Marché des changes : le bal estival des banques centrales

Marché des changes : le bal estival des banques centrales

L'hebdo devises du 29 juillet 2019

Le point macro

La semaine passée fut encore compliquée pour l’EUR/USD sur fond de nouvelles mesures de soutien de la part de la BCE qui devraient être annoncées en septembre prochain. Sur les cinq dernières séances, l’euro affiche sa plus mauvaise performance face au dollar, avec un repli de 1,30%. La paire reste toutefois dans son range des derniers mois, en réussissant à sauvegarder le niveau des 1,11. Sans surprise, la BCE a fait part d’importantes inquiétudes quant au niveau bas de l’inflation, ouvrant la porte à de nouvelles mesures accommodantes. Même s’il en a été peu question, la mauvaise conjoncture en Allemagne, qui se traduit par un effondrement du PMI manufacturier depuis le début de l’année, constitue aussi une autre incitation pour que la banque centrale agisse. Nous tablons sur une baisse de 10 points de base du taux de dépôt, qui passerait de -0,40% à -0,50%, lors de la réunion de septembre et la relance du programme de rachats d’achats, à hauteur de 15 milliards d’euros par mois, d’ici la fin de l’année. Ces mesures couplées à un risque de récession qui reste élevé en Allemagne devraient pousser l’euro à la baisse à moyen terme face au dollar, vers les 1,10.

Comme on le sait, un changement de ton de la part de la BCE impacte aussi directement l’EUR/CHF puisque les politiques monétaires menées à Francfort et à Berne sont liées. En amont de la réunion de jeudi dernier de la BCE, le franc suisse a atteint un point haut de deux ans face à l’euro en enfonçant le seuil des 1,10 qui est considéré comme le catalyseur absolu d’intervention de la Banque Nationale Suisse (BNS). Aucune intervention sur les changes n’a été confirmée mais, au regard du rebond observé sur la paire en fin de semaine dernière, il est probable que la BNS ait racheté des euros pour que la paire renoue avec le niveau des 1,11. Le message est en tout cas limpide : la BNS ne laissera pas le seuil des 1,10 enfoncé durablement.

Enfin, l’euro a réussi à limiter son recul face à la livre sterling (-0,12% sur les cinq dernières séances), simplement parce que le marché des changes a accueilli assez froidement le nouveau Premier ministre britannique et son gouvernement où les ardents Brexiters tiennent une place de choix. Le scénario d’un no-deal Brexit est fortement craint, mais il nous parait exagéré à ce stade. Comme nous vous l’indiquions récemment, nous tablons sur des élections législatives anticipées dans les mois à venir, ce qui permettrait au Royaume-Uni d’obtenir un nouveau délai de la part de l’UE. Ce scénario semble être validé par la nomination de Dominic Cummings, qui est surtout connu pour mener à bien des campagnes électorales, comme conseiller auprès de Boris Johnson. Dans ce cadre-là, un rebond technique de la livre sterling serait possible après sa forte dépréciation des derniers mois (quasiment -4% sur la période mai à fin juillet).


Le point technique

Il s’agit de la dernière semaine où on peut s’attendre à avoir encore de la volatilité sur les paires de devises majeures avant d’entrer dans le mois d’août, qui est traditionnellement marqué par des volumes anémiques et une évolution des devises en range.

Le risque dans les prochains jours se focalisera sur les paires en USD, et notamment l’EUR/USD, du fait de la réunion de la Fed qui est propice à une forte volatilité. En se basant sur l’analyse technique, le champ de bataille pour l’EUR/USD reste baissier, ce qui est renforcé par l’enfoncement des 1,1180 lors des dernières séances. Le prochain seuil technique qu’il faudra absolument surveiller sera la zone de support autour de 1,11-1,1107 qui a été atteinte à quatre reprises depuis le mois d’avril et qui a, jusqu’à présent, permis systématiquement un rebond vers les 1,1280. En cas de cassure durable des 1,11, il faut s’attendre à une extension de la baisse vers les 1,10.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,10671,11071,12701,1319
EUR/GBP 0,88050,89000,90310,9089
EUR/CHF 1,09471,09821,11451,1244
EUR/CAD 1,45501,46021,47101,4765
EUR/JPY 119,03120,10121,57122,25

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Les annonces à suivre

Les différents indicateurs américains attendus cette semaine seront éclipsés par la Fed. A fortiori, il convient de mentionner que les indicateurs de l’emploi (ADP et NFP) sont des indicateurs retardés, ce qui signifie qu’ils évoluent en retard par rapport au cycle économique. De fait, leur intérêt est faible dans une période où la question n’est pas de savoir si nous sommes en fin de cycle – c’est le cas – mais plutôt de savoir comment relancer l’économie. C’est justement ce que va essayer de faire la Fed cette semaine en baissant son taux directeur de 25 points de base. La conférence de presse de J. Powell devrait ouvrir la porte à un mini cycle baissier au niveau des taux d’intérêt qui devrait se poursuivre d’ici la fin d’année.

Toutes les réunions de la Fed ne se valent pas. Certaines ont moins d’impact sur les taux de change que d’autres. Ainsi, la réunion de juin dernier qui avait abouti à un statu quo monétaire avait induit une baisse de l’EUR/USD de seulement 0,07% en intraday. En revanche, la dernière hausse de taux de la Fed, qui avait eu lieu en décembre 2018, avait conduit à une baisse de l’EUR/USD de 1,05% sur la journée. Il faudra s’attendre ce mercredi à une fluctuation du même ordre.

La prochaine édition de l’Hebdo devises sera disponible le lundi 2 septembre. Le mois d’août devrait conduire au maintien des ranges existants sur les principales paires de devises, maintenant que les grandes banques centrales ont dévoilé leurs cartes.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
30/0716:00Confiance des consommateurs du Conference Board (juillet)Nouvelle hausse attendue à 125. Toutefois, il s’agit d’un indicateur en retard par rapport au cycle économique, avec donc peu d’influence sur la politique monétaire de la Fed.
31/0714:15Enquête ADP (juillet)Hausse attendue à 150k au niveau des créations d’emplois dans le secteur privé aux Etats-Unis. Le marché du travail reste bien orienté mais le point de fragilité se situe au niveau des PME (moins de 10 employés) où on a observé une destruction nette d’emplois en juin.
20:00Communiqué de presse de la Fed suivi par la conférence de J. Powell à partir de 20:30C’est finalement l’évènement de la semaine sur les changes : la Fed devrait baisser son taux directeur de 25 pts de base, à 2,25%.
01/0813:00Décision de politique monétaire de la Banque d’AngleterreStatu quo au niveau des taux directeurs, a minima jusqu’au Brexit.
02/0814:30Rapport sur l’emploi américain (juillet)Baisse saisonnière à 170k en juillet attendue par le consensus. Faible impact sur les changes et les paires en USD étant donné que la Fed aura déjà tracé la route pour la politique monétaire des prochains mois.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Pas de pause estivale pour l’euro et la livre sterling

Pas de pause estivale pour l’euro et la livre sterling

L'hebdo devises du 22 juillet 2019

Le point macro

La semaine passée a une nouvelle fois prouvé que le rebond de l’EUR/USD était de courte durée. De nouveaux signaux d’assouplissement monétaire de la part de la BCE (qui seront confirmés dans les prochains jours) auxquels on ajoute de mauvaises statistiques allemandes réactivant le risque de récession pour la première économie de la zone euro ont poussé l’euro dans ses retranchements. Sur les cinq dernières séances, l’euro perd 0,6% face au dollar. La monnaie unique a trébuché mardi suite à un mauvais indicateur ZEW du climat des affaires pour l’Allemagne, cassant son support situé à 1,1240. La baisse de l’euro n’est pas limitée au billet vert puisque la devise reculait sur la même période de 0,09% face au dollar canadien, de 0,6% face au franc suisse et de 0,80% face au yen. Le CHF et le JPY ont bénéficié de leur statut de valeur refuge tandis que le CAD capitalisait sur de bons résultats économiques confirmant un rebond de la croissance au T2 qui devrait être supérieur aux attentes de la Banque du Canada.

