’année face au dollar américain depuis 2015. Sur la semaine dernière, la monnaie unique a encore creusé ses pertes (-0,2%), soit une baisse de près de 3,6% depuis janvier. La chute de l’euro est généralisée depuis début 2020 face aux principales paires de devises et s’explique essentiellement par deux facteurs : le retour du risque politique en Europe concernant la succession de la chancelière allemande (on parle de hausse de la prime de risque) et surtout les anticipations que la zone euro figure parmi les zones économiques les plus fortement impactées par le ralentissement chinois résultant de l’épidémie de coronavirus. Ces craintes ne sont pas encore corroborées par les statistiques.

Les PMI flash pour février en Allemagne et en France sont ressortis meilleurs que prévu. Le PMI manufacturier allemand a atteint un point haut de 13 mois à 47,8 tandis que le PMI composite français s’est inscrit à 52,6 avec une forte progression du secteur des services. Il est certainement encore beaucoup trop tôt pour vraiment percevoir les conséquences du coronavirus sur la chaîne de production et d’approvisionnement. Pour l’Europe, ce seront les statistiques qui seront publiées en mars qui devraient vraiment révéler l’ampleur de l’impact économique. A ce stade, les cambistes sont surtout dans un mouvement de surréaction voire de panique, entrainant une baisse excessive de l’euro face aux autres monnaies et particulièrement face aux valeurs refuges.

Face à l’incertitude économique, le dollar reste la monnaie la plus recherchée sur le marché des changes. Le dollar index, qui mesure la valeur de l’USD par rapport à un panier de devises majeures, évolue désormais proche du niveau de 100, une première depuis avril 2017. Le franc suisse a également les faveurs des cambistes. La paire EURCHF a continué de perdre du terrain lors de la semaine dernière, avec un repli de 0,20%, soit une contre-performance de 2,30% depuis le début de l’année. La baisse de l’euro aurait certainement été beaucoup plus conséquente face au CHF ces dernières semaines s’il ne fallait pas compter avec les interventions régulières sur les changes de la Banque Nationale Suisse (BNS). Depuis mi-janvier, cette dernière a massivement racheté des euros pour limiter l’appréciation du CHF mais, contrairement à l’été dernier, ses interventions ne sont pas couronnées de succès. La paire évolue désormais proche du seuil des 1,06 et les pressions à la baisse continuent d’augmenter du fait du contexte international. La BNS n’a certainement pas dit son dernier mot mais il apparait évident qu’elle maitrise de moins en moins le taux de change du CHF.


Le point technique

Les indicateurs techniques confirment que l’euro a fait les frais de ventes massives ce qui, en théorie, peut ouvrir la porte à un rebond technique mais, en l’état actuel des choses, il y a peu de chances qu’il se produise. Le marché des changes est en train de réévaluer à la hausse le coût économique de l’épidémie de coronavirus, ce qui est négatif pour l’euro. La paire EURUSD est en phase de consolidation autour du niveau des 1,08 mais un nouvel excès baissier n’est pas exclu dans les séances à venir vers les 1,0740.

Le même schéma négatif prévaut pour l’EURCHF. Lors de la semaine passée, l’euro a trouvé une zone de soutien éphémère autour des 1,0620 mais elle n’a pas résisté longtemps aux pressions vendeuses. Si la paire chute durablement sous les 1,06, les cambistes auront pour prochain objectif la zone psychologique des 1,05, ce qui compliquerait d’autant plus la tâche de la BNS.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,07401,07861,09171,1002
EUR/GBP 0,81580,82300,84390,8576
EUR/CHF 1,05481,05931,06981,0758
EUR/CAD 1,41951,42741,45081,4664
EUR/JPY 117,90118,40121,00122,32

