Les politiques monétaires ultra-accommodantes des banques centrales avaient fait disparaître la volatilité. Celle-ci est de retour. Ce n’est pas à cause du regain de risque géopolitique. C’est lié à la structure même des marchés financiers. Ils sont désormais dominés par des algorithmes, qui ont une logique de flux, dans un contexte de levier élevé. Cela signifie qu’il va certainement falloir s’habituer à des pics de plus en plus fréquents de volatilité sur les devises à l’avenir.
Le retour de la volatilité sur les places financières est le phénomène marquant de ce début d’année. Cela concerne pour l’instant moins le Forex que les actions. Mais nous doutons que les devises puissent rester longtemps à l’écart. Comment expliquer ce regain de volatilité ? La géopolitique ? Non. Selon nous, c’est lié essentiellement au fait que les fonds spéculatifs, qui prennent des positions à court terme sur le marché, jouent un rôle de plus en plus important dans la formation des prix. Les dernières études montrent qu’ils contribuent à 25% des volumes échangés sur les actions…et à 60% de ceux sur les dérivés FX. C’est énorme. Problème, ils utilisent souvent des effets de levier. En moyenne, l’an dernier il était de x2,98 – en hausse par rapport aux dernières années. Mais cela cache d’importantes disparités. Par exemple, l’effet de levier moyen des fonds macro (qui basent leur stratégie sur l’étude du cycle économique) est de x9. Quand tout va bien, cela contribue à la bonne tenue des marchés et à la hausse des actions. Mais quand la confiance s’érode, cela peut entraîner les marchés fortement en baisse et accroître sensiblement la volatilité, en particulier sur les devises. À l’ère de la mondialisation financière et de l’essor des algorithmes, on aurait tort de croire que ce qui se passe sur les actions ne va pas entraîner des conséquences sur les devises. Pour preuve, la hausse de début février du dollar américain était essentiellement liée à la panique sur les actions technologiques américaines, notamment le segment des logiciels qui est perçu comme le plus vulnérable face à l’essor de l’intelligence artificielle. Face au regain d’aversion au risque, le dollar a joué son rôle de valeur refuge le temps que la crise passe.
À l’avenir, nous nous attendons à ce que le marché des changes soit de plus en plus contaminé par ce qui passe sur les actions et les obligations. Nous sommes face à des marchés techniques, dominés par des logiques de flux et avec des effets de levier élevés (qui n’ont cessé d’augmenter ces dernières années). Selon nous, il va falloir s’habituer à des pics de plus en plus fréquents et soudains de volatilité qui peuvent disparaître aussi rapidement qu’ils sont apparus. C’est une nouvelle donne pour les entreprises qui doivent aussi prendre en compte ce nouveau paramètre dans leur stratégie de couverture de change.
Le point technique
Heureusement, certaines monnaies sont plus stables que d’autres. C’est le cas du yuan chinois qui est administré par Pékin. La devise est en phase d’ajustement à la fois face au dollar américain et à l’euro. La semaine dernière, elle a atteint un point bas depuis mai 2023 face au billet vert. Au passage, cela confirme une nouvelle fois que les autorités chinoises ne cherchent en aucun cas à dévaluer leur monnaie qui est déjà un niveau très bas. Ce serait suicidaire. La triple dévaluation de l’été 2025 a laissé des stigmates pendant plusieurs années.
À surveiller car cela pourrait avoir un effet sur le yen. Le gouvernement japonais envisage de puiser dans les abondantes réserves de change du pays pour financer le plan de relance massif présenté en novembre et éviter une envolée des taux de la dette à long terme. Ce n’est pas encore finalisé. Mais c’est une idée qui a été évoquée par le ministre des Finances japonais il y a une semaine. Difficile de savoir exactement quel impact cela aurait sur la monnaie nippone. Dans l’immédiat, la tendance est toujours nettement baissière à la fois face à l’euro et au dollar. Nous maintenons notre objectif pour l’EUR/JPY à 190.
Enfin, un mot sur les devises émergentes qui affichent une résilience impressionnante, en particulier celles d’Amérique latine. Prenons le peso colombien. Il est en hausse de 2,30% face à l’euro depuis le début d’année. Deux facteurs ont joué. Premièrement, la banque centrale colombienne a augmenté de 100 points de base son taux directeur au début du mois de février pour contrer les effets inflationnistes d’une hausse surprise du salaire minimum local. Par ailleurs, beaucoup d’investisseurs étrangers ont décidé d’investir sur les actions émergentes. Ces flux de capitaux constants accroissent la demande pour les monnaies locales et donc font augmenter leur taux de change. Le cas du Brésil est exemplaire. En janvier, plus de 2,3 milliards de dollars de flux de capitaux sont entrés sur les actifs brésiliens. Sur la même période, le real brésilien a augmenté de 4%. L’année 2026 devrait être celle des devises émergentes !
Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.
| Supports | hebdo | Résistances | hebdo | |
|---|---|---|---|---|
| S2 | S1 | R1 | R2 | |
| EUR/USD | 1,1688 | 1,1790 | 1,2040 | 1,2200 |
| EUR/GBP | 0,8545 | 0,8590 | 0,8733 | 0,8748 |
| EUR/CHF | 0,9059 | 0,9100 | 0,9288 | 0,9332 |
| EUR/CAD | 1,5848 | 1,5900 | 1,6190 | 1,6294 |
| EUR/JPY | 180,88 | 181,22 | 185,44 | 186,00 |
Les annonces à suivre
Le calendrier économique de la semaine est presque vide, avec seulement quelques statistiques américaines mais qui ne sont pas de premier plan. En revanche, il faut s’attendre à une baisse des volumes échangés sur le Forex en raison d’un lundi férié aux États-Unis (anniversaire de George Washington) et du Nouvel An chinois toute la semaine. Il est donc possible qu’il y ait des mouvements erratiques sur certaines paires de devises, surtout si l’actualité est anxiogène. Prudence.
Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.
| Jour | Heure | Pays | Indicateur | À quoi s'attendre ? |
|---|---|---|---|---|
| Le 19/02/2026 | 14:30 | USA | Indice manufacturier de la Fed de Philadelphie (Février) | Précédent à 12,6. |
| Le 20/02/2026 | 14:30 | USA | Première estimation du PIB au T4 | Précédent à 4,4% sur un an. |
| Le 20/02/2026 | 15:45 | USA | PMI manufacturier (Février) | Précédent à 52,4 (en phase d’expansion) |
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