Plus inhabituel, l’euro était aussi en recul face à la livre sterling, de l’ordre de 0,2% sur les cinq dernières séances. Même si le marché reste prudent et baissier à moyen terme sur la monnaie britannique en raison des incertitudes concernant le Brexit, on a pu assister à des achats à bon compte de GBP qui ont amplifié le mouvement de baisse généralisée de la monnaie unique. Les fondamentaux économiques britanniques et les perspectives concernant le Brexit n’ont pas changé.

Enfin, le dollar index reste ferme, ancré autour du niveau de 97, du fait des craintes de dérapage de la guerre commerciale. Plusieurs signes de friction entre Washington et Pékin ont ponctué les derniers jours. On notera notamment que pour la première fois depuis le mois d’avril (lorsque les négociations commerciales étaient à un point bas), la Chine a annulé un achat de près de 10 000 tonnes de soja américain. C’est le signe que le marché des changes reste encore en mode aversion au risque et qu’aucune embellie n’est à prévoir dans les semaines à venir au niveau des relations sino-américaines.


Le point technique

Après ce mouvement d’aversion généralisée à l’égard de l’euro, un rebond technique n’est pas exclu même s’il faudra être prudent en raison de l’approche de la réunion de la BCE. La paire EUR/USD reste toujours portée par la zone de support comprise entre 1,12 et 1,1184 ainsi que par une droite de tendance haussière qui remonte au 18 juin dernier.

Il est quasi-certain que la réunion de la BCE de ce jeudi va entrainer un bond de la volatilité accentué par les positions prises en amont par le trading automatique, ce qui va conduire à casser des zones de support ou de résistance. En fonction de la réaction du marché, nous pourrions assister à une hausse de l’euro lui permettant de franchir sa principale résistance à court terme située à 1,1280 avec, en extension, une poursuite possible du mouvement vers les 1,1342.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,11841,12141,12801,1342
EUR/GBP 0,89180,89400,89970,9032
EUR/CHF 1,07411,09351,11431,1194
EUR/CAD 1,45591,46211,47601,4837
EUR/JPY 119,78120,21122,13122,63

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Les annonces à suivre

Cette semaine, les volumes resteront encore assez faibles sur les changes en raison de l’absence des market markers, mais les rares annonces prévues seront de première importance.

Ce mercredi, Boris Johnson devrait officiellement devenir Premier ministre, ce qui risque d’ouvrir une période de forte incertitude pour l’économie britannique et la livre sterling. La campagne pour diriger le Parti Conservateur n’a pas permis de dévoiler un réel plan d’action pour quitter sans encombre l’Union Européenne. Notre scénario de base (40% de probabilité) reste celui d’élections législatives anticipées avant fin octobre, conduisant les autres capitales européennes à offrir un nouveau délai à Londres. Boris Johnson ne bénéficie pas d’un solide capital politique et est très contesté au sein de son parti. Le moindre faux pas pourrait le fragiliser et l’obliger à convoquer des élections. Dans ce contexte, même si la livre sterling est indéniablement sous-évaluée, le potentiel baissier reste élevé.

Ce jeudi, l’attention se portera sur la BCE. Sauf surprise de dernière minute, aucun changement immédiat de politique monétaire ne devrait être annoncé. En revanche, la conférence de presse de Mario Draghi risque de conduire à un regain de volatilité élevé sur les paires en EUR car elle devrait ouvrir la porte à une baisse des taux en septembre. Les dernières minutes du Conseil des Gouverneurs ainsi que les propos tenus par Mario Draghi à Sintra (Portugal) tracent une route claire pour la BCE dans les mois à venir : taux plus bas, ajustement du forward guidance et éventuellement reprise du QE. Nous entrons de nouveau dans une ère de taux ultra-bas que nous n’avons jamais réellement quitté.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
24/07Nom du nouveau Premier ministre connuSauf surprise de dernière minute, l’ancien maire de Londres, B. Johnson, devrait être désigné Premier ministre, ouvrant ainsi une forte période d’incertitude pour la livre sterling.
09:30PMI manufacturier (juillet)Léger rebond attendu à 45,2 mais la tendance de fond reste toujours négative du fait de la guerre commerciale.
25/0713:45Réunion de la BCE suivie par la conférence de presse de Mario Draghi à partir de 14h30Les taux devraient rester inchangés, à -0,40% pour le taux de dépôt et à 0% pour le taux directeur principal. Le marché guettera chaque mot de Mario Draghi pouvant indiquer un assouplissement à venir de la politique monétaire. Nous anticipons ce jeudi seulement un ajustement du forward guidance, avant une baisse de 10 points de base du taux de dépôt le 12 septembre prochain.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


Marché des changes : les banques centrales donnent le la

Marché des changes : les banques centrales donnent le la

L'hebdo devises du 15 juillet 2019

Le point macro

Semaine en zigzag pour l’EUR/USD qui a évolué au gré des banques centrales. Sur la semaine écoulée, l’euro a gagné seulement 0,13%, mais cette faible fluctuation cache des séances de forte volatilité en lien avec les deux auditions du président de la Fed, J. Powell, et avec la publication des comptes-rendus des dernières réunions de la Fed et de la BCE.

Commençons par la Fed. J. Powell a confirmé l’optique d’une baisse préventive des taux de 25 points de base à la fin du mois de juillet, ce qui est déjà « pricé » par le marché. Lors de sa courte audition devant le Congrès américain, il a utilisé de manière combinée les mots « incertitudes » et « risques » pas moins de six fois, en pointant notamment les risques inhérents à la guerre commerciale et au contexte international. En outre, il a indiqué que « plusieurs » membres du FOMC avaient évoqué lors de la réunion de la Fed du mois de juin la nécessité d’avoir des conditions monétaires plus accommodantes. Dans ce contexte, le dollar index, qui représente l’évolution de l’USD face à un panier de devises majeures, notamment l’euro, a perdu un peu de terrain, repassant sous le seuil des 97.