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Les annonces à suivre

Comme ce fut le cas la semaine passée, la thématique du coronavirus devrait rester le marqueur principal du marché des changes dans les séances à venir. Les statistiques vont être passées en arrière-plan, même si l’indice IFO, attendu ce matin, pourrait donner quelques indications sur les anticipations des investisseurs allemands concernant l’impact du coronavirus. Le consensus table sur un repli limité à 95,1. Il est probable que l’euro réagisse à cette annonce. A moins d’une bonne surprise venue de Chine, les prochaines semaines devraient être rythmées par des statistiques décevantes et un repli continu sur les valeurs refuges.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
24/0210:00Indice IFO du climat des affaires (Février)Baisse attendue à 95,1 sous l’effet des inquiétudes concernant le coronavirus.
25/0216:00Confiance des consommateurs du Conference Board (Février)L’indice devrait encore continuer d’augmenter à 132,4 sous l’effet d’un marché de l’emploi bien orienté et de la bonne tenue de la bourse.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


L'euro s'effondre

L'euro s'effondre

L'hebdo devises du 17 février 2020

Le point macro

Série noire pour l’euro. La monnaie unique a affiché des pertes importantes face à ses principales contreparties lors de la semaine dernière. L’euro a atteint un point bas depuis juin 2016 face au franc suisse et un plus bas depuis 2017 face au dollar américain. Tous les paramètres étaient au rouge pour l’euro. L’accroissement du risque politique en Europe ainsi que les inquiétudes concernant l’impact économique du coronavirus sur le Vieux-Continent ont poussé les cambistes se positionner vendeur sur l’EUR.

A la surprise générale, le risque politique est venu d’Allemagne. La successeur désignée de la chancelière Angela Merkel, surnommée AKK, a décidé de jeter l’éponge, ce qui ouvre la porte à une longue compétition au sein du parti au pouvoir, la CDU, pour trouver un remplaçant. Alors que l’Allemagne a été au cours des dernières années un facteur de stabilité en Europe, elle est en passe de devenir un facteur d’instabilité et d’incertitudes du fait des récents déboires économiques et du retrait prochain d’Angela Merkel.

A cela, il faut aussi ajouter les inquiétudes renouvelées de la part des cambistes concernant l’impact économique du coronavirus. Même s’il est encore trop tôt pour mesurer avec exactitude les conséquences négatives pour la croissance, les investisseurs considèrent déjà que l’Europe, du fait de sa forte dépendance aux exportations vers la Chine, pourrait être la zone géographique la plus pénalisée par la crise sanitaire actuelle. Alors qu’il y a encore quelques semaines de cela, tout le monde anticipait que la Banque Centrale Européenne (BCE) maintienne sa politique monétaire inchangée tout au long de l’année 2020, le marché anticipe désormais de nouvelles mesures de soutien qui pourraient intervenir dès le mois de mars prochain. Nous ne partageons pas cette vision des choses. Une action dès le mois de mars parait prématurée. A cette occasion, la BCE pourrait revoir ses prévisions de croissance pour 2020 à la baisse, en lien avec le coronavirus, mais elle devrait attendre d’avoir les statistiques de février et de mars, notamment les enquêtes d’opinion auprès des chefs d’entreprises, avant de décider de l’opportunité éventuelle de nouvelles mesures. Si action de la BCE il devait y avoir, celle-ci devrait avoir lieu au plus tôt en avril prochain.

L’euro a également été pénalisé par le rallye de la livre sterling. La monnaie britannique a connu une envolée de près de 2% en variation hebdomadaire suite à la démission du chancelier de l’Echiquier (équivalent du ministre des Finances) et à son remplacement par Rishi Sunak, un ancien de la City apprécié des milieux d’affaires. Le marché a vu dans ce changement politique le signe que le Premier ministre Boris Johnson souhaite reprendre en main le ministère des finances afin de mener une politique budgétaire de relance qui devrait être présentée le 11 mars prochain. Les cambistes considèrent que le Premier ministre britannique va adopter une politique économique « trumpiste » consistant à abaisser la fiscalité et à accentuer les dépenses, notamment dans le domaine des infrastructures, afin de surmonter le risque économique posé par le Brexit. Cette analyse est assez cohérente et fait écho aux informations que nous avons pu glaner auprès des diplomates britanniques à Bruxelles.


