Chaque année apporte son lot de nouveaux risques. Et si en 2026 il fallait s’inquiéter des positions non couvertes sur le yen ? Pendant des années, les investisseurs ont emprunté à bas coût en yen pour investir en dollar et en euro. Patatras, la Banque du Japon a augmenté ses taux et va continuer de le faire ! Cela met en péril ces opérations autrefois rentables et pourrait provoquer, dans la foulée, des remous sur d’autres devises.
C’est complètement passé inaperçu. Et pourtant, c’est un risque à prendre en considération. Les taux d’emprunt japonais ne cessent d’augmenter depuis plusieurs mois, atteignant pour certaines maturités des niveaux records. Prenons l’obligation souveraine japonaise à 30 ans. Il y a sept ans, alors que la Banque du Japon (BoJ) pratiquait une politique monétaire ultra-accommodante, son taux de rendement était à 0,10%. C’était anormalement bas pour une telle échéance. C’est désormais à un point haut à 3,40%. Et ça continue de grimper ! C’est le cas également pour les maturités plus courtes, à 20 ans ou à 10 ans. Comment expliquer cela ? Normalisation de la politique monétaire par la BoJ, inquiétudes sur l’endettement japonais qui s’accroît, et recours de plus en plus important à la dette par l’exécutif nippon qui a d’ailleurs présenté en fin d’année dernière un nouveau plan de relance budgétaire équivalent à 6% du PIB.
En quoi est-ce important pour nous ? Pendant des années, la politique monétaire ultra-accommodante du Japon a fait fructifier le carry trade. Dans ce cadre-là, des investisseurs, souvent des institutionnels et des fonds spéculatifs, ont emprunté à bas prix en yen pour investir sur des actifs en dollar (des bons du Trésor américain voire des actions), et parfois aussi en euro. Le tout, sans couverture. Problème, cela fonctionne bien tant que le Japon maintient des taux bas. Mais ce n’est désormais plus le cas. Le marché des changes anticipe même une nouvelle hausse des taux de 50 points de base cette année. Cela pourrait entraîner le débouclage de positions non couvertes sur le yen, en mode panique. Ça s’est déjà produit à l’été 2024. La BoJ avait pris de court le marché en augmentant son taux directeur. Le yen avait été chahuté ainsi que d’autres devises et les actions internationales. Ce risque est toujours présent. Est-ce qu’il y a une probabilité élevée qu’il se matérialise cette année ? Impossible à dire. En revanche, cela montre l’importance d’adopter une stratégie de couverture et de l’ajuster lorsque c’est nécessaire.
Beaucoup d’analystes pointent également du doigt les risques inhérents à des positions non couvertes sur le yuan. Difficile de savoir si c’est un sujet systémique ou pas. Nous n’avons pas accès à des données agrégées portant sur la monnaie chinoise. C’est cependant un point à garder en tête, a fortiori si vous êtes exposés directement à la Chine.
Le point technique
Sur le marché des changes, sans surprise, la situation était plutôt calme ces dernières séances. Les volumes échangés étaient réduits, comme c’est toujours le cas pendant la trêve de Noël. Certaines banques centrales en ont profité pour intervenir. C’est certainement le cas de la banque centrale chinoise qui, via le truchement des banques publiques, a poussé le yuan à un point haut de 15 mois face au dollar américain. Cela confirme au passage que la Chine ne cherche pas à tout prix à dévaluer sa monnaie.
Pour les principales paires, la tendance reste inchangée. L’EUR/USD, qui est en progression de 13% depuis un an, continue sa trajectoire haussière. Le consensus Bloomberg anticipe que la paire pourrait atteindre 1,20 au deuxième trimestre. C’est cohérent. En ce qui concerne l’EUR/JPY, la hausse est aussi toujours de mise. Nous n’excluons pas une envolée jusqu’à 188-190 dans les semaines et les mois à venir (contre 183 actuellement). Enfin, le différentiel de politique monétaire entre les deux bords de la Manche devrait continuer d’avantager l’euro face à la livre sterling – même si on a observé des prises de bénéfices depuis trois mois. Nous avons toujours une cible à 0,89 à court terme contre 0,87 actuellement.
Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.
| Supports | hebdo | Résistances | hebdo | |
|---|---|---|---|---|
| S2 | S1 | R1 | R2 | |
| EUR/USD | 1,1600 | 1,1630 | 1,1812 | 1,1950 |
| EUR/GBP | 0,8609 | 0,8630 | 0,8800 | 0,8812 |
| EUR/CHF | 0,9156 | 0,9220 | 0,9360 | 0,9390 |
| EUR/CAD | 1,5849 | 1,5900 | 1,6200 | 1,6212 |
| EUR/JPY | 181,69 | 182,45 | 185,90 | 187,02 |
Les annonces à suivre
L’emploi américain pour décembre va être le principal point d’attention cette semaine, alors que la Réserve Fédérale américaine (Fed) a signalé une approche prudente concernant la baisse des taux lors de sa dernière réunion. Même si des incertitudes subsistent sur l’ampleur des baisses à venir, il est probable que deux nouvelles baisses de taux pour un total de 50 points de base aient lieu au cours du premier semestre. Cela porterait le taux directeur entre 3,00% et 3,25%. C’est en ligne avec le consensus. L’évolution par la suite va dépendre, outre des habituelles statistiques économiques, de la capacité du remplaçant de J. Powell à prendre son envol par rapport à Donald Trump. Nous savons que le marché aime jouer à se faire peur. Nous doutons qu’une remise en cause de l’indépendance formelle de la Fed soit un risque crédible. L’enjeu est surtout de savoir si le nouveau président de la banque centrale sera en mesure de résister aux coups de pression de l’exécutif. Powell a été impassible, baissant les taux à son rythme. Certains de ses prédécesseurs, parfois malmenés physiquement par le locataire de la Maison Blanche, ont courbé l’échine.
Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.
| Jour | Heure | Pays | Indicateur | À quoi s'attendre ? |
|---|---|---|---|---|
| Le 09/01/2026 | 14:30 | USA | Emploi américain (Décembre) | Précédent à 64K et taux de chômage à 4,6% de la population active. |
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