Pas de surprise

Pas de surprise

L'hebdo devises 13 septembre 2021

Le point macro

La semaine dernière, les banques centrales ont réagi conformément aux attentes, d’où une volatilité réduite sur les principales paires du marché des devises. La Banque Centrale Européenne a maintenu sa politique monétaire inchangée tout en révisant à la hausse ses prévisions macroéconomiques. L’enveloppe globale des rachats d’actifs est inchangée. En revanche, le volume mensuel de rachats est réduit à court terme étant donné l’amélioration des conditions économiques et financières. En effet, il n’y a aucune tension particulière sur les marchés financiers. Les entreprises et les Etats lourdement endettés peuvent se financer à très bas taux afin de faire rouler leur dette. Les sujets de frictions entre membres du Conseil des gouverneurs de la banque centrale seront évoqués plus tard. Il s’agit en particulier de la suite à donner aux mesures monétaires d’urgence qui ont été mis en place dès mars 2020 et qui arrivent à expiration au début de l’année 2022.

Aucune surprise non plus du côté de la Banque du Canada qui a maintenu sa politique monétaire en l’état, comme l’anticipaient les cambistes. Le principaux taux directeur est à un point bas de 0,25%. Le programme de rachats d’actifs continue au même rythme, à 2 milliards de CAD par semaine. Un ajustement à la baisse pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’année selon le consensus des économistes. La banque centrale ne voulait pas interférer avec l’élection générale qui a lieu le 20 septembre prochain. L’impact de la réunion a été marginal sur l’EUR/CAD.

Sur le front macroéconomique, les statistiques qui ont été publiées au cours des dernières séances ont confirmé les grandes tendances esquissées depuis le printemps dernier. En Europe, les difficultés au niveau de la chaîne d’approvisionnement et la hausse du prix des matières premières continuent de pénaliser l’activité économique, surtout le secteur de la construction. Dans la plupart des grands pays européens, à l’exception notable du Royaume-Uni, l’activité dans le secteur de la construction était en contraction en août. Malgré tout, les perspectives restent bonnes. Le secteur de la construction est souvent surveillé de très près, car c’est un bon baromètre avancé de l’économie, particulièrement dans le cas français.

Aux Etats-Unis, le marché du travail reste toujours sur une bonne dynamique. Selon l’enquête JOLTS (Job Openings and Labor Turnover Survey) qui est publiée avec décalage et porte sur le mois de juillet, les nouveaux postes à pouvoir ont atteint un record, à 10 934 000 contre un consensus à 10 030 000. Ce record a été atteint avant que la nouvelle vague de la Covid ne survienne et que beaucoup d’employeurs commencent à demander que soit fournie une preuve de vaccination. Etant donné le niveau élevé des postes à pouvoir, et les difficultés observées dans certains secteurs pour trouver rapidement des salariés (la restauration, par exemple), il est probable que les hausses de salaire constatées depuis le printemps se renforcent à court terme. Le risque pour l’économie américaine est d’avoir une boucle prix-salaire qui entraine une hausse plus durable que souhaitée de l’inflation. Cela compliquerait sérieusement la tâche de la Réserve Fédérale américaine. Nous n’y sommes pas encore.


Le point technique

Sur le marché des devises, la volatilité était réduite sur les principales paires, comme nous l’avons mentionné en introduction. A titre d’exemple, l’EUR/USD a seulement bougé de 15 points de base dans la foulée de l’annonce de la BCE jeudi dernier. A court terme, la paire devrait continuer d’évoluer dans son range du dernier mois, compris entre 1,17 et 1,19. L’EUR/CHF peine à s’échapper du niveau des 1,0900-1,0950 qui pourrait marquer un inversement de tendance durable sur la paire. Tant que l’EUR/CHF reste sous cette zone de prix, la tendance de fond est baissière. Enfin, très peu de volatilité également sur l’EUR/GBP qui reste toujours dans la même borne que les semaines passées, entre 0,85 et 0,86. Nous sommes face à un marché des changes attentiste.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,17001,17301,19001,1983
EUR/GBP 0,84680,84930,85960,8621
EUR/CHF 1,06421,07721,09061,0957
EUR/CAD 1,47541,48181,51001,5171
EUR/JPY 127,42128,00130,91131,51

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Les annonces à suivre

Il s’agit d’une semaine de transition pour les cambistes, avant la réunion de la Réserve Fédérale américaine des 21 et 22 septembre prochains. L’enjeu portera sur le timing du tapering (baisse des rachats d’actifs, en français). Suite au chiffre décevant des créations d’emplois en août aux Etats-Unis, le consensus des économistes considère que l’annonce sera reportée à novembre. Nous en saurons plus la semaine prochaine. Dans l’immédiat, l’attention se portera essentiellement sur les chiffres de l’inflation en août dans les principales zones économiques (Etats-Unis, Royaume-Uni et zone euro). Il s’agit d’une 2ème estimation avec un impact sur les taux de change qui devrait être faible. Il est peu probable que ce soit la macroéconomie qui soit le moteur du marché des changes cette semaine. Ce sera sûrement plus l’analyse technique, d’où l’importance de prendre connaissance des niveaux techniques (supports et résistances) évoqués plus haut.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
14/0914:30IPC core (Août)Stable à 0,3% en variation mensuelle.
15/0908:00IPC core (Août)Hausse à 2,3% sur un an.
16/0914:30Indice manufacturier de la Fed de Philadelphie (Septembre)Le consensus projette une hausse à 23,0 contre 19,4 précédemment.
17/0911:00IPC (Août)En deuxième estimation, l’inflation en août est attendue à 3,0% sur un an.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Une bonne nouvelle

Une bonne nouvelle

L'hebdo devises 6 septembre 2021

Le point macro

Commençons par une bonne nouvelle. L’Union Européenne a atteint le seuil de 70% de la population adulte complètement vaccinée. La France fait partie des bons élèves au niveau européen, après un début de campagne de vaccination lent. Selon les chiffres communiqués vendredi dernier, 72,3% des habitants (population totale) ont reçu au moins une dose et 66% sont complètement vaccinés. Malgré la virulence du variant delta, il apparait de plus en plus évident qu’un confinement après l’été (à partir d’octobre comme l’an dernier) est désormais complètement exclu. L’activité économique reprend dans tous les secteurs. Le gouvernement sort progressivement du « quoi qu’il en coûte » pour avoir une approche plus ciblée.

Au niveau mondial, les problématiques de sortie de crise sont toutefois nombreuses : l’inflation connait un bon important, l’économie américaine montre des signes de faiblesse, et la politique monétaire devient plus restrictive dans de nombreux pays. En zone euro, l’indice des prix à la consommation en août a dépassé les attentes, à 3,0% sur un an contre 2,7% prévu et 2,2% en juillet. Cette augmentation devrait toutefois être temporaire. Elle est liée à la hausse du prix des matières premières et des coûts du transport maritime, mais surtout aux effets de base. Prenons l’exemple de la France. L’indice des prix à la consommation en août a bondi à 1,9% sur un an. Mais c’est principalement le résultat des effets de base : l’an dernier, les soldes d’été avaient été décalées sur le mois d’août. Cela n’a pas été le cas cette année, d’où une ré-accélération apparente des prix des produits manufacturiers (+1,3% sur un an). Bien qu’il ne soit pas amené à durer, le phénomène est à surveiller et est souvent mal compris par la population. La presse tabloïd allemande commence déjà à brandir le spectre de l’hyperinflation. A tort.