Poursuivons avec la BCE. Le ton accommodant du compte-rendu de la dernière réunion de la BCE a, en revanche, surpris. Il ne fait pas de doutes que la situation économique se dégrade en zone euro, particulièrement au niveau de l’inflation, mais peu d’intervenants de marché s’attendaient à ce que la banque centrale ajuste rapidement sa politique monétaire. Beaucoup anticipaient une action début 2020. Là encore, le consensus a tout faux. Le compte-rendu est explicite : le Conseil des gouverneurs est prêt à adopter des mesures accommodantes, y compris « étendre le forward guidance, reprendre les rachats nets d’actifs et abaisser les taux directeurs ». En conséquent, nous tablons sur deux baisses de taux cette année, de l’ordre de 10 points de base chacune, ce qui aurait un effet négatif sur le taux de change de l’euro à moyen terme.

Dans ces conditions, l’éventualité d’une guerre des devises est de plus en plus probable. La baisse des taux déjà amorcée par certaines banques centrales, et qui va être mise en œuvre prochainement par la Fed et la BCE, va pousser les taux de change à la baisse. Selon les calculs de l’OCDE, qui reposent sur les taux de change effectifs réels (ce qui constitue une mesure parmi d’autres pour évaluer la survalorisation ou sous-évaluation d’une monnaie par rapport à une autre), l’euro est sous-évalué de 25% par rapport au dollar US. Donald Trump a certainement pris connaissance de ce rapport et, alors que les Etats-Unis sont déjà engagés dans un bras de fer avec l’Europe sur les questions des exportations automobiles et de la taxe GAFA, le prochain sujet de friction risque d’être la monnaie.


Le point technique

Avec la période estivale, le marché des changes est déserté à l’instar des autres marchés financiers. On a constaté depuis le début du mois de juillet l’absence des market makers sur les marchés d’options sur future EUR/USD par exemple. S’il n’y avait pas les banques centrales ce mois-ci, la volatilité et les volumes seraient certainement beaucoup plus bas.

L’horizon est désormais un peu plus compliqué à court terme pour l’EUR/USD avec un biais baissier qui risque de se confirmer cette semaine. La paire évolue sous sa moyenne mobile à 200 jours, mais surtout elle a cassé le niveau de la moyenne mobile à 50 jours, situé à 1,1260-65 en fin de semaine dernière. La surprise liée au ton extrêmement accommodant du Conseil des gouverneurs de la BCE explique ce mouvement. A l’exception du RSI qui est neutre, quasiment tous les indicateurs techniques majeurs sont en territoire de vente. En extension, l’EUR/USD pourrait continuer sa baisse vers 1,1165 et 1,1100 dans les prochaines séances.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,11041,11651,13291,1432
EUR/GBP 0,88870,89240,89930,9027
EUR/CHF 1,09481,10091,11681,1202
EUR/CAD 1,45311,46051,48191,4957
EUR/JPY 120,12120,95122,99124,19

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Les annonces à suivre

Le calendrier économique sera beaucoup moins dense que la semaine passée. Le seul indicateur économique qui nous parait d’importance sera la publication de l’indice ZEW du sentiment économique en Allemagne pour le mois de juillet mardi matin. La tendance devrait rester négative, comme les mois précédents, avec un chiffre attendu à -20, ce qui devrait confirmer les inquiétudes exprimées par les économistes concernant la première économie de la zone euro. Etant « data dependent », la BCE va certainement surveiller de près ce nouvel indicateur qui constitue un signal supplémentaire de la nécessité de baisser les taux en zone euro.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
16/0711:00Indice ZEW du sentiment économique (juillet)Nouvelle confirmation de la dégradation économique en Allemagne avec un chiffre attendu en négatif, à -20.
14:30Ventes au détail (juin)0,2% en mensuel contre 0,5% précédemment. Le consommateur américain reste toutefois en très bonne santé.
18/0714:30Indice manufacturier de la Fed de Philadelphie (juillet)Les indices manufacturiers régionaux sont de bons indicateurs avancés de l’indice ISM. Selon le consensus, l’indice pour la région de Philadelphie devrait rebondir à 5,0 contre 3,0 précédemment.

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MARCHÉ DES CHANGES : LA LOI DU TALION

Marché des changes : la loi du talion

L'hebdo devises du 08 juillet 2019

Le point macro

Une colombe à la tête de la BCE. La nomination de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, à la tête de la BCE a été bien accueillie par les cambistes. Bien qu’elle se soit peu exprimée sur la politique monétaire, les rares fois où elle l’a fait, comme en 2013, à l’invitation de la Fed de Kansas City, elle a systématiquement loué les politiques monétaires accommodantes et soutenu les taux d’intérêt négatifs. Elle s’inscrit dans la continuité de Mario Draghi, ce qui a rassuré nombre d’intervenants du marché. En revanche, une colombe à la présidence de la BCE indique que la probabilité de baisse des taux et/ou de reprise du programme de rachats d’actifs (QE) augmente, a fortiori dans un contexte économique négatif. Les dernières statistiques en provenance d’Allemagne, en particulier la forte contraction des commandes industrielles en mai, font craindre une entrée en récession de la première économie européenne. Ce panorama européen contraste nettement avec la solidité de pans entiers de l’économie américaine, comme le marché du travail qui a créé 244 000 emplois en juin dernier. Par ricochet, l’euro s’est affaibli face au dollar, en perdant sur la semaine dernière près de 1,43%, mais il a réussi à préserver le niveau des 1,12.

Le risque de guerre des devises se confirme. La nomination de Christine Lagarde n’a pas dû plaire à l’administration Trump. Dans un tweet, la semaine passée, le président américain a accusé l’Europe et la Chine de manipuler leur taux de change au détriment des Etats-Unis. En l’espace de quelques semaines, il s’agit de la deuxième attaque frontale de la part du Washington sur la question des monnaies. Nous continuons de penser que le troisième pan de la guerre commerciale (après les déséquilibres de la balance commerciale et la guerre technologique) risque d’être une guerre des devises. A la fin des années 80, l’administration Reagan avait ordonné, par décret, à la Réserve Fédérale de New York d’intervenir sur le marché des changes, en vendant des dollars et en achetant d’autres monnaies (yen, deutsche mark, livre sterling) afin de faire baisser le niveau de l’USD. Il n’est pas du tout exclu que l’administration actuelle décide d’agir de la même manière si le dollar index, actuellement autour de 95, continue de rester à un niveau jugé trop élevé.

Le dollar canadien profite du découplage de politique monétaire. Depuis le début de l’année, le CAD a gagné 4,3% face à l’USD et 5,6% face à l’euro, ce qui constitue l’une des performances les plus solides parmi les devises du G10. Le différentiel de taux d’intérêt et d’évolution de la politique monétaire entre le Canada d’un côté, et les Etats-Unis et la zone euro de l’autre, favorise le taux de change du CAD. Toutefois, cette hausse pourrait être de courte durée. Si la Fed annonce une baisse préventive de ses taux à la fin du mois, il est hautement probable que la Banque du Canada s’aligne, comme elle l’a fait systématiquement par le passé.