Le point technique

Notre objectif à 1,09 sur l’EUR/USD a été atteint la semaine dernière. Du point de vue de l’analyse technique, tous les indicateurs sont unanimes, l’euro a été survendu. Autrement dit, nous n’excluons pas un rebond technique éphémère dans les séances à venir en direction de la zone de résistance des 1,0893-1,09. La tendance de fond reste cependant baissière en direction des 1,07. Comme nous l’avons indiqué lors du déclenchement de la crise du coronavirus, tant que l’incertitude économique perdurera, l’euro continuera de perdre du terrain face aux valeurs refuges (USD, JPY et CHF).

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,06391,06851,10481,1150
EUR/GBP 0,80440,82060,85540,8614
EUR/CHF 1,05681,06301,07301,0762
EUR/CAD 1,41331,42781,46701,4779
EUR/JPY 117,00117,94120,89121,64

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Les annonces à suivre

La semaine qui s’annonce devrait confirmer nos attentes. Les premiers indicateurs allemands pour le mois de février (indice ZEW et PMI manufacturier) sont attendus en baisse du fait des inquiétudes concernant l’impact économique du coronavirus. Tout porte à croire que la récession industrielle en Allemagne devrait continuer sur le premier trimestre 2020. Le sentiment négatif des cambistes à l’égard de l’euro devrait être renforcé par les statistiques européennes prévues cette semaine.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
18/0211:00Indice ZEW du sentiment économique (Février)Baisse attendue à 20,4 sous l’effet des inquiétudes concernant le coronavirus.
19/0220:00Compte-rendu de la dernière réunion du FOMC.Les attentes sont faibles étant donné que la Fed est sur statu quo.
20/0213:30Compte-rendu de la dernière réunion de la BCE.Les discussions devraient essentiellement concerner les paramètres de la revue stratégique avec un impact marginal sur les taux de change.
21/0209:30PMI manufacturier (Février)Baisse attendue à 44,8 contre 45,3 précédemment.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


L'euro flanche

L'euro flanche

L'hebdo devises du 10 février 2020

Le point macro

L’euro connait un mauvais démarrage 2020 face aux valeurs refuge. Depuis le 1er janvier, la monnaie unique a perdu 2,30% face au dollar américain, 1,50% face au franc suisse et 1,30% face au yen japonais. Comme nous l’anticipions, la semaine passée a confirmé que le principal baromètre du marché reste l’évolution de la perception du risque en lien avec le coronavirus chinois. Les estimations se succèdent pour essayer d’estimer l’impact économique de la crise sanitaire mais, à ce stade, ces estimations sont considérées comme peu fiables faute d’accès aux données chinoises. En effet, la Chine a annoncé reporter de plusieurs semaines la publication de la plupart de ses statistiques, notamment concernant la balance commerciale.

L’euro a aussi été pénalisé par des chiffres médiocres en Europe. Les commandes industrielles en Allemagne ont affiché leur plus fort repli depuis 2009. En variation annuelle, la contraction est de 8,7% et, en variation mensuelle, elle atteint 2,1%. En outre, la fin d’année 2019 a aussi été marquée par un ralentissement en France, avec un effondrement de la production manufacturière en décembre de -2,6%. Même si l’Europe apparait moins exposée aux aléas du coronavirus que l’Asie, les investisseurs restent sceptiques sur les perspectives de croissance pour le Vieux-Continent en 2020.

A l’inverse, l’économie américaine reste toujours bien orientée, en particulier le marché de l’emploi. L’enquête ADP a confirmé la création de 291 000 emplois en janvier tandis que le rapport NFP, plus surveillé par les cambistes, a affiché un résultat honorable, mais inférieur au consensus, à 225 000 nouveaux postes. L’économie américaine a connu déjà 112 mois consécutifs de hausse de l’emploi. La dynamique toujours positive conforte la stratégie de statu quo de la Réserve Fédérale américaine.

La semaine passée a aussi été marquée par un rééquilibrage de la paire EUR/GBP. La monnaie unique a grimpé de près de 0,80% du fait du retour des inquiétudes à propos des négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE à 27. Même si le positionnement des traders reste massivement à l’achat sur le GBP (Rapport Commitment of Traders), le risque politique va certainement aboutir dans les semaines et dans les mois à venir à des regains de tension temporaires sur la paire qui pourraient profiter à l’euro. La principale zone de risque que nous avons identifiée se situe sur la période juin/juillet 2020 qui correspond à la date limite imposée à Londres pour demander une extension de la période de transition.