Aux Etats-Unis, l’activité économique montre quelques signes de faiblesse, comme en témoigne le ralentissement du marché du travail en août (seulement 235 000 créations d’emplois – soit trois fois moins que le consensus). Pour nous, les deux points d’inquiétudes sont la confiance des consommateurs et les tensions sur les prix au niveau du marché de l’immobilier. Les indicateurs publiés par l’Université du Michigan et le Conference Board montrent que la propagation du variant delta et les craintes concernant la trajectoire de l’inflation commencent à peser sur le moral des ménages. A cela s’ajoute aussi la hausse continue des prix de l’immobilier qui empêche un nombre croissant d’Américains d’accéder à la propriété et fait craindre le retour d’une bulle immobilière. L’indice de référence des prix immobiliers Case-Shiller a connu sa plus forte appréciation en juin depuis 1988 (+19,08% sur un an). Ces deux sujets de préoccupation seront certainement surveillés de très près par la Réserve Fédérale américaine dans les semaines et les mois à venir.

Enfin, la divergence de politique monétaire s’accentue au niveau mondial. La banque centrale du Chili est la dernière banque centrale à avoir annoncé une hausse brutale de son taux directeur. Il a été augmenté en une seule fois de 75 points de base, à 1,5%, afin de lutter contre une inflation qui pourrait flirter avec 6% sur un an d’ici la fin de l’année si les prévisions de la banque centrale sont justes. Nous nous attendons à ce que beaucoup d’économies émergentes opèrent d’importantes hausses de taux dans les mois à venir, ce qui pourrait soutenir à court terme les monnaies émergentes. A l’inverse, une hausse des taux reste un objectif très lointain en zone euro et aux Etats-Unis.


Le point technique

Sur le marché des changes, la volatilité a été de retour à la faveur du décevant rapport sur l’emploi américain. Dans la foulée, l’euro a atteint un point haut de cinq semaines face au dollar américain. En variation hebdomadaire, la monnaie unique affiche une solide performance de +0,63%. Le franchissement de la résistance située à 1,1850-60 ouvre la porte à une poursuite de la hausse à très court terme. Le prochain seuil à surveiller sera la résistance située à 1,1988. A moyen terme, nos attentes restent identiques. Nous pensons que l’euro a une forte probabilité de baisse, en direction des 1,16. En ce qui concerne la paire EUR/GBP, peu de changements à prévoir à court terme. L’évolution latérale entre 0,85 et 0,86 devrait perdurer. Aucun market mover n’est perceptible pouvant permettre à la paire de sortir du range. Enfin, la démission surprise du Premier ministre japonais, Yoshihide Suga, juste avant les élections générales qui devraient se tenir en novembre prochain, n’a eu quasiment aucun effet sur les paires en JPY. Quelques minutes après l’annonce, le JPY s’est temporairement renforcé face au dollar. Aucune réaction face à l’euro. La paire EUR/JPY pourrait continuer sur sa lancée entamée depuis le 19 août avec pour objectif le niveau de résistance situé à 131,50.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,16501,17001,19881,2000
EUR/GBP 0,84670,85000,85990,8624
EUR/CHF 1,06441,06961,09101,0963
EUR/CAD 1,46711,47501,49991,5220
EUR/JPY 127,68128,63131,50132,24

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Les annonces à suivre

Cette semaine, l’attention se portera principalement sur la réunion de la Banque Centrale Européenne, qui aura lieu jeudi. Un changement de politique monétaire n’est pas à l’ordre du jour. Les discussions devraient essentiellement porter sur l’ampleur des rachats d’actifs opérés par la banque centrale dans le cadre de son programme de crise appelé PEPP. Etant donné que la reprise est bien orientée en zone euro, le consensus des économistes s’attend à ce que le montant mensuel des rachats d’actifs soit légèrement baissé, de 80 milliards d’euros par mois à l’heure actuelle à 60 milliards d’euros. Cela correspond au niveau moyen observé sur les mois de janvier et de février 2021. D’éventuelles discussions entre membres du Conseil des gouverneurs sur la suite à donner au PEPP, qui arrive à expiration en mars 2022, pourraient avoir lieu. Mais ce n’est pas certain. Comme toujours, la volatilité devrait être au rendez-vous sur les paires en EUR lors de la session de jeudi après-midi. Toutefois, il faut bien garder à l’esprit que c’est une réunion à faible enjeu.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
07/0911:00Indice ZEW du sentiment économique (Septembre)Le consensus table sur un très fort bond, à 56,7 contre 40,4 en août.
08/0916:00Réunion de la banque centraleEn dépit de la mauvaise surprise du PIB au T2, la banque centrale devrait maintenir sa politique monétaire inchangée.
09/0913:45Réunion de la banque centralePolitique monétaire inchangée. Probable révision à la hausse des perspectives macroéconomiques.
10/0914:30Prix à la production (Août)Hausse attendue à 0,6% contre 1.0% précédemment.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Semaine de rentrée

Semaine de rentrée

L'hebdo devises 30 août 2021

Le point macro

Lorsque nous nous étions quittés il y a un mois de cela, les craintes concernant le variant Delta se renforçaient mais le rétablissement économique continuait à la fois aux Etats-Unis et en zone euro. En toile de fond, de plus en plus de questions surgissaient concernant la hausse observée de l’inflation en lien avec la progression du coût des biens intermédiaires.

Finalement, les craintes concernant le variant Delta étaient certainement exagérées. Même si on observe en France un tassement du nombre de rendez-vous pris sur Doctolib pour une première dose de vaccin, la couverture vaccinale est élevée dans le pays. En date du 26 août, 59,7% de la population a reçu les deux doses du vaccin et 73,9% a reçu au moins une première dose. On est encore loin du seuil d’immunité collective, qui est fixé entre 70% et 75% de la population selon les études. Toutefois, on peut exclure un confinement national à la rentrée étant donné les progrès enregistrés sur le terrain de la vaccination. En outre, la présence du variant Delta ne semble pas nuire à l’activité économique. Les indicateurs à haute fréquence portant sur la mobilité et qui sont fournis par Google indiquent que l’activité dans le pays est quasiment revenue à son niveau d’avant-pandémie. Pour être précis, le nombre de visites dans les magasins est seulement inférieur de 3% par rapport à février 2020.
Le rétablissement économique se poursuit mais avec des différences des deux côtés de l’Atlantique. Les Etats-Unis étant en avance dans le cycle par rapport à la zone euro, c’est donc sans surprise que les derniers indicateurs américains soulignent un léger ralentissement de la dynamique de reprise. Le PIB au deuxième trimestre est ressorti un peu inférieur au consensus, à 6,6%. C’est toutefois une performance impressionnante. En outre, le marché de l’emploi montre quelques signes d’essoufflement si on se réfère aux revendications hebdomadaires au chômage. Lors de la semaine se terminant le 22 août, elles ont légèrement augmenté à 353 000 (+4000 en une semaine). Cela ne va toutefois pas empêcher la banque centrale américaine (Fed) d’entamer une normalisation très graduelle de sa politique monétaire dans les mois à venir, en enclenchant son processus de diminution des achats d’actifs (aussi appelé tapering).

Du côté de la zone euro, l’optimisme domine, y compris au sein de la Banque Centrale Européenne (BCE). La publication la semaine dernière du compte-rendu de la réunion du Conseil des Gouverneurs des 21 et 22 juillet ne laisse aucun doute à ce propos. La BCE devrait réviser à la hausse ses perspectives de croissance lors de sa réunion de début septembre. En revanche, aucun changement de la politique monétaire n’est prévu à court terme par le consensus des économistes.

Enfin, la dernière thématique en cette rentrée est l’inflation. Les banques centrales des pays développés continuent d’affirmer que la hausse de l’inflation est temporaire. Entre temps, de plus en plus de banques centrales des pays émergents (par exemple, la banque centrale de Corée du Sud la semaine dernière) augmentent leurs taux pour lutter contre les pressions inflationnistes. Aux Etats-Unis, l’inflation atteint un niveau qu’elle n’avait pas connu depuis 1983. L’indice PCE core, qui est très suivi par la Fed, a atteint 6.1% au deuxième trimestre. A défaut d’engendrer un changement de politique monétaire de la Fed et de la BCE, on voit que la hausse du coût des biens intermédiaires commence à poser de sérieux problèmes au niveau de la chaine de transformation. Bien souvent, ce sont les sous-traitants qui sont contraints d’absorber cette hausse des prix en rognant sur leurs marges (dans le secteur automobile, par exemple). Mais si l’inflation se maintenait durablement à des niveaux élevés, la hausse des prix pourrait aussi être répercutée sur les consommateurs. Ce n’est pas encore le cas, mais c’est un sujet à suivre.