Le point technique

L’EUR/USD reste toujours soutenu à moyen terme par des facteurs structurels, comme l’évolution des flux de capitaux, et par la perspective que la Fed dégaine la première pour baisser ses taux. Cependant, les mauvaises nouvelles concernant l’Allemagne commencent à inquiéter. Du point de vue de l’analyse technique, l’euro a entamé un pullback baissier après avoir atteint un pic fin juin à 1,1415. A court terme, l’euro reste dans une zone d’indécision qui pourrait entrainer un nouvel excès baissier vers les 1,1184 s’il n’y a pas prochainement de bonnes nouvelles sur la conjoncture européenne.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,10541,11841,14071,1443
EUR/GBP 0,88780,89160,89930,9031
EUR/CHF 1,10201,10601,11431,1186
EUR/CAD 1,43571,45621,50051,5125
EUR/JPY 119,94121,18123,18123,66

Face au dollar canadien, l’euro a un potentiel baissier depuis la cassure du support de long terme situé à 1,4765 la semaine dernière. Même si certains indicateurs, comme le RSI, invitent à la prudence, la prochaine cible devrait être très clairement à la baisse pour la paire, au niveau du support situé à 1,4562.


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Les annonces à suivre

Du point de vue du calendrier économique, cette semaine sera plutôt calme. Les derniers chiffres du marché du travail américain brouillent un peu les cartes sur l’évolution à court terme de la politique monétaire américaine. Le compte-rendu de la Fed attendu ce mercredi pourrait permettre d’y voir plus clair et de confirmer l’optique d’une baisse des taux ce mois-ci. Une grande incertitude demeure cependant quant à l’ampleur – 25 ou 50 points de base.

Toujours du côté des banques centrales, la Banque du Canada va probablement confirmer le maintien de ses taux inchangés à 1,75%, avec un impact faible à attendre sur l’EUR/CAD.

Enfin, le compte-rendu de la dernière réunion de la BCE sera publié ce jeudi. Il n’y aura pas de vrai enjeu pour les changes car il nous parait évident que la banque centrale ne va pas se précipiter pour mettre en œuvre de nouvelles mesures de soutien. A minima, il ne faut rien attendre à ce propos d’ici à la rentrée.

Le mot de la fin va concerner les négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis qui vont de nouveau débuter cette semaine, d’abord par échanges téléphoniques, avant éventuellement d’envisager des rencontres à Pékin et à Washington. Là encore, c’est un sujet de longue haleine.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
10/0716:00Réunion de la banque centraleStatu quo avec maintien des taux à 1,75%
20:00Compte-rendu de la dernière réunion de la banque centraleTous les indices évoquant une possible baisse des taux seront surveillés de près.
11/0713:30Compte-rendu de la dernière réunion de la banque centraleDiscussions plutôt techniques portant sur le programme de soutien aux banques de second rang (TLTRO)

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


L’euro est-il en mesure de renouer avec ses points hauts de 2019 ?

L’euro est-il en mesure de renouer avec ses points hauts de 2019 ?

L'hebdo devises du 01 juillet 2019

Le point macro

Le G20 n’a pas fondamentalement bougé les lignes. La rencontre entre le président Trump et son homologue chinois constituait une belle opération de communication politique, mais n’a certainement pas permis d’opérer un saut stratégique afin de parvenir prochainement à un accord commercial. Etant donné les nombreux points de divergence, une rencontre de seulement 90 minutes n’était pas suffisante. La guerre commerciale et son pans technologique avec Huawei risque de continuer et de créer des tensions cet été sur le marché des changes. Ajoutons à cela, les réunions importantes à la fin du mois de la Fed et de la BCE qui vont certainement créer beaucoup de volatilité sur la paire euro/dollar. En l’absence d’accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis, nous anticipons toujours une baisse de taux préventive par la banque centrale américaine, probablement de seulement 25 points de base. Notons que ce scénario est déjà intégré dans les prix offerts par le marché, ce qui explique la hausse de l’euro de près de 1.88% face au dollar sur le mois écoulé.

En revanche, l’euro restait toujours nettement en repli face au franc suisse, qui sert de valeur refuge pour contrer les nombreux risques géopolitiques actuellement présents (tensions croissantes entre l’Iran et les Etats-Unis, guerre commerciale et Brexit). La monnaie unique affiche un recul sur le mois de juin de 1,30% face au CHF, ce qui constitue sa plus mauvaise performance face à une paire majeure. Résultat, l’euro a frôlé la semaine dernière le seuil stratégique des 1,10 qui, en cas de cassure, entraine quasi-systématiquement une intervention de la Banque Nationale Suisse (BNS) pour faire baisser le taux de change du CHF. Il y a eu des rumeurs – non confirmées – ces derniers jours de rachats préventifs d’euros par la BNS, ce qui pourrait expliquer le retour de la paire vers les 1,11. Il faudra être extrêmement vigilant si vous êtes exposés au CHF dans les semaines à venir. La situation de risque géopolitique élevé couplée à une baisse des volumes sur le forex, qui est normale l’été, pourraient de nouveau pousser l’EUR/CHF vers les 1,10 et entrainer par ricochet de violents mouvements à la hausse en cas d’intervention de la BNS. Il s’agit d’une des paires majeures qui est le plus susceptible de connaître beaucoup de volatilité dans les semaines à venir.


Le point technique

Avec la perspective de baisse des taux de la Fed à la fin du mois, la question de savoir si la paire EUR/USD va être en mesurer de renouer avec ses points hauts de l’année se pose. Les signaux fournis par l’analyse technique sont plutôt positifs. L’EUR/USD a réussi à sortir de son canal baissier de long terme au mois de juin, en parvenant à faire une échappée au-dessus des 1,1215. Le RSI 14 jours, qui est communément utilisé par les investisseurs, est en zone d’achat, autour de 53, et n’indique aucun risque immédiat de surachat. En outre, le mouvement haussier reste encore porté par les moyennes mobiles à 50 jours et à 200 jours. En toute logique, la prochaine cible pour la paire sera de renouer avec la zone des 1,15, mais il faudra pour y parvenir une impulsion venant des indicateurs économiques et/ou des banques centrales. Les statistiques prévues cette semaine pourraient favoriser un mouvement en ce sens.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,11131,12421,14391,1507
EUR/GBP 0,88700,88200,89730,9025
EUR/CHF 1,09611,10311,11961,1292
EUR/CAD 1,45491,47711,51241,5216
EUR/JPY 120,52121,26122,87124,04

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Les annonces à suivre

La principale statistique à surveiller sera la publication, comme chaque premier vendredi du mois, des chiffres de l’emploi américain. Même si le consensus table sur un rebond des créations d’emploi à 165 000 en juin, il s’agit d’un chiffre plutôt décevant par rapport aux niveaux atteints en 2018 et qui pourrait accentuer le repli du dollar face à l’euro en renforçant la probabilité de baisse des taux par la Fed. Ces derniers mois, outre-Atlantique, le marché de l’emploi a montré des signes d’essoufflement. La moyenne mobile à six mois au niveau des créations d’emploi est actuellement à son plus bas niveau depuis la crise de la zone euro sur la période 2011-2012. Par ailleurs, l’indice PMI manufacturier américain, attendu ce jour, devrait afficher un net ralentissement en juin, ce qui serait cohérent avec les données fournis par les indicateurs manufacturiers régionaux ces dernières semaines. Si ces attentes sont confirmées, cela constituera une raison supplémentaire pour baisser les taux. De notre point de vue, la dynamique macroéconomique et ses conséquences au niveau de la politique monétaire paraissent, comme l’analyse technique, plaider pour une appréciation plus importante de l’EUR/USD à court terme.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
01/0716:00Indice PMI manufacturier (ISM)Une confirmation de ralentissement (attendu à 51) renforcerait la possibilité de baisse des taux de la Fed
02/0706:30Décision de politique monétaireBaisse de 25 pdb du taux directeur, à 1%. L’Australie sert souvent de bon baromètre de l’évolution de la politique monétaire mondiale
03/0714:15Enquête ADP sur l’emploi privéConsensus à 140 000 mais, du fait d’une corrélation faible avec l’enquête NFP, son impact sur le forex est faible.
05/0714:30Non-farm payroll (NFP)Les économistes anticipent un rebond à 165 000 créations d’emploi en juin dans le secteur privé. Toutefois, la tendance à long terme (sur six mois) est négative et devrait inciter la Fed à baisser ses taux.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


De la guerre commerciale à la guerre des devises ?