Le point technique

Du point de vue de l’analyse technique, les dernières séances confirment sans conteste notre biais baissier sur l’EUR/USD. La paire a connu cinq semaines de baisse sur les six dernières semaines. La cassure des moyennes mobiles à 50 jours et à 200 jours ainsi que le maintien élevé de l’aversion au risque ont conduit à des mouvements de vente massive. Notre prochain objectif se situe désormais à 1,09. La baisse conséquente de l’euro pourrait de nouveau conduire le président Trump à s’attaquer à la BCE et à accuser l’Europe de manipuler sa monnaie. Il faudra donc rester vigilant dans les séances à venir concernant toute prise de parole intempestive du locataire de la Maison Blanche.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,09001,09401,11311,1166
EUR/GBP 0,83250,83630,85260,8626
EUR/CHF 1,05521,06251,07301,0770
EUR/CAD 1,42041,44111,47561,4825
EUR/JPY 119,50119,87120,52120,80

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Les annonces à suivre

L’agenda économique de cette semaine est particulièrement peu étoffé.. Les réunions des banques centrales sont désormais derrière nous tout comme les statistiques majeures, notamment l’emploi américain. Le seul chiffre à surveiller du coin de l’oeil concernera le PIB allemand au quatrième trimestre qui sera publié le 14 février. Son impact sur le marché des changes devrait être très faible. L’Allemagne a pour particularité de publier son estimation de croissance annuelle, avant son estimation de croissance pour le quatrième trimestre. Nous savons déjà que l’économie allemande a connu une année 2019 médiocre (+0,6%) donc le PIB au quatrième trimestre sera un non-évènement.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
13/0214:30IPC core (Janvier)Hausse attendue à 0,2% en variation mensuelle.
14/0208:00PIB (T4)Consensus à 0,1%.
14:30Ventes au détail (Janvier)Hausse à 0,3% en variation mensuelle.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Les monnaies refuge ont la cote

Les monnaies refuge ont la cote

L'hebdo devises du 03 février 2020

Le point macro

Sur le mois écoulé, l’euro a affiché une chute généralisée face à ses principales contreparties, en particulier face aux valeurs refuges (dollar américain, yen japonais et franc suisse). L’amplitude de la baisse mensuelle va de près de 1,6% face au dollar et au franc suisse à 0,4% face à la livre sterling. Seul l’EUR/CAD est en territoire positif.

Le marqueur principal en ce début d’année sur le marché des changes est le risque géopolitique qui a pris plusieurs formes : tensions au Moyen-Orient début janvier, puis craintes économiques en lien avec le coronavirus chinois. Tant que la crise sanitaire n’est pas endiguée, nous nous attendons à ce que l’euro continue de s’affaiblir face aux valeurs refuges. Les cambistes sont encore très indécis sur le coût économique final que pourrait avoir le coronavirus mais, si on en juge par l’épidémie de SRAS en 2003, il faut s’attendre à un choc négatif sur la croissance chinoise et la croissance mondiale assez conséquent mais de courte durée, tout au plus un trimestre.
Le coronavirus a complètement éclipsé les bonnes nouvelles qui ont ponctué l’actualité économique ces derniers jours, notamment en zone euro. Les indicateurs du mois de janvier pour l’Allemagne, l’Italie et la France confirment un rebond de la croissance. La consommation et le secteur manufacturier sont ressortis en hausse sur le premier mois de l’année en Italie. En outre, on observe de plus en plus de signaux positifs outre-Rhin avec une amélioration du sentiment économique à la fois au niveau des consommateurs et des chefs d’entreprise dans le secteur manufacturier.