Le point technique

Sur le marché des changes, le Symposium de Jackson Hole, au cours duquel se sont exprimés tous les membres importants de la Fed, a provoqué un peu de volatilité. Mais il n’a pas entrainé de changement de direction sur les principales paires du marché des changes. Le dollar américain devrait être le grand vainqueur du tapering dans les mois à venir. Pour la paire EUR/USD, cela devrait se matérialiser par une baisse en direction de la zone de support des 1,1602 (c’est le principal niveau technique pris en compte par le marché). On note aussi que dans les salles de marché des brokers et des grandes banques, on évoque de plus en plus un objectif à moyen terme pour l’EUR/USD à 1,15.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,15841,16021,18601,1999
EUR/GBP 0,84010,84470,86250,8664
EUR/CHF 1,06001,06201,08041,0880
EUR/CAD 1,45371,46001,51601,5218
EUR/JPY 127,02127,73131,00131,89

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Les annonces à suivre

Cette semaine, l’inflation et l’emploi seront au cœur des préoccupations sur le marché des changes. Les indicateurs de confiance et d’activité aux Etats-Unis devraient confirmer que les pressions inflationnistes sont bien présentes et se renforcent sur certains segments de marché. Du côté du marché du travail, l’emploi américain est attendu vendredi à 14h30. Le consensus table sur un nombre de nouveaux postes créés en août légèrement sous 800 000 – ce qui est inférieur aux niveaux atteints en juin et en juillet (proche de 900 000). Toutefois, cela ne remet pas en cause la stratégie de tapering de la Fed.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
31/0811:00IPC (Août)Hausse attendue à 2,5% sur un an contre 2,2% précédemment.
16:00Confiance du consommateur du Conference Board (Août)Nouveau recul attendu à 124, probablement en raison des craintes inflationnistes.
01/0914:15Rapport sur l’emploi ADP (Août)Le marché de l’emploi reste dynamique avec 575 000 nouvelles créations de postes prévues par le consensus.
16:00Indice ISM manufacturier (Août)Quasiment stable à 59,2 (en phase d’expansion).
03/0914:30Emploi américain (Août)Fortes créations d’emplois attendues à 725 000 et baisse du taux de chômage à 5,2% de la population active.
16:00Indice ISM non manufacturier (Août)Léger tassement à 63,0 contre 64,1 précédemment.

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Sans surprise

Sans surprise

L'hebdo devises 26 juillet 2021

Le point macro

Le principal point d’attention la semaine dernière était la réunion de la Banque Centrale Européenne. Elle n’a réservé aucune surprise. La politique monétaire reste en l’état : le taux principal est à zéro, les banques continuent de se voir appliquer un prélèvement de 0,50% sur les dépôts qu’elles confient à la banque centrale au lieu de les prêter aux clients, et les différents programmes de rachats d’actifs suivent leur cours (en particulier le Programme d’achats de titres d’urgence contre la pandémie, PEPP). Le biais ultra-accommodant qui prévaut depuis mars 2020 subsiste afin d’accompagner au mieux la reprise d’activité qui pourrait être pénalisée par la virulence du variant delta. L’EUR/USD a finalement assez peu réagi à ces annonces qui étaient largement attendues. Sur la séance de jeudi dernier, l’EUR/USD a perdu 0,21% – c’est la confirmation que la tendance baissière de long terme perdure.

Sur le front sanitaire, de nouvelles restrictions ont été mises en œuvre dans plusieurs pays européens (ex : pass sanitaire en France pour accéder à certains lieux publics) mais la situation reste sous contrôle. Les hôpitaux sont loin d’être confrontés à un risque d’engorgement. Le seul pays qui suscite l’inquiétude est le Royaume-Uni où le choix a été fait de lever toutes les restrictions et de compter sur le sens des responsabilités de chacun. Certains experts anticipent que si le nombre quotidien de nouveaux cas de Covid poursuit sa lancée (actuellement proche des 50 000 nouveaux cas par jour), d’ici à trois semaines, le pays pourrait être contraint de faire marche arrière sur les restrictions et de mettre en place des mesures strictes pour limiter la propagation du virus. Ces inquiétudes sur le plan sanitaire expliquent, en grande partie, les récents déboires de la livre sterling face à l’euro, au dollar américain et même face au yen japonais. D’une certaine manière, le laxisme sanitaire des autorités politiques britanniques a remplacé le Brexit comme source de crainte pour les cambistes.

Enfin, tout porte à croire que le pic de croissance pour la France a été atteint. Le meilleur en termes de dynamique d’activité est déjà probablement derrière nous. C’est l’enseignement qu’on tire de la publication des récents indicateurs portant sur le climat des affaires. En juillet, celui-ci s’est légèrement tassé, perdant un point à 113 par rapport au mois de juin. Il reste toutefois très nettement au-dessus de son niveau d’avant-Covid, à l’époque à 106.


Le point technique

Sur le marché des changes, les tendances des dernières semaines ont été confirmées au cours des séances passées. L’EUR/USD a atteint un point bas de trois mois à 1,1755. Le différentiel de politique monétaire entre la Réserve Fédérale et la Banque Centrale Européenne reste le principal moteur de baisse de la paire, avec un nouvel objectif à court terme à 1,1708. La paire EUR/GBP reste de son côté toujours dans son range de trois mois compris entre 0,85 et 0,87. Enfin, on notera que les craintes concernant le variant delta ont abouti à ce que la demande en JPY de la part des cambistes s’accroisse au cours des dernières semaines. C’est ce qui explique que la paire EUR/JPY affiche une baisse de près de 2% en variation mensuelle. Le prochain objectif du point de vue de l’analyse technique se situe à 128,78 (support hebdomadaire).

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,16001,17081,1821,1869
EUR/GBP 0,83980,84760,86040,8632
EUR/CHF 1,07161,0771,09091,0966
EUR/CAD 1,46251,4761,49651,5035
EUR/JPY 127,26128,74130,80131,70

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Les annonces à suivre

Le mois de juillet se termine avec la réunion de la Réserve Fédérale américaine ce mercredi. Il s’agit d’un évènement très attendu par les cambistes car la banque centrale pourrait donner de précieuses indications sur la suite à donner à la politique monétaire avant le Symposium de Jackson Hole à la fin du mois d’août. Le communiqué de presse qui sera publié à 20h, heure française, ne devrait pas réserver de surprises. Dans l’immédiat, aucun changement de politique monétaire n’est à prévoir. Les taux restent en l’état, tout comme les différents programmes de rachats d’actifs. En revanche, la conférence de presse de Jerome Powell, à partir de 20h30, devrait être le point d’orgue de la semaine pour le marché des changes. En ligne avec les propos qu’il a tenu devant les membres du Congrès récemment, le chef de la banque centrale américaine devrait réaffirmer, pour la énième fois, que la banque centrale considère que les tensions inflationnistes marquées outre-Atlantique sont temporaires. En revanche, il pourrait fournir quelques indications sur les échanges ayant lieu au sein du FOMC concernant le tapering. C’est finalement le principal point d’attention du marché en ce moment.