De la guerre commerciale à la guerre des devises ?

L'hebdo devises du 24 juin 2019

Le point macro

Il y a comme une atmosphère de guerre des devises sur le marché des changes. Comme c’était largement attendu, la Fed et la BCE ont ouvert la porte à une politique monétaire plus accommodante dans les mois à venir afin de soutenir l’activité économique. La Fed devrait baisser à deux reprises ses taux cette année, probablement à partir de juillet prochain à hauteur de 50 points de base, tandis que Mario Draghi a clairement ouvert la porte lors du forum de la BCE à Sintra (Portugal) à de nouvelles mesures expansionnistes, qu’il s’agisse d’une baisse des taux et/ou d’une relance du programme de rachats d’actifs (QE). Les commentaires de Mario Draghi n’ont pas été du goût de Donald Trump qui a immédiatement répliqué sur Twitter, accusant la zone euro de manipuler le taux de change de sa monnaie. Une nouvelle étape de la guerre commerciale, sous la forme d’une guerre des devises, devient de plus en plus probable. Voyant que le déficit commercial américain ne se réduit pas, Donald Trump pourrait chercher à faire baisser le taux de change du dollar. Une telle stratégie a déjà été mise en œuvre par les Etats-Unis, au milieu des années 80 et au début des années 90.

L’autre banque centrale à statuer sur sa politique monétaire a été la Banque d’Angleterre (BoE) qui, progressivement, pourrait aussi adopter une politique monétaire plus accommodante. Du fait des incertitudes croissante sur le Brexit, elle a révisé à la baisse ses prévisions de croissance, à zéro au deuxième trimestre. Nous tablons sur une seule baisse de taux cette année, ce qui ne devrait pas aider le taux de change de la livre sterling, en repli de près de 1,7% face à l’euro sur un mois. Cependant, la marge de manœuvre pour baisser les taux est limitée car les anticipations d’inflation des ménages sont en forte hausse, au-dessus de 3%.

Dans le détail, l’euro affiche sa meilleure performance hebdomadaire face au dollar américain avec une progression de 0,50%. Comme nous l’indiquions dans « L’hebdo devises » de la semaine passée, l’euro a tendance à être en hausse face au dollar lorsque la Fed enclenche sa première baisse de taux. Une telle réaction du marché s’est produite lors des six derniers cycles d’assouplissement aux Etats-Unis et a toutes les chances de se produire à l’aube de ce septième cycle. Par conséquent, on peut anticiper une poursuite de la hausse encore au mois de juillet. En revanche, l’euro était en repli face aux valeurs refuge, notamment le CHF et le JPY, respectivement de l’ordre de 0,80% et de 0,06%, en raison de l’accentuation des tensions géopolitiques dans le détroit stratégique d’Ormuz, où l’Iran et les Etats-Unis s’affrontent.


Le point technique

La question de la poursuite du mouvement haussier de l’euro face au dollar va aussi dépendre de l’analyse technique. L’euro est récemment sorti de son canal baissier de long terme. La devise a rebondi le 18 juin dernier sur sa moyenne mobile à 50 jours, juste après le discours accommodant de Mario Draghi, et conserve de notre point de vue un potentiel haussier à court terme, au moins jusqu’à 1,1380, qui correspond à la moyenne mobile à 200 jours. Une cassure de ce niveau pourrait permettre une extension de la hausse mais nous n’y sommes pas encore.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,11111,11611,13931,1534
EUR/GBP 0,88730,88420,89340,8964
EUR/CHF 1,09951,10581,12451,1294
EUR/CAD 1,48301,49321,50861,5136
EUR/JPY 120,57121,14122,73123,75

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Les annonces à suivre

Cette semaine, il y aura trois fils conducteurs : le risque géopolitique, les banques centrales et les relations sino-américaines.

Une nouvelle escalade des tensions entre l’Iran et les Etats-Unis n’est pas à exclure, étant donné la forte détérioration des relations depuis le mois d’avril. Les responsables iraniens, conscients que Donald Trump a de solides chances d’être réélu pour un second mandat, ont changé d’attitude ces dernières semaines et semblent prêts à un long bras de fer avec Washington. Même si un scénario de guerre est peu probable, une accentuation sporadique des tensions au cours des prochaines semaines est envisageable, favorisant les valeurs refuge sur le marché des changes. L’été est coutumier de ces montées d’adrénaline dans le Golfe Persique.

Par ailleurs, le discours de J. Powell sera très attendu ce mardi car il devrait confirmer le biais ouvertement accommodant de la banque centrale américaine et rassurer le marché sur la perspective de baisse des taux attendue en juillet prochain.

Enfin, le G20 d’Osaka devrait aboutir à une réunion au sommet entre l’exécutif chinois et américain si tout se passe comme prévu. Il s’agira surtout d’un exercice de communication politique avec peu de retombées concrètes. La possibilité d’un accord commercial est faible à court terme. Etant donné les nombreux sujets de divergence, il faudra de longs mois de négociations pour parvenir à un accord, à condition que la situation politique entre les deux pays le permette.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
24/0610:00Indice IFO du climat des affairesProbable nouvelle baisse en lien avec les craintes entourant la guerre commerciale
25/0619:00Discours du président de la Fed, J. PowellIndications concernant une baisse des taux en juillet
27/0614:30PIB trimestriel au T1 (dernière estimation)Hausse à 3,2% contre 3,1% lors de la précédente estimation
28/0610:30PIB trimestriel au T1Confirmation d’une hausse à 0,5% du fait d’une progression des stocks en prévision du Brexit

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


MAUVAISE SEMAINE POUR L’EURO. ET MAINTENANT ?

Mauvaise semaine pour l'Euro. Et maintenant?