Au niveau des banques centrales, tout était conforme à nos attentes. La Réserve Fédérale américaine a maintenu sa politique monétaire inchangée, soulignant la nécessité de surveiller de près les conséquences du coronavirus. En fonction de l’évaluation économique de la crise sanitaire, nous pourrions assister à une baisse de taux aux Etats-Unis de 25 points de base au mois de mars. Enfin, la Banque d’Angleterre a également maintenu son taux directeur stable à 0,75%, en révisant légèrement à la baisse ses attentes en termes de croissance. Cette décision a été prise à une large majorité au sein du comité de politique monétaire. La politique monétaire britannique est en mode pilotage automatique au moins jusqu’à mars prochain, lorsque le nouveau gouverneur de la Banque d’Angleterre prendra ses fonctions.


Le point technique

Au regard des facteurs graphiques, la tendance est toujours à la baisse sur la paire EUR/USD. Pour l’instant, la monnaie unique est dans un jeu d’équilibriste entre son support situé à 1,0990 et sa résistance à 1,1089. Des mauvaises nouvelles sur le front du coronavirus pourraient conduire à un test du support. En cas de cassure, le signal baissier serait majeur et nous pourrions envisager une extension de la baisse en direction des 1,0955.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,09551,09901,10891,1153
EUR/GBP 0,82940,83630,85280,8623
EUR/CHF 1,05571,06451,07631,0819
EUR/CAD 1,43601,44281,46841,4846
EUR/JPY 119,13119,80121,75123,04

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Les annonces à suivre

La semaine qui débute sur le marché des devises sera certainement très semblable à celle qui vient de se terminer. Les échanges sur les devises seront rythmés par l’évolution de la perception du risque en lien avec les informations à propos du coronavirus. Selon le programme présenté par les autorités chinoises, l’activité économique devrait très progressivement reprendre son cours normal à partir de cette semaine. Toutefois, certains grands centres industriels et financiers risquent d’être fermés plus longtemps que prévu. Ainsi, la ville de Suzhou, qui est un centre manufacturier majeur, ne devrait sortir de la quarantaine que le 8 février prochain. Pendant ce lapse de temps, tout porte à croire que les monnaies refuges vont continuer d’être celles affichant les meilleures performances sur le marché.

Le coronavirus risque de placer en arrière-plan les chiffres américains, notamment le rapport sur l’emploi pour janvier qui sera communiqué ce vendredi. Le consensus table sur des créations d’emplois en progression à 156k mais, comme on l’a compris lors de la conférence de presse de J. Powell mercredi dernier, le baromètre que suivra la Réserve Fédérale américaine dans les deux prochains mois n’est pas l’emploi américain mais le contexte international, sous-entendu l’effet économique de la crise sanitaire.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
03/0215:00ISM manufacturier (Janvier)Léger rebond attendu à 48 mais l’indice reste nettement en contraction.
05/0214:15Enquête ADP (Janvier)Recul des créations d’emplois à 155k.
16:00ISM non manufacturier (Janvier)Confirmation de la bonne orientation du secteur des services avec un indice attendu en hausse à 55,1.
07/0214:30Rapport NFP (Janvier)Le taux de change est attendu inchangé à 3,5% avec des créations d’emplois en progression à 156k.

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La BNS échoue à stabiliser le Franc Suisse

La BNS échoue à stabiliser le Franc Suisse

L'hebdo devises du 27 janvier 2020

Le point macro

L’EUR/CHF a poursuivi sa dépréciation la semaine passée malgré les interventions de la Banque Nationale Suisse (BNS). La paire a perdu près de 0,10% et continue d’être sous le seuil symbolique des 1,08. Il semble que la BNS n’ait pas réussi à endiguer la flambée du franc malgré les rachats d’euros effectués sur le marché au cours de quinze derniers jours. En se basant sur les dépôts à vue auprès de la BNS, les montants rachetés sont du même ordre de grandeur que ceux ayant eu lieu au cours de l’été 2019. Il est probable que les interventions de la banque centrale vont s’intensifier dans les prochains jours afin d’éviter un franchissement du seuil des 1,07.