On sait que la réunion de la banque centrale est habituellement propice à beaucoup de volatilité sur les paires en USD, notamment sur l’EUR/USD – encore plus cette fois-ci étant donné les attentes élevées des cambistes. Il faudra donc impérativement penser à adopter la stratégie de couverture de change appropriée en marge de l’évènement. Il n’est pas exclu qu’on assiste à d’importants décalages de prix sur certaines paires de devises, a fortiori dans un marché où les volumes sont particulièrement réduits en cette période estivale. Un seul mot d’ordre : vigilance.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
26/0710:00Indice IFO du climat des affaires (Juillet)Baisse à 100,6 contre 101,8 précédemment.
27/0716:00Indice de confiance des consommateurs du Conference Board (Juillet)Légère baisse prévue à 125,8 mais la moyenne sur trois mois reste encore très élevée.
28/0708:00Indice GfK de confiance des consommateurs (Août)Chute à -4,0 contre -0,3 précédemment.
20:00Réunion de la banque centraleLe point d’attention va se porter essentiellement sur toute référence au tapering et au jugement que porte la banque centrale sur l’évolution de l’inflation.
29/0714:00IPC (Juillet)Stable à 0,4% en variation mensuelle.
30/0708:30PIB (T2)Le consensus table sur une faible hausse à 0,1% par rapport au trimestre précédent.
30/0716:00Indice de confiance de l’Université du Michigan (Juillet)Hausse à 81,3 contre 80,8 précédemment.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Douche froide

Douche froide

L'hebdo devises 19 juillet 2021

Le point macro

Encore une fois, les économistes et les analystes ont montré leur totale incapacité à prévoir de manière fiable l’évolution de l’économie dans cette phase de réouverture. On ne peut pas les blâmer, l’exercice est compliqué. La semaine dernière, l’électrochoc est venu du chiffre de l’inflation aux Etats-Unis en juin. Tout le monde s’attendait à ce que l’inflation reste à un niveau élevé – mais pas si élevé. L’indice des prix à la consommation a atteint un pic à 5,4% le mois dernier sur un an – soit la plus forte progression sur une telle période depuis août 2008. En excluant les biens et les produits les plus volatils, l’inflation dite sous-jacente atteignait 4,5% par rapport à juin 2020. Là encore, il s’agit d’une hausse qui n’avait pas été observée depuis des décennies, en l’occurrence depuis novembre 1991 ! Cette progression aussi forte a fait flancher plusieurs marchés financiers. Sur le marché des changes, immédiatement après l’annonce, l’EUR/USD a enfoncé le seuil des 1,18. Une forte inflation renforce les attentes concernant un tapering aux Etats-Unis ce qui, en théorie, soutient le dollar américain face aux autres monnaies. C’est ce qui explique le mouvement qui a pu être constaté sur l’EUR/USD en milieu de semaine dernière.

Il est indéniablement trop tôt pour savoir quelle lecture la Réserve Fédérale américaine va faire de ces chiffres. Si on regarde dans le détail, la hausse de l’inflation est essentiellement due à une minorité de catégories (principalement les véhicules d’occasion, les chambres d’hôtels ou encore les billets d’avion). Au final, six catégories ont représenté près de 55% de la hausse de l’inflation en juin. Sans surprise, toutes ces catégories, sans exception, sont directement affectées par la réouverture post-Covid à l’œuvre depuis le mois d’avril dernier. A priori, ces tensions inflationnistes ne sont pas amenées à durer, ce qui corrobore le scénario officiel de la banque centrale américaine selon lequel l’inflation élevée est transitoire. Attention toutefois, dans les données communiquées la semaine dernière pour le mois de juin, si on étudie tout bien dans le détail, on remarque qu’il existe des domaines où il y aura certainement une pression inflationniste continue. Reste maintenant à savoir s’il y a un risque réel que cela fasse dérailler les prévisions d’inflation de la Réserve Fédérale. A minima, il parait évident que les tensions au niveau des prix vont alimenter encore davantage les échanges entre membres du comité de politique monétaire lors de la réunion prévue les 27 et 28 juillet prochains. Cependant, la banque centrale a tout intérêt à ne pas se précipiter et à attendre d’avoir plus de données pour faire un diagnostic le plus fiable possible concernant la trajectoire économique et des prix. Dit autrement, ce n’est certainement pas avant Jackson Hole (fin août) voire plus probablement la réunion des 21 et 22 septembre prochains que la banque centrale ajustera son forward guidance en tenant compte des dernières évolutions sur le terrain de l’inflation.

Comme on le sait déjà depuis plusieurs années, il n’y a jamais d’été tranquille sur le marché des changes. La thématique inflationniste va rester au cœur des préoccupations des cambistes dans les semaines et les mois à venir. Il faudra donc être particulièrement vigilant concernant les publications portant sur l’évolution des prix outre-Atlantique qui figurent à l’agenda économique. La prochaine échéance à bien garder en tête sera le 11 août prochain avec la première estimation de l’indice des prix à la consommation pour le mois de juillet. Du côté de la zone euro, l’inflation est clairement un sujet beaucoup plus mineur. En outre, la Banque Centrale Européenne a été suffisamment explicite il y a moins d’une dizaine de jours de cela sur le fait que, dans l’immédiat, la politique monétaire reste inchangée dans les grandes lignes – c’est-à-dire toujours ultra-accommodante.


Le point technique

A plus court terme, on constate que les tendances observées ces dernières semaines sur le marché des devises restent inchangées. La paire EUR/USD est toujours dans un canal baissier de long terme qui, logiquement, devrait la conduire à toucher les 1,17 puis les 1,16. Du côté de l’EUR/CHF, la paire a quasiment fait du surplace en variation hebdomadaire. Le président de la BNS a réaffirmé il y a quelques jours de cela que la banque centrale va continuer d’utiliser les mesures non conventionnelles à l’avenir (interventions directes sur les changes et taux négatifs) – rien de surprenant. Enfin, la réunion de la Banque du Canada n’a pas été un élément de soutien pour le CAD, contrairement à ce qu’on aurait pu attendre. La banque centrale a de nouveau réduit la voilure de son programme de rachats d’actifs (le faisant passer de trois à deux milliards de CAD par semaine), avant une nouvelle action en ce sens attendue par le marché à l’automne.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,16241,17281,19311,1965
EUR/GBP 0,84000,84790,86480,8711
EUR/CHF 1,07491,08021,09301,1005
EUR/CAD 1,44521,46161,49301,5080
EUR/JPY 126,00126,21130,78131,93

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Les annonces à suivre

Le principal point d’attention cette semaine sera la réunion de la Banque Centrale Européenne qui sera un non-évènement. Aucun ajustement au niveau des taux d’intérêt ou des programmes de rachats d’actifs (appelés QE) n’est à l’ordre du jour. Ce n’est pas avant septembre voire plutôt fin d’année qu’un ajustement sera dévoilé par Christine Lagarde. Ajoutons également que nous aurons la confirmation cette semaine de la bonne dynamique au niveau des secteurs manufacturier et des services en zone euro avec la publication de la dernière estimation PMI pour le mois de juillet. Il n’y aura pas de surprise. L’économie européenne reste toujours fermement en phase expansionniste, nonobstant les incertitudes concernant le variant delta.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
20/0708:00Indice des prix à la production (Juin)Baisse à 0,7% en variation mensuelle contre 1,5% précédemment.
22/0713:45Réunion de la banque centraleSans surprise, statu quo au niveau des taux et des programmes de rachats d’actifs.
23/0709:15Indices PMI manufacturier et des services (Juillet)PMI manufacturier : stable à 59,0
PMI services : hausse à 59,4 vs 57,8 précédemment.
15:45Indices PMI manufacturier et des services de Markit (Juillet)PMI manufacturier : baisse à 61,5 vs 62,1
PMI services : forte hausse à 70,0 vs 64,6 précédemment.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Souviens-toi…l’été dernier