L'hebdo devises du 17 juin 2019

Le point macro

La semaine passée, l’EUR/USD a enregistré sa plus forte baisse hebdomadaire depuis le mois de mars (-1,15%), avec un point bas sur la période atteint à 1,1200. Le détonateur de la baisse fut la publication de solides statistiques américaines qui semblent écarter l’hypothèse dès juin d’une baisse des taux de la Fed. Le bond des ventes au détail en mai de 0,5% confirme la bonne santé du consommateur américain, malgré des poches de fragilité bien connues, comme les défaillances sur les cartes de crédit ou les prêts automobiles. Ajoutons à cela l’accentuation du risque politique qui a pénalisé l’euro. Les tensions sino-américaines et l’escalade verbale entre l’Iran et les Etats-Unis suite à un incident dans le détroit stratégique d’Ormuz, qui permet le transit du pétrole entre l’Asie et l’Europe, ont favorisé les valeurs refuge. La baisse de l’euro face au dollar n’était pas isolée puisqu’elle était aussi notable face aux autres monnaies refuge : -0,84% face au yen et -0,05% face au franc suisse.

Le repli moins important face à la monnaie helvétique résulte de l’avertissement envoyée par la Banque Nationale Suisse lors de la sa réunion du 13 juin. A cette occasion, elle a confirmé le maintien de sa politique monétaire inchangée (taux d’intérêt négatif à -0,75% et poursuite du biais expansionniste), mais elle a surtout constaté que le CHF continue de se renforcer face au panier de devises de référence, induisant une courbe négative pour le commerce extérieur. En conséquent, elle a confirmé se réserver la possibilité d’intervenir sur le marché des changes pour éviter une appréciation trop importante. Bien que ces propos ne constituent en rien une surprise – nous en avions dévoilé la teneur dans L’Hebdo devises de la semaine dernière – ils ont certainement eu pour effet de freiner le mouvement haussier du CHF.

Finalement, parmi les monnaies majeures, c’est uniquement face à la livre sterling que l’euro a réussi à rester en territoire positif (avec un faible +0,01% sur la semaine écoulée). L’incertitude liée au Brexit constitue une épée de Damoclès pour la livre sterling. Maintenant que le nom du successeur de Theresa May est connu – il s’agira sauf surprise de dernière minute de Boris Johnson – il convient de savoir si de nouvelles négociations sont possibles avec l’UE afin d’éviter un hard Brexit. Boris Johnson a maintenu l’engagement de sortie de l’UE au 31 octobre prochain mais souhaite avant cela renégocier l’accord conclu avec l’UE. Jusqu’à présent, il a reçu une fin de non-recevoir de la part de Michel Barnier, chargé du dossier du Brexit du côté européen. Etant donné l’incertitude persistante, il n’y a aucune perspective durable de rebond du GBP à court et à moyen terme.


Le point technique

En ce début de semaine, la question qu’on se pose légitimement est de savoir si l’EUR a une capacité de rebond après avoir perdu beaucoup de terrain lors des dernières séances. Si on en juge par les positions prises par les fonds spéculatifs, ils s’attendent à ce que l’euro reprenne progressivement du terrain face au dollar. Leurs positions shorts sur l’EUR/USD depuis début juin ont diminué de 12899 contrats, pour atteindre le niveau de 86792 contrats. Cette baisse sur une période si courte est conséquente et semble traduire un changement des attentes du marché à l’égard de l’évolution de l’EUR/USD, au moins à court terme.

Le positionnement des traders est cohérent avec les mouvements qu’on peut habituellement constater avant une première baisse des taux par la banque centrale américaine. Comme nous l’indiquions déjà la semaine passée, historiquement, depuis les années 80, tous les cycles de baisse des taux de la Fed ont initialement abouti – autour de la première baisse des taux – à une hausse de l’euro (ou du deutsche mark) face à l’USD.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,10891,12091,14021,1471
EUR/GBP 0,87980,88470,89520,9030
EUR/CHF 1,10871,11411,12291,1262
EUR/CAD 1,49891,49391,51181,5198
EUR/JPY 120,10121,36123,29123,97

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Les annonces à suivre

Cette semaine, les banques centrales seront sur le devant de la scène, avec des décisions attendues au Japon, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni ainsi que la publication d’indicateurs de premier ordre, notamment les PMI européens, l’IPC britannique et le PIB de Nouvelle-Zélande. En outre, comme chaque année, la BCE tiendra sa conférence annuelle à Sintra, du 17 au 19 juin, à laquelle participera Mario Draghi.

Cependant, ce sera bien la réunion de la FED qui dictera la direction des devises. Nous nous attendons à ce que la banque centrale adopte un ton plus accommodant, dans un contexte d’accentuation du risque, qui devrait avoir un effet négatif sur le dollar. Malgré le maintien d’une croissance solide aux Etats-Unis, la FED n’a pas d’autre choix que de rassurer le marché sur sa capacité de réaction et sa volonté à soutenir l’économie américaine qui fait face à des vents contraires venus de l’extérieur. Ce ton accommodant devrait ouvrir la porte à une baisse des taux lors de la réunion du mois de juillet, en ligne avec les attentes des traders.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
18/0611:00Indice ZEWConfirmation d’une baisse du sentiment économique en juin (attentes à -5,8)
19/0620:00Banque centralePublication du communiqué à 20h et surtout conférence de presse à 20h30. Ton accommodant.
20/0613:00Banque centralePolitique monétaire inchangée. Taux maintenus à 0,75%.
21/0609:30PMI manufacturierHausse attendue en juin à 44,6 mais toujours largement en territoire de contraction.

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


BOND DE L’EURO FACE A L’USD ET AU JPY

Bond de l'Euro face à l'USD et au JPY

L'hebdo devises du 10 juin 2019

Le point macro

Nous avons eu deux confirmations au cours de la semaine écoulée : l’économie mondiale, y compris américaine, connait un abrupt coup d’arrêt qui n’est pas sans lien avec le renforcement de la guerre commerciale, et les banques centrales sont sous pression pour intervenir. Intuitivement, on pourrait croire que les devises à risque, comme l’euro, seraient pénalisées face aux valeurs refuge, USD, CHF et JPY. Il n’en fut rien. L’euro ressort en hausse sur les cinq dernières séances : +1,28% face à l’USD, +1,06% face au JPY et seulement un repli marginal de 0,06% face au CHF. La hausse s’explique par la conjonction de deux phénomènes : des rachats à bon compte et également un discours de la part de la BCE qui a rassuré. Comme c’est toujours le cas, Mario Draghi a parfaitement répondu aux attentes : il a tenu un discours très accommodant, en repoussant de nouveau la perspective de hausse des taux d’intérêt, et il a assorti ce discours de l’annonce de l’octroi de prêts à long terme aux banques de la zone euro à des taux ultra-compétitifs.

La hausse de l’euro face au dollar est aussi explicable par la dégradation économique aux Etats-Unis qui renforce les anticipations de baisse des taux. En effet, sur la semaine écoulée, la plus forte séance de progression de l’euro face à l’USD a eu lieu vendredi dernier, avec un bond de plus de 0,50%. C’est le jour où les créations d’emploi aux Etats-Unis pour le mois de mai ont été publiées. Elles sont ressorties en forte baisse, à 75000 vs 175000 selon le consensus. En outre, les créations d’emploi pour mars et avril ont aussi été revues fortement à la baisse, confirmant qu’il ne s’agit pas d’un coup de frein passager du marché de l’emploi américain. Etant donné l’évolution de la conjoncture, on voit mal comment la Réserve Fédérale pourrait faire l’économie d’une baisse de taux dans les mois à venir. Selon le marché, celle-ci pourrait intervenir dès le mois de juillet.