L’euro a également perdu du terrain face au dollar (-0,4% sur les cinq dernières séances) en raison d’inquiétudes concernant les retombées économiques du coronavirus chinois. La réunion de la BCE était un non-évènement. Sa présidente, Christine Lagarde, a ouvert un chantier d’un an qui va permettre de revoir la stratégie de la banque centrale, ses instruments et son mandat. La conclusion qu’on doit en tirer à ce stade c’est que la BCE va maintenir sa politique monétaire inchangée pendant une grande partie de l’année 2020. Les bons indicateurs économiques publiés en fin de semaine dernière n’ont pas apporté de soutien à l’euro malgré le rebond constaté du secteur des services et du secteur manufacturier en Allemagne.

Enfin, l’EUR/CAD a fini la semaine sur une note stable. La réunion de la Banque du Canada (BoC) a surpris plus d’un observateur. La banque centrale a maintenu son taux directeur inchangé mais a adopté un discours plus négatif sur les perspectives de croissance, ce qui pourrait ouvrir la porte à une prochaine baisse des taux. La prévision de croissance pour le quatrième trimestre 2019 a été revue à la baisse drastiquement de 1,3% à 0,3%. Elle a également mis en avant que certains facteurs pourraient nuire à l’activité en 2020, notamment la baisse de l’investissement des entreprises et la hausse du taux d’épargne qui semble indiquer que les ménages canadiens sont en train de constituer une épargne de précaution. En ce qui concerne les exportations, elles devraient soutenir à la marge l’activité. La BoC est, à ce jour, l’une des seules banques centrales des pays développés à ne pas avoir baissé ses taux depuis l’inflexion amorcée début 2019.


Le point technique

Du point de vue de l’analyse technique, la tendance baissière sur l’EUR/USD est réaffirmée. La paire a cassé les deux zones de support situées à 1,11 et à 1,1070 et devrait continuer sur sa lancée. Le momentum est clairement à une extension de la baisse avec un prochain test des 1,0980.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,09431,09801,11461,1203
EUR/GBP 0,83160,84260,85850,8645
EUR/CHF 1,06631,06981,08001,0868
EUR/CAD 1,44131,44521,45561,4621
EUR/JPY 119,00119,66122,81123,48

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Les annonces à suivre

Cette semaine, l’attention se portera sur l’Allemagne et sur le Royaume-Uni. Les opérateurs de marché essaieront d’avoir confirmation du rebond de l’économie allemande en ce début d’année avec la publication de l’indice IFO du climat des affaires qui est annoncé en nette progression à 97,1 contre 96,3 précédemment. Un bon chiffre viendrait confirmer le scénario d’un rebond global en zone euro.

En outre, c’est la première fois depuis plusieurs années que la réunion de la Banque d’Angleterre soulèvera un intérêt de la part du marché. Les opérateurs sont très divisés sur l’opportunité d’une baisse des taux dès la réunion de cette semaine. 51,3% des personnes interrogées s’attendent à une baisse des taux de l’ordre de 25 points de base tandis que 48,7% prévoient le maintien des taux inchangés. Nous pensons que le Comité de politique monétaire sera aussi divisé que les opérateurs de marché et que la décision finale sur les taux se jouera à une ou deux voix. De notre point de vue, les récentes statistiques britanniques plaident plutôt en faveur du statu quo. Les indicateurs PMI qui ont été publiés vendredi dernier sont ressortis en net rebond avec un indicateur PMI services à 52,9, un PMI manufacturier à 49,8 et un PMI composite à 52,4. Dans les trois cas, les chiffres sont supérieurs à ceux attendus par le consensus. En se basant sur ces données, la Banque d’Angleterre n’est pas dans l’urgence d’assouplir sa politique monétaire afin de faire face à l’incertitude du Brexit.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
27/0110:00IFO climat des affaires (Janvier)Hausse attendue à 97,1 contre 96,3 précédemment.
28/0116:00Confiance des consommateurs du Conference Board (Janvier)Progression à 127,2 contre 126,5 précédemment.
29/0120:00Réunion de politique monétaire suivie par la conférence de presse de J. Powell à partir de 20:30Aucun changement à prévoir au niveau de la politique monétaire.
30/0113:00Réunion de politique monétaireLe marché est très divisé sur l’opportunité d’une baisse des taux.
14:30PIB trimestriel (T4)Dernière lecture attendue à 2,1%.

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