Souviens-toi…l’été dernier

L'hebdo devises 12 juillet 2021

Le point macro

En matière de pandémie, les étés 2020 et 2021 se ressemblent étrangement : le nombre de nouveaux cas de Covid repart à la hausse chez les jeunes, la Floride (Etats-Unis) et la Catalogne (Espagne) inquiètent de nouveau les spécialistes, des foyers de contamination apparaissent dans les discothèques et l’Australie est de nouveau confinée. Dans le détail, en France, ce sont les 20-29 ans qui font repartir l’épidémie à la hausse – ce qui pourrait aboutir à l’annonce de nouvelles mesures de contrôle de la pandémie dès cette semaine, notamment au niveau des frontières. Le variant delta, qui inquiète les autorités, est en passe de devenir dominant dans l’Hexagone. Il représente désormais 40% des nouveaux cas contre environ 20% il y a une semaine de cela, et 10% il y a quinze jours de cela. Il y a fort à parier qu’il dépassera le seuil de 50% des nouveaux cas dans les jours à venir. Notons également que la pandémie connait une très forte résurgence en Catalogne, et plus particulièrement à Barcelone, comme ce fut le cas en juillet 2020 du fait de l’arrivée massive de touristes. Enfin, la saison des confinements a repris pour les grandes métropoles australiennes (ici, c’est l’été mais là-bas, c’est l’hiver). Un confinement d’au moins trois semaines a été mis en place à Sydney où s’applique une politique « zéro covid » (c’est-à-dire mise en place d’un confinement dès que de nouveaux cas sont identifiés). A titre de comparaison, en 2020, le confinement avait duré près de quatre mois à Melbourne (la deuxième plus grande ville du pays). La seule différence notable par rapport à l’été dernier, c’est que nous avons trouvé un vaccin et que, dans les pays développés, la vaccination a connu un bond impressionnant au printemps – même si désormais on constate une décélération du rythme de la vaccination. Bien qu’on ne puisse pas exclure le retour de restrictions au cas par cas à l’automne, il est toutefois vraisemblable que les confinements stricts du troisième et quatrième trimestres 2020 appartiennent au passé grâce à la vaccination et aux miracles de la science.

Dit autrement, même si la pandémie et les variants restent un risque certain pour la santé des plus vulnérables, il est peu vraisemblable qu’ils fassent dérailler significativement la reprise économique qui est perceptible dans les pays développés depuis déjà plusieurs mois. Les dernières statistiques publiées la semaine dernière (indicateurs PMI dans plusieurs pays européens, commandes à l’industrie en Allemagne ou encore indice ZEW) ont toutes corroborées le fait que la reprise est ferme, notamment soutenue par une demande solide et un niveau de chômage contenu par rapport aux précédentes crises. Nul besoin d’être économiste d’ailleurs pour s’en rendre compte. Il suffit de se promener dans la rue pour réaliser que les populations souhaitent profiter de la vie et consommer. Bref, reprendre un semblant de vie normale.

En revanche, les disruptions au niveau de l’offre persistent. C’est ce qui explique la forte hausse du coût du transport maritime. Selon les chiffres dévoilés par le Wall Street Journal la semaine passée, le coût moyen pour transporter un conteneur standard de 40 pieds a été multiplié par quatre sur un an, pour atteindre début juillet la somme astronomique de 8399 dollars. Si on se projette sur un horizon temps encore plus réduit, la hausse est tout aussi spectaculaire : le prix moyen a connu un bond de 53,5% depuis la première semaine de mai 2021. A court et à moyen terme, les disruptions au niveau de l’offre vont continuer à alimenter une tension sur les prix, particulièrement aux Etats-Unis, ce qui risque de renforcer les discussions à propos du tapering de la Réserve Fédérale américaine.


Le point technique

Sur le marché des changes, les volumes échangés en début de semaine dernière étaient très faibles du fait de la fête nationale américaine et de l’arrivée de la saison des vacances qui se traduit invariablement par une réduction du nombre de cambistes opérant sur le marché. Cela n’a pas empêché l’EUR/USD de connaitre quelques remous. La paire a atteint un point bas de trois mois à 1,1785 jeudi dernier dans les échanges asiatiques. Du point de vue de l’analyse technique, la tendance reste toujours négative pour l’euro. Le prochain support à surveiller se situe à 1,1735. Une cassure de ce niveau ouvrirait la porte aux 1,16 à moyen terme.

La paire EUR/CHF, qui est pourtant connue pour sa stabilité depuis plusieurs trimestres, a également connu quelques remous. La paire s’est effondrée lors de la séance de jeudi dernier à un point bas de quatre mois à 1,0820. Maintenant que la Banque Centrale Européenne (BCE) a modifié son objectif d’inflation (le faisant passer à 2% contre inférieur mais proche de 2% précédemment), la Banque Nationale Suisse a l’objectif d’inflation le plus bas parmi les principales banques centrales (inflation inférieure à 2%). Cela risque d’accentuer la pression haussière sur le franc suisse à moyen terme. En tout cas, c’est la seule explication rationnelle pour justifier les mouvements observés sur l’EUR/CHF ces dernières séances.

Même dans les périodes de regain de volatilité et de mouvements un peu erratiques, certaines choses ne changent pas. Comme lors des dernières semaines, la volatilité est faible sur la paire EUR/GBP qui reste toujours dans son range de fluctuations des trois derniers mois compris entre 0,85 et 0,87.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,16641,17351,19381,2010
EUR/GBP 0,84290,84790,86390,8692
EUR/CHF 1,07381,08001,09681,1010
EUR/CAD 1,45091,45671,49911,5020
EUR/JPY 128,50129,00132,35132,97

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Les annonces à suivre

Cette semaine sera pour ainsi dire essentiellement consacrée à l’inflation avec plusieurs chiffres prévus à l’agenda : indice des prix à la consommation et indice des prix à la production aux Etats-Unis (respectivement mardi et mercredi) et inflation en zone euro (vendredi). Il conviendra toutefois de ne pas surinterpréter les données qui seront publiées, même si elles pourraient produire un peu de volatilité sur les changes en cas de publication éloignée du consensus. Nous savons qu’en termes de politique monétaire, les banques centrales observent la dynamique d’inflation et ne basent pas leurs décisions sur une seule statistique mensuelle. A noter, pour conclure, la réunion de la banque centrale canadienne mercredi qui devrait être un non-évènement pour l’EUR/CAD. Le statut quo est attendu par les analystes.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
13/0714:30IPC core (Juin)Baisse attendue à 0,4% en mensuel contre 0,7% précédemment.
14/0714:30IPP (Juin)Baisse en mensuel à 0,5% contre 0,8% précédemment.
16:00Réunion de la banque centralePolitique monétaire inchangée.
15/0714:30Indice manufacturier de la Fed de Philadelphie (Juillet)Léger tassement attendu par le consensus à 29,8 mais la dynamique reste positive.
16/0711:00ICP (Juin)L’estimation finale est attendue à 1,9% en variation annuelle.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Pas (encore) fini

Pas (encore) fini

L'hebdo devises 5 juillet 2021

Le point macro

Un vent certain d’optimisme règne dans la plupart des pays développés. Pour autant, l’horizon sur le plan sanitaire s’obscurcit un peu. En Asie, le variant delta (qui est 60% plus contagieux que le variant anglais selon les données britanniques) entraine la mise en place de nouvelles restrictions dans plusieurs pays et l’Organisation Mondiale de la Santé a émis une alerte invitant toutes les personnes vaccinées à continuer de porter des masques de protection. Même si les services hospitaliers sont loin d’être en situation de saturation dans les pays riches, la plus grande prudence est nécessaire concernant l’évolution des variants. En Europe, certains pays prennent déjà de nouvelles mesures. La semaine dernière, l’Irlande a rendu obligatoire la vaccination pour pouvoir aller dans les restaurants et les bars en intérieur, comme c’est déjà le cas en Autriche, au Danemark, en Israël et à Moscou. Des mesures similaires pourraient être prises en France dans les semaines à venir en fonction de l’évolution sur le front sanitaire (pour l’instant, le variant delta représente uniquement 20% des nouveaux cas de Covid contre 10% il y a une semaine de cela. Etant donné sa propagation très rapide, il risque d’être majoritaire dans les semaines à venir dans l’Hexagone).