Toutes les banques centrales ne sont pas confrontées à la même pression. Le compte-rendu de la réunion de la Banque du Canada était instructif : il n’y avait pas moins de six mentions soulignant la bonne orientation de l’économie nationale et de l’inflation. Parmi les monnaies majeures, c’est d’ailleurs seulement face au dollar canadien que l’euro perdait nettement du terrain sur la semaine écoulée, avec un repli de 0,59%.


Le point technique

La question qu’on peut se poser est de savoir si cette hausse de l’euro va perdurer. Si on se réfère à l’analyse technique, l’orientation reste toujours baissière face au yen et au franc suisse. C’est également confirmé par les attentes du point de vue de la macroéconomie. Les remous de la guerre commerciale et les craintes de récession favorisent les valeurs refuge, à l’exception du dollar.

En revanche, l’optique est plus favorable face au dollar américain. La perspective de baisse du loyer de l’argent aux Etats-Unis couplée au franchissement de la moyenne mobile à 50 jours et de la borne des 1,13 pourrait permettre à l’EUR/USD de continuer sur sa lancée à court terme en direction des 1,1352 et 1,1366. Pour envisager une extension du mouvement haussier, il faudrait franchir la moyenne mobile à 200 jours située à 1,1396, mais ce scénario est peu probable car le rebond de l’euro manque de puissance.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,11641,11961,13521,1366
EUR/GBP 0,87510,87960,89200,9005
EUR/CHF 1,11021,11401,12481,1317
EUR/CAD 1,49421,50201,51501,5203
EUR/JPY 119,66120,30123,45125,35

Les annonces à suivre

La semaine qui commence va être encore marquée par l’impact des mauvais chiffres de l’emploi américain qui vont renforcer les attentes de baisse des taux outre-Atlantique. C’est négatif pour le dollar. Une baisse de l’inflation aux Etats-Unis pourrait donner les coudées franches à la Réserve Fédérale pour enclencher une baisse des taux à court terme. En outre, nous pourrions avoir de nouveaux salves au niveau de la guerre commerciale puisque le Département du Commerce américain étudie la mise en place de tarifs douaniers à l’égard des pays qui auraient volontairement une monnaie sous-évaluée. Aucun pays n’a nommément été cité mais on peut penser notamment à la Chine et à la zone euro. Si c’est avéré, la guerre commerciale se transformerait ouvertement en guerre des devises.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
10/0610:30PIB (en mensuel et en annuel)Confirmation ou pas de l’effet Brexit sur la dynamique de croissance
12/0610:15Discours de DraghiConfirmation des éléments dévoilés lors de la conférence de presse de jeudi dernier
14:30IPC coreUne baisse pourrait offrir plus de marge de manœuvre à la Fed pour diminuer ses taux d’intérêt
13/0609:30Réunion de la banque centrale suivie par la conférence de presse à 10hA scruter, tous les commentaires à l’égard du niveau du taux de change du CHF

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


POLITIQUE ET BCE AU MENU CETTE SEMAINE

Politique et BCE au menu cette semaine

L'hebdo devises du 03 juin 2019

Le point macro

Le terrain de jeu est resté étroit pour l’EUR/USD. La paire a évolué dans un range de seulement 59 pips sur la semaine écoulée. Le résultat des élections au Parlement européen n’a pas provoqué de regain significatif de la volatilité. C’est finalement le statu quo qui l’emporte avec une poursuite lente de la tendance baissière bien amorcée depuis le 1er janvier.

Coup de Trafalgar du président américain Donald Trump. Vendredi dernier, il a annoncé la mise en place de tarifs douaniers avec le Mexique alors qu’a été négociée il y a quelques mois de cela entre Toronto, Washington et Mexico une nouvelle mouture de l’ALENA. Si le Mexique « n’arrête pas le flux d’étrangers illégaux passant par son territoire », l’administration américaine va mettre en place des droits de douane à hauteur de 10% au 1er juillet, qui pourraient grimper de 5 points de pourcentage chaque mois jusqu’à la limite de 25% en octobre. Réaction immédiate sur le marché des changes : le peso mexicain s’est effondré de plus de 2% lors de la séance de vendredi, atteignant un point bas à 19,80 pour un dollar, avant d’effacer un peu ses pertes. Le dollar canadien a aussi perdu du terrain (-0,37% face à l’euro) alors qu’il n’avait pas réagi les jours précédents au chiffre du PIB canadien et très peu à l’issue de la réunion de la Banque du Canada (statu quo monétaire à 1,75%). Les investisseurs craignent une remise en cause de la nouvelle version de l’accord commercial nord-américain.

Toutefois, le Dollar Index ne bénéficiait pas de ce nouvel esclandre puisqu’il était en retrait sur la journée de vendredi, autour de la zone des 98.00. Comme nous le rappelions il y a peu, le dollar index n’est pas le grand vainqueur de la guerre commerciale car le marché considère que les Etats-Unis vont être affaiblis économiquement. A ce jour, 31% des investisseurs tablent sur une baisse des taux d’intérêt par la Fed pour soutenir l’activité d’ici la fin de l’année, et 35% tablent sur deux baisses des taux.


Le point technique

L’EUR/USD est toujours coincé dans un biseau dont la formation remonte à septembre 2018. Cela signifie que la tendance à long terme est inchangée, à la baisse en direction de 1,10. En fin de semaine dernière, la monnaie unique a regagné un peu de terrain face au dollar, en franchissant la ligne de résistance située à 1,1140 mais ce sursaut risque d’être éphémère. La paire évolue toujours nettement sous ses moyennes mobiles à 50 jours et à 200 jours ce qui laisse peu de doutes sur la suite des évènements. En outre, un ton plus accommodant attendu par la BCE lors de sa réunion du milieu de semaine devrait accroître les risques d’inflexion baissière.

On observe la même configuration au niveau de l’EUR/JPY, confirmée par les moyennes mobiles et le RSI, qui s’explique par le fait que le yen japonais sert de valeur refuge face au risque inhérent à la guerre commerciale. La paire de devises est en chute libre, à un point bas de mai 2017, et risque rapidement de rallier ses deux prochaines zones de support, à 119,91 et à 119,58.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,10701,11381,12431,1280
EUR/GBP 0,86710,87430,88690,8923
EUR/CHF 1,10371,11381,12821,1340
EUR/CAD 1,48561,49591,51321,5200
EUR/JPY 119,58119,91123,43124,39

Les annonces à suivre

Le fil directeur de cette semaine sera la politique et les banques centrales. Sur le front de la guerre commerciale, selon le Financial Times, la Chine pourrait annoncer de nouvelles mesures de représailles à l’égard des Etats-Unis, en mettant certaines entreprises américaines à l’index.

En outre, la politique s’invitera aussi en Europe avec la démission formelle du Premier ministre britannique Theresa May le 7 juin prochain, ouvrant la porte à une longue course de succession qui va s’étaler du 10 juin à la fin du mois de juillet. Pour la livre sterling, l’incertitude politique va se traduire par un regain baissier face au dollar et à l’euro.