Ce qui est frappant, c’est le contraste entre les inquiétudes concernant le variant delta (surtout exprimées par les scientifiques et une minorité de responsables politiques) et la confiance élevée des consommateurs qui est perceptible des deux côtés de l’Atlantique depuis deux mois. Au cours des derniers jours, plusieurs statistiques américaines et européennes ont confirmé un net bond de la confiance des consommateurs en juin. En zone euro, l’indice du sentiment économique s’inscrit à un point haut…de vingt et un an ! En France, le moral des ménages est également très bien orienté, atteignant son plus haut niveau depuis 15 mois et le début des restrictions sanitaires contre la Covid dans le pays selon l’estimation de l’INSEE. On observe la même tendance aux Etats-Unis : l’indice de confiance du consommateur du Conference Board est à un point haut depuis le début de la crise sanitaire, à 127,3 en juin. Même la hausse des anticipations d’inflation (qui est un réel problème macroéconomique aux Etats-Unis et complique la tâche de la Réserve Fédérale) ne semble pas avoir un impact réel sur la confiance des ménages. Nous sommes entrés dans une période d’optimisme élevée qui a de fortes chances de perdurer pendant au moins tout l’été. La suite va dépendre de la capacité des Etats à éviter de nouvelles mesures de restriction plus strictes si le delta variant venait à se répandre davantage et également de l’évolution du chômage.

A ce sujet, les derniers chiffres américains sont, sans surprise, positifs. Les créations d’emplois en juin ont atteint 692 000 selon l’enquête ADP (c’est un peu moins qu’en mai et en avril mais la tendance reste bonne) et 850 000 selon le rapport NFP (ce qui est supérieur au consensus de 680 000). Surtout, ces créations d’emplois ont lieu dans tous les secteurs d’activité (particulièrement ceux durement touchés par la pandémie comme les fournisseurs de services et les loisirs) et pour toute les tailles d’entreprises. On reste donc sans conteste sur un marché du travail robuste. Notons toutefois que les distorsions observées sur le marché de l’emploi américain, en lien avec la pandémie, perdurent. Ainsi, les offres d’emplois record ne réussissent pas à attirer les travailleurs aussi vite que prévu. Les personnes démissionnent davantage en se disant qu’elles retrouveront un emploi, mais celles au chômage reprennent moins un job que d’habitude. Selon toute vraisemblance, ces distorsions pourraient perdurer encore plusieurs mois.


Le point technique

Sur le marché des changes, la volatilité au niveau des paires du G10 (les dix principales monnaies échangées au niveau mondial) reste particulièrement basse et cela ne devrait pas changer dans l’immédiat tant que les statistiques confirment le scénario d’un fort rebond économique mondial et tant qu’il n’y a pas de remous au niveau de la sphère politique.

Le dollar reste toujours recherché par les cambistes du fait des anticipations concernant un possible durcissement de la politique monétaire de la Réserve Fédérale. C’est ce qui explique pourquoi l’euro s’est effondré la semaine dernière à un point bas de trois mois, à 1,1820. En l’espace d’un mois, la paire EUR/USD a perdu près de 2,8% et tout indique que la baisse n’est pas encore terminée. L’analyse technique fixe un objectif à court terme à la paire à 1,1792.

En l’absence d’aversion au risque, la paire EUR/CHF est quasiment atone. Il y a quelques jours de cela, la Banque Nationale Suisse a communiqué à propos de ses interventions sur les changes au deuxième trimestre. Les interventions ont chuté à 296 millions de CHF – soit le plus bas niveau depuis un an. Nous nous attendons à ce que la paire continue d’évoluer à moyen terme dans son range des trois derniers mois, entre 1,09 et 1,11.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,16641,17921,19911,2047
EUR/GBP 0,84050,84290,86260,8653
EUR/CHF 1,08381,08931,10021,1057
EUR/CAD 1,43201,45501,47841,4892
EUR/JPY 129,00130,62133,27134,31

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Les annonces à suivre

Cette semaine ne devrait pas réserver beaucoup de surprises sur le plan macroéconomique. Nous devrions essentiellement avoir confirmation des grandes tendances dont certaines ont déjà été esquissées plus haut. Parmi les chiffres à surveiller, il y aura le ZEW allemand et l’ISM manufacturier (mardi), le rapport JOLTS pour les Etats-Unis (mercredi) et enfin la production manufacturière britannique (vendredi). Il faudra également surveiller d’un peu plus près que lors des semaines précédentes l’évolution du variant delta et les éventuelles nouvelles mesures de restriction qui pourraient être mises en œuvre, ici et là.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
06/0711:00Indice ZEW du sentiment économique (Juillet)Nouvelle hausse attendue par le consensus à 86,0 contre 79,8 précédemment.
16:00Indice ISM non manufacturier (Juin)Toujours largement en territoire d’expansion, à 63,3.
07/0716:00Rapport JOLTS sur les nouvelles offres d’emploi (Mai)Il s’agit d’un indicateur en décalage avec le cycle mais qui est de plus en plus commenté en cette phase de réouverture. Le consensus table sur 8,300M contre 9,286M précédemment.
09/0708:00Production manufacturière (Mai)Précédent à -0,3% en variation mensuelle.

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Bilan de mi-année

Bilan de mi-année

L'hebdo devises 28 juin 2021

Le point macro

Alors que le premier semestre arrive à son terme, c’est la bonne occasion pour faire un premier bilan de cette année 2021 mouvementée. Le rebond économique est perceptible dans toutes les grandes économies. Aux Etats-Unis, le pic de croissance a certainement déjà été atteint, mais les perspectives restent très bonnes en raison de nouvelles mesures de relance (notamment au niveau des infrastructures). La reprise américaine se traduit par des tensions inflationnistes importantes, à la fois au niveau du secteur manufacturier et du secteur des services. Toutefois, le risque de boucle prix-salaire est limité. A part dans certains secteurs bien précis (comme la restauration), les anticipations d’augmentation salariale restent modérées. A court terme, la banque centrale américaine devrait continuer d’avoir un positionnement ultra-accommodant. Le marché anticipe une première hausse de taux en janvier 2023 (contre avril 2023 il y a quelques semaines de cela). Le grand point d’attention va se concentrer cet été sur les discussions portant sur le tapering de la banque centrale. Ce n’est toutefois qu’à l’occasion de la réunion de Jackson Hole, fin août, que les cambistes devraient avoir plus d’informations concernant l’hypothèse d’un ralentissement prochain des rachats d’actifs de la banque centrale.
En zone euro, nous nous attendons à une nette accélération de la croissance au deuxième semestre. La zone euro est légèrement en retard du point de vue du cycle économique par rapport aux Etats-Unis et à la Chine. Les indicateurs économiques publiés la semaine dernière (indices PMI et indice IFO allemand) confirment que la zone euro est sortie au deuxième trimestre de cette année de la récession en double-creux liée à la pandémie et aux mesures de confinement. Même si ici et là le risque de résurgence de la Covid demeure du fait des variants, tout porte à croire qu’un confinement généralisé est désormais exclu grâce aux progrès enregistrés en l’espace de quelques mois sur le terrain de la vaccination. A l’inverse de la situation américaine, l’inflation en zone euro ne constitue pas un sujet majeur d’inquiétude. Comme l’ont montré les derniers indices PMI, les tensions sur les prix restent limitées au secteur manufacturier et résultent essentiellement de l’effet de base lié aux prix de l’énergie et aux disruptions persistantes au niveau du commerce international (qui devraient s’accentuer à court terme du fait de la fermeture la semaine dernière du port stratégique de Shenzhen en Chine à cause de la pandémie). D’ici à la fin de l’année, la BCE ne devrait pas modifier substantiellement sa politique monétaire. En revanche, on attend d’ici la fin de l’été la conclusion des travaux portant sur la revue stratégique de la banque centrale. Cela pourrait aboutir à ce qu’elle ait un rôle plus important dans la lutte contre le changement climatique.
Outre-Manche, le report de quelques semaines de la réouverture économique ne devrait pas avoir de conséquences significatives sur la croissance. Le PIB britannique est attendu en progression de 7% cette année. La BoE s’attend à ce que les pressions inflationnistes restent présentes à court terme, mais elles sont jugées comme temporaires. Pour la petite histoire, le communiqué de la banque centrale, publié jeudi dernier après sa réunion de politique monétaire, mentionnait à 25 reprises les termes « temporaire » et « transitoire » en lien avec l’inflation. Par conséquent, un changement à court terme au niveau de la politique monétaire britannique a peu de chances de survenir, de notre point de vue.
Enfin, en France, avec le desserrement des contraintes sanitaires, le climat des affaires s’améliore nettement ainsi que les perspectives d’emploi dans l’ensemble des secteurs et en premier lieu dans les services marchands. Les craintes concernant un bond du chômage se sont avérées infondées. Selon les derniers chiffres de l’URSSAF, les embauches sur des contrats d’au moins un mois en mai ont atteint le niveau record de 786 000. Tout indique que la dynamique reste très positive pour la France. Le seul bémol concerne le niveau d’endettement élevé de certaines entreprises qui pourrait les inciter à investir moins dans les années à venir – un problème que nous avons déjà souvent souligné.