En Europe continentale, le 5 juin prochain, la Commission Européenne doit présenter ses recommandations aux Etats-membres concernant leur trajectoire de dette et de déficit. A cette occasion, un bras de fer devrait s’engager avec l’Italie qui souhaite s’émanciper du Pacte de Stabilité et de Croissance, ce qui devrait accentuer le biais baissier de l’euro.

Enfin, la réunion de la BCE qui devrait être a priori plutôt technique, car fournissant des détails sur le programme de soutien aux banques (appelé programme de refinancement à très long terme), pourrait aussi conduire à un ajustement du forward guidance en direction d’un ton plus accommodant au regard des risques que fait peser la guerre commerciale sur la dynamique économique. Un autre signal baissier pour l’euro.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
03/0616:00ISM manufacturier pour le mois de maiHausse attendue par le consensus à 53,0
04/0615:45Discours du président de la Fed, J. PowellEventuelles indications sur le contexte international et la marge de manœuvre de la Fed
05/0614:15Enquête ADP pour le mois de maiBaisse des créations d’emplois à 185 000
06/0614:30Réunion de la BCEMaintien des taux inchangés
14:30Conférence de presse de Mario DraghiDétails techniques sur le programme de soutien aux banques et possibles commentaires sur la guerre commerciale
14:30Non-Farm Payroll pour le mois de maiTaux de chômage stable à 3,6% et créations d’emplois en baisse à 180 000

Les informations présentées sur cette publication, vous sont communiquées à titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat, et ne doivent en aucun cas servir de base ou être pris en compte comme une incitation à s’engager dans un quelconque investissement.


LA POLITIQUE À L’ASSAUT DU MARCHÉ DES DEVISES

La politique à l'assaut du marché des devises

L'hebdo devises du 27 mai 2019

Le point macro

Le résultat des Européennes a réservé peu de surprises, à part la hausse de la participation en France. Un peu partout en Europe, les écologistes ont affiché de solides résultats, comme c’est souvent le cas pour ce type de scrutin. Les partis populistes et eurosceptiques ont confirmé leur assise électorale avec parfois de fortes percées comme en Hongrie où le parti du Premier ministre Viktor Orban était à 56%. Avant d’envisager la formation d’un seul bloc populiste au Parlement européen, de longues négociations doivent avoir lieu. On sait ainsi que le parti populiste au pouvoir en Pologne ne souhaite pas siéger avec le Rassemblement National. Il est donc encore trop tôt pour connaître les vraies implications politiques des résultats d’hier. L’ajustement sur le taux de change de l’euro à l’ouverture du marché était prévisible puisqu’on sait que des fonds avaient pris des positions spéculatives sur l’EUR/USD avant les élections. Les évènements d’hier ne remettent pas en cause notre scénario baissier pour la paire à moyen terme et ne constituent pas un risque supplémentaire.

L’autre grand sujet de la semaine passée sur le marché des changes fut la confirmation, après plusieurs jours de rumeurs insistantes à ce propos, de la démission du Premier ministre Theresa May qui a été poussée vers la sortie par son Cabinet. Dans la foulée, la livre sterling a accentué ses pertes face à l’euro, perdant en l’espace de cinq séances l’équivalent de 0,42% avec un point bas hebdomadaire à 0,8720. Depuis le référendum de 2016, la monnaie britannique est devenue le baromètre de l’évolution du Brexit. Le message envoyé est limpide : la situation politique, déjà compliquée, parait désormais inextricable.

Voici le calendrier politique qui attend le GBP dans les semaines à venir :
– 7 juin – départ de Theresa May
– 10 juin – début de la campagne officielle pour choisir un nouveau leader du Parti Conservateur
– Fin juillet – élection du nouveau chef du Parti Conservateur

Afin d’asseoir sa légitimité, il est probable que le remplaçant de Theresa May convoque des élections générales en septembre ou en octobre prochain, ce qui pourrait une fois de plus retarder la sortie du Royaume-Uni de l’UE, fixée à ce jour à fin octobre.

Pour la livre sterling, les prochaines échéances politiques vont encore plus accentuer la pression baissière. L’EUR/GBP pourrait renouer avec ses points hauts annuels atteints en janvier dernier et qui servent désormais de résistances. Il s’agit des niveaux de 0,8928 et de 0,9087.

Enfin, comme vous l’aurez remarqué, il y a eu un regain de volatilité sur le franc suisse suite à la suppression par référendum dans la Confédération des privilèges fiscaux des multinationales. Ce regain de volatilité fut éphémère et n’a pas remis en cause la tendance de fond face à l’euro. Sur les cinq dernières séances, l’EUR/CHF continuait de se replier, comme c’est le cas depuis le début de l’année, avec une baisse de l’ordre de 0,44%. Dans l’optique du marché, le franc suisse continue de jouer son rôle de valeur refuge, surtout pour faire face aux risques de ralentissement de l’activité en zone euro qui ont ressurgis suite à la publication de très mauvais PMI manufacturiers.


Le point technique

Du point de vue de l’analyse technique, l’euro poursuit son orientation baissière moyen terme face à ses principales contreparties, à l’exception de la livre sterling. Ainsi, il faudra surveiller les supports suivants : 1,1070 face à l’USD, 1,1138 face au CHF et 121,19 face au JPY.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,10701,11381,12431,1280
EUR/GBP 0,86710,87430,88690,8923
EUR/CHF 1,11381,11821,12821,1340
EUR/CAD 1,48561,49591,51321,5200
EUR/JPY 121,19121,83123,43124,39

Ajoutons à cela que si l’on se base sur la parité de pouvoir d’achat, qui permet d’évaluer si une devise est surévaluée ou sous-évaluée par rapport à une autre, l’euro est actuellement surévalué de 6% face au dollar américain, malgré sa baisse de près de 4% sur un an. Nous interprétons cette donnée comme un argument supplémentaire, avec le ralentissement économique à l’œuvre et l’accentuation du risque politique au niveau global, allant dans le sens d’une dépréciation plus importante à venir de l’euro face au dollar.


Les annonces à suivre

Les chiffres de l’inflation, des ventes au détail et du taux de chômage en Allemagne seront publiés cette semaine. Le recul du nombre de chômeurs en mai devrait être moins important que le mois précédent (-8000 vs -12000 en avril) mais on devrait avoir une reprise des dépenses de consommation et de l’inflation.

Nous nous attendons également à ce que l’incertitude perdure encore quelques jours concernant l’impact politique réel des élections européennes. Les coalitions possibles qui ont été dévoilées dimanche soir sont encore fluctuantes, notamment en ce qui concerne les partis populistes et eurosceptiques.

En outre, les chefs d’Etat et de gouvernement restent à la barre en ce qui concerne les nominations à venir pour la Commission Européenne, comme va le rappeler le Conseil Européen prévu le 28 mai prochain. Le risque de blocage institutionnel de l’UE par les populistes, provoquant dans la foulée un effondrement de l’euro, relève selon nous du fantasme.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
29/0509:55Evolution du nombre de chômeurs en mai-8000 vs -12000 précédemment
16:00Réunion de la Banque du CanadaStatu quo monétaire à 1,75%
30/0514:30PIB au T1Publication de l’estimation finale à 3,1% contre 3,2% précédemment
31/0514:30PIB mensuel (mars)Progression à 0,2%

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