Le point technique

Sur le marché des changes, le regain de volatilité qu’on avait constaté la semaine allant au 20 juin s’est atténué. Les devises émergentes sont en ordre dispersées depuis la réunion de la FED. Le real brésilien est en forte hausse de plus de 2,3% depuis le FOMC tandis que le rand sud-africain s’est effondré sur la même période de près de 3%. C’est la preuve que le marché des changes n’a pas encore de conviction forte concernant le futur de la politique monétaire américaine et l’éventualité d’un prochain tapering.
Au niveau des devises majeures, l’euro a évolué dans une borne de plus de 100 pips face au dollar américain sur les cinq dernières séances. La paire EUR/USD reste ancrée à proximité du seuil psychologique des 1,20. Le marché reste attentiste. Le franchissement de la résistance située à 1,2059 pourrait permettre une accélération haussière. A l’inverse, une baisse sous les 1,1840 pourrait ouvrir la porte à une chute vers les 1,1704 à moyen terme.
En ce qui concerne les paires EUR/CHF et EUR/GBP, il n’y a toujours pas de mouvements significatifs à mentionner. La volatilité reste désespérément basse.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,17041,18401,20591,2253
EUR/GBP 0,84000,84140,86370,8676
EUR/CHF 1,07481,08371,11021,1150
EUR/CAD 1,45001,45201,47571,4835
EUR/JPY 129,69131,69134,76135,00

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Les annonces à suivre

Cette semaine sera marquée essentiellement par l’actualité américaine, avec la publication des chiffres de l’emploi vendredi. Après quelques chiffres un peu décevants sur le front du marché du travail ces dernières semaines, les cambistes surveilleront de près le niveau des créations d’emplois. Le reflux de la pandémie et la fin des chèques de soutien aux ménages dans plus d’une vingtaine d’Etats devraient logiquement aboutir à une baisse du taux de chômage. Toutefois, il convient d’être prudent. Les statistiques, de toute nature mais encore plus lorsqu’il est question du marché de l’emploi, ont été très volatiles depuis le début de la pandémie en mars 2020 (ce qui s’explique à la fois par des difficultés de collecte d’informations et des problèmes méthodologiques). Dit autrement, il serait erroné de tirer des conclusions sur le futur de la politique monétaire américaine à partir des seuls chiffres publiés ce vendredi.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
29/0616:00Confiance du consommateur – Conference Board (Juin)Le consensus table sur un chiffre en hausse à 118,5 contre 117,2 précédemment.
30/0611:00Indice des prix à la consommation (Juin)Précédent à 2% en variation annuelle.
14:15Enquête ADP (Juin)Ralentissement attendu à 450k contre 978k pour le mois de mai.
01/0716:00Indice PMI manufacturier de l’ISM (Juin)Consensus à 61,1 contre 61,2 précédemment.
02/0714:30Rapport sur l’emploi américain (Juin)Le taux de chômage est attendu en baisse à 5,7% (contre 5,8% précédemment) et les créations d’emplois à 575k (contre 559k en mai).

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Casse-tête

Casse-tête

L'hebdo devises 21 juin 2021

Le point macro

La semaine dernière a été marquée par une actualité très dense sur le plan économique et par un retour inattendu de la volatilité à la fois sur les paires majeures et les paires exotiques du marché des changes. Le retour de la volatilité s’explique par le ton « hawkish » de la Réserve Fédérale américaine. Alors que tout le monde s’attendait à ce que la banque centrale américaine adopte un ton mi-figue mi-raisin concernant l’inflation et l’évolution de la politique monétaire, elle a très clairement ouvert la porte à une hausse future des taux directeurs et à l’amorce de discussions à propos du tapering. Désormais, la Réserve Fédérale anticipe deux hausses de taux en 2023 alors qu’elle tablait sur un maintien des taux à leur niveau actuel à cette même échéance il y a encore trois mois de cela. Il apparait également de plus en plus évident que des divergences profondes de point de vue existent entre les membres du FOMC concernant la marche à suivre au niveau de la politique monétaire et l’analyse de l’évolution de l’inflation. On observe des divergences similaires au sein de la Banque Centrale Européenne mais dans des proportions plus limitées. Qui dit divergence dit que la politique monétaire américaine risque d’être un peu moins lisible à court terme qu’elle ne l’a été par le passé. Pour le marché des changes, cela pourrait se traduire par un regain durable de la volatilité – mais il est clairement trop tôt pour en être certain.

Nous continuons de penser que le bond de l’inflation va être temporaire. Nous ne sommes pas du tout confrontés à un risque inflationniste similaire à celui des années 70. Si on prend en compte l’évolution de l’indice des prix à la consommation et des salaires aux Etats-Unis sur les deux dernières années, on reste très en-dessous des niveaux observés sur longue période. En outre, les salaires ne sont même pas encore revenus à leur niveau d’avant-Covid. Le risque pour la Réserve Fédérale serait d’être confrontée à une hausse de l’inflation qui dure un peu plus longtemps que prévu alors que l’économie montre des signes d’essoufflement. Tout est loin d’être parfait par exemple sur le marché de l’emploi. Les revendications hebdomadaires au chômage publiées la semaine dernière ont augmenté à 412 000 sur la semaine allant au 12 juin alors que le consensus tablait sur une baisse. Ce n’est pas la première fois au cours des derniers mois que les chiffres portant sur le marché du travail sont décevants. Si l’économie devait ralentir dans un contexte d’inflation élevée (il est erroné à ce stade de parler de « stagflation »), quel arbitrage fera la Réserve Fédérale ? Privilégiera-t-elle son mandat de stabilité des prix ou son mandat de lutte contre le chômage ? Il est trop tôt pour le dire.


Le point technique

A court terme, les cambistes considèrent en tout cas que le positionnement « hawkish » de la Réserve Fédérale est favorable au dollar américain. Le dollar index, que nous évoquons souvent dans notre newsletter hebdomadaire, a fait un bond de près de 200 points en l’espace de seulement quelques jours. Le renforcement du dollar américain est perceptible face à l’euro. La paire EUR/USD évolue proche de ses points bas de mi-avril et accuse un recul en variation hebdomadaire de près de 2% ! Face aux devises émergentes, la hausse du dollar est encore plus marquée. Quasiment toutes les devises émergentes principales sont en chute libre depuis quelques séances, à l’exception du real brésilien BRL (qui est beaucoup surévalué). A titre d’exemple, la paire USD/MXN (dollar américain/peso mexicain) a augmenté de 1,8% sur la seule séance de mercredi dernier, jour de réunion de la banque centrale américaine. Cela faisait très longtemps qu’une telle volatilité n’avait pas été observée sur des pans entiers du marché des changes – au moins en ce qui concerne les paires en USD.

Pour les paires en EUR, la volatilité reste moindre. En témoigne l’évolution ou plutôt la stagnation de l’EUR/GBP dans le couloir situé entre les 0,85 et 0,87 dans lequel la paire a clôturé plus de 90% des séances lors des quatre derniers mois. En variation hebdomadaire, l’EUR/GBP affiche une progression de 0,08%.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,16001,17001,21601,2336
EUR/GBP 0,84200,84480,86250,8671
EUR/CHF 1,08171,08441,10581,1095
EUR/CAD 1,44611,45981,48481,4979
EUR/JPY 128,00129,85133,49134,17

Pour des conseils personnalisés sur les tendances et couvertures de change, contactez notre salle de marché :

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Les annonces à suivre

Il y aura encore une actualité économique très dense cette semaine (avec en particulier plusieurs chiffres allemands et la réunion de la banque centrale anglaise) mais ce n’est certainement pas cela qui va vraiment compter. Le marché des changes va continuer de digérer les propos de la banque centrale américaine, ce qui devrait aboutir à un renforcement plus important du dollar américain. Il faudra particulièrement être vigilant concernant la paire EUR/USD qui a enfoncé plusieurs supports importants en seulement quelques jours et qui semble désormais bien partie pour renouer avec les 1,16. A court terme, la volatilité pourrait être toujours présente sur la paire – d’où la nécessité de penser à adopter une stratégie de couverture appropriée.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
21/0614:30Indice d’activité nationale de la Fed de Chicago (Mai)Précédent à 0,24.
22/0616:00Vente de logements existants (Mai)Consensus à 5,75M contre 5,85M précédemment.
23/0609:30PMI manufacturier (Juin)Consensus à 65,9 contre 64,4 précédemment.
24/0610:00Indice IFO du climat des affaires (Juin)Consensus à 98,2 contre 99,2 le mois précédent.
13:00Réunion de la banque centraleRien à attendre. Le taux directeur devrait être maintenu à 0,10%.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Tout va bien…mais pas partout

Tout va bien... mais pas partout

L'hebdo devises 14 juin 2021

Le point macro

Dans l’ensemble, l’horizon économique est dégagé. L’activité repart un peu partout dans les pays développés, ce qui va se traduire par une accélération attendue de la croissance au troisième et au quatrième trimestres à la fois aux Etats-Unis et en zone euro. A en croire les dernières prévisions économiques de la Banque Centrale Européenne (BCE), dévoilées il y a quelques jours de cela, le PIB dans l’Union monétaire devrait croître de 4,7% cette année et l’inflation, même si elle est attendue un peu en hausse, devrait rester très loin de la zone à risque définie par les économistes autour de 2,5%-3,0%. Aux Etats-Unis, les signes positifs de reprise s’accumulent. Le rééquilibrage express du marché du travail se poursuit. Selon les statistiques publiées la semaine dernière, l’économie américaine a connu un nombre record d’ouverture de postes en avril, à hauteur de 9,3 millions. A titre de comparaison, c’est peu ou prou le nombre total de chômeurs. S’ajoute à cela une dynamique très encourageante concernant la vaccination, même si le risque d’une reprise de la pandémie à la rentrée de septembre ne peut pas être complètement écartée (scénario évoqué par certains épidémiologistes en se basant sur la propagation du variant indien).
Tout n’est toutefois pas parfait. Même si la vague de faillite d’entreprises tant redoutée du fait de la pandémie n’a pas eu lieu et ne devrait vraisemblablement pas avoir lieu, des poches de fragilité subsistent. En France, les entreprises ont toutes repris leur activité avec un très fort endettement et des fonds propres faibles. Dans les prochaines années, leur priorité va reposer sur le remboursement de la dette au détriment de l’investissement, ce qui va induire une possible perte de compétitivité de l’économie française. Par ailleurs, beaucoup d’entreprises doivent également faire face à la transformation accélérée de la demande (dans le secteur de la construction en particulier mais pas uniquement) et à un renchérissement des coûts d’approvisionnement (qui va impacter négativement les marges ou être répercuté sur les consommateurs). Hors pays développés, la situation est même explosive. Les risques sont myriades : flambée du prix des denrées alimentaires, menaces sur les taux américains pour les pays endettés en dollar, hausse de la pauvreté, difficultés d’accès aux vaccins et risques de déstabilisation politique. Il s’agit d’un cocktail explosif qui pourrait se traduire par une volatilité plus conséquente des devises émergentes et une baisse marquée de ces dernières face aux devises majeures (Euro et Dollar) à l’avenir.


Le point technique

La situation est bien différente pour les paires majeures du FX (ex : EUR/USD, EUR/GBP, EUR/CHF etc…). La volatilité sur ces paires demeure dramatiquement basse. La semaine passée, le cross EUR/USD est resté calé entre les 1,21 et les 1,22 nonobstant la réunion de la BCE qui est pourtant habituellement considérée comme un évènement prompt à faire beaucoup bouger le marché. Nous restons fondamentalement dans la même configuration attentiste que les semaines précédentes, avec des mouvements limités sur les taux de change des principales monnaies. Autre exemple : la paire EUR/GBP a évolué dans une borne d’à peine 70 points sur les cinq dernières séances. La volatilité implicite sur les trois prochains mois est également basse, ce qui signifie que le marché ne s’attend pas à des remous cet été.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,18741,20241,22461,2325
EUR/GBP 0,84400,8500,86370,8682
EUR/CHF 1,07751,08221,10271,1095
EUR/CAD 1,44901,46021,48251,4937
EUR/JPY 131,53132,52134,49135,48

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Les annonces à suivre

Maintenant que la BCE est derrière nous, l’attention des cambistes va désormais se porter sur la Réserve Fédérale américaine qui se réunit pour deux jours (mardi et mercredi). Il s’agit d’une réunion largement attendue par le marché car elle donnera le ton de la politique monétaire américaine pour les mois à venir. Sauf surprise de dernière minute, les taux et les différents programmes de soutien à l’économie qui ont été mis en place ou renforcés dans la foulée de la pandémie (en particulier les programmes de rachats d’actifs) devraient rester en l’état. Plusieurs membres de la Réserve Fédérale mais également le secrétaire au Trésor américain se sont évertués au cours des dernières semaines à faire passer le message que la politique monétaire est adaptée, en dépit des tensions inflationnistes « transitoires » observées au cours des deux derniers mois (et qui se sont matérialisées par exemple dans le chiffre de l’inflation au mois de mai publié la semaine passée). Le marché des changes a semble-t-il parfaitement intégré le message. Par conséquent, la réunion de la banque centrale devrait être un évènement à faible volatilité pour les paires en USD, notamment l’EUR/USD. Les cambistes ont bien compris que le vrai rendez-vous pour connaître d’éventuels ajustements au niveau des taux ou des programmes de soutien n’aura lieu que fin août, à l’occasion du traditionnel Symposium de Jackson Hole. Cet évènement majeur constitue souvent une opportunité pour les banquiers centraux de faire passer des messages importants concernant une évolution de la politique monétaire. S’ouvre devant nous une fenêtre de quasiment trois mois pendant laquelle il ne faut rien attendre des banques centrales des deux côtés de l’Atlantique.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
16/0608:00IPC (Mai)Précédent à 1,5% sur un an.
14:30IPC core (Mai)Précédent à 0,5% par rapport au mois d’avril.
20:00Réunion de la banque centralePolitique monétaire inchangée.
17/0611:00IPC (Mai)Le consensus table sur un chiffre à 1,6% sur un an contre 2% précédemment.
14:30Indice manufacturier de la Fed de Philadelphie (Juin)Hausse prévue à 43,0 contre 31,5 au mois de mai.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.