Appétit au risque

Le point macro

Le retour de l’appétit au risque sur le marché des changes a conduit à une baisse généralisée du dollar américain au cours des dernières séances. L’amélioration économique notable des deux côtés de l’Atlantique et l’accélération de la vaccination en Europe ont été les deux principaux moteurs de baisse du billet vert. Aux Etats-Unis, la croissance économique au premier trimestre a connu un bond à 6,4% (du jamais vu depuis des décennies) grâce aux nombreuses mesures de soutien à destination des ménages prises par les administrations Trump et Biden. Le fort rebond de l’activité, qui devrait perdurer dans les trimestres à venir, devrait conduire la Réserve Fédérale américaine (Fed) à réviser à la hausse ses projections économiques pour 2021 et 2022 lors de sa réunion du mois de juin. Pour autant, comme l’a une nouvelle fois rappelé J. Powell la semaine dernière, aucun changement au niveau de la politique monétaire n’est à prévoir (voir notre analyse de la semaine dernière sur le « tapering »). Dit autrement, la Fed va faire son maximum pour soutenir autant de temps que nécessaire la reprise à l’œuvre.

En Europe, la pandémie reflue. Selon les dernières données, l’immunité collective (70% de la population adulte vaccinée) devrait être atteinte dans l’UE au cours du mois de juillet. Déjà, plusieurs pays ont annoncé une réouverture graduelle des économies dès ce mois-ci. Au Royaume-Uni, où la vaccination a un temps d’avance par rapport à l’UE, la vie a repris son cours normal. Selon les derniers chiffres officiels, environ 38 millions de Britanniques vivent désormais dans une zone où aucun nouveau cas de Covid n’a été recensé au cours des dernières semaines. Le seul point d’inquiétude concernant la pandémie au niveau mondial est l’Inde. Une catastrophe humanitaire est en train de frapper la sixième économie mondiale. Près des deux tiers de son économie sont désormais quasiment arrêtés. Pour autant, l’impact négatif sur la croissance mondiale cette année devrait être faible.

Enfin, sans surprise, la banque centrale de Suède a maintenu son taux directeur inchangé à 0% lors de sa réunion de la semaine dernière. La Banque du Japon a agi de manière similaire. Elle a toutefois mis à jour ses prévisions économiques pour les années à venir. Malgré tous les efforts mis en œuvre par le gouverneur Kuroda, l’inflation ne devrait toujours pas atteindre sa cible à 2%. Pour 2023, la Banque du Japon prévoit une inflation à 1.0%. Il est donc probable qu’à moyen terme la banque centrale ajuste ses mesures de soutien.

Le point technique

Sur le marché des devises, l’appétit au risque a évidemment avantagé l’euro. La paire EUR/USD a finalement réussi à franchir le seuil symbolique des 1,21 en milieu de semaine dernière. Le prochain seuil stratégique se situe désormais à 1,2204 (qui fait office de résistance). On ne peut pas exclure à court terme une consolidation de la paire si les opérateurs de marché décident de prendre leurs gains (en l’espace d’un mois, la paire a gagné près de 3%).

L’euro a également accentué ses gains face à la monnaie nippone. En variation mensuelle, la paire EUR/JPY gagne plus de 2,1% et, depuis le début de l’année, la performance atteint 4,5%. Depuis le départ de D. Trump (qui était un facteur de risque pour le marché), le yen a connu un fort repli. Ajoutons également que les fortes inquiétudes concernant la pandémie dans l’archipel nuisent aussi au taux de change du yen. Notre objectif pour l’EUR/JPY à moyen terme se situe à 134,48 (un niveau qui n’a pas été atteint depuis début 2018 et fait désormais office de résistance).

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,17311,18891,22041,2362
EUR/GBP 0,84090,85420,87610,8808
EUR/CHF 1,08331,09101,11001,1156
EUR/CAD 1,45951,48201,52061,5321
EUR/JPY 128,97129,73133,00134,48

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Les annonces à suivre

Cette semaine sera dense au niveau des indicateurs macroéconomiques avec une myriade de PMI des deux côtés de l’Atlantique. L’attention du marché va toutefois plus se porter sur les chiffres de l’emploi aux Etats-Unis qui devraient être une nouvelle confirmation que la dynamique au niveau de l’activité reste particulièrement positive. Cela devrait logiquement renforcer l’appétit au risque sur le marché des changes. Notons que la réunion de la Banque d’Angleterre devrait soulever un intérêt faible. La banque centrale est sur mode pilotage automatique, comme le sont d’ailleurs la Fed, la Banque du Japon et la Banque Centrale Européenne.

Enfin, il faudra s’attendre à un probable regain de volatilité sur les paires en GBP le 6 mai prochain à l’occasion des élections législatives en Ecosse. En cas de victoire du Parti national écossais (qui gouverne actuellement l’Ecosse), il est fort probable qu’un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse survienne. Si ce scénario venait à se produire, ce serait un signal négatif pour la livre sterling. Mais pour l’instant, ce risque n’est pas du tout « pricé » (intégré dans les cours) par le marché.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
03/0516:00Indice PMI manufacturier de l’ISM (Avril)Consensus à 64,9 contre 64,7 précédemment.
04/0510:30Indice PMI manufacturier (Avril)Baisse à 57,9 contre 60,7 précédemment.
05/0514:15Enquête ADP (Avril)Consensus à 750k contre 517k en mars.
16:00Indice PMI non manufacturier de l’ISM (Avril)Le marché table sur un chiffre à 64,0 contre 63,7 précédemment.
06/0513:00Réunion de la banque centraleStatu quo.
07/0514:30Rapport sur l’emploi NFP (Avril)Hausse des créations d’emplois (925k) et baisse attendue du taux de chômage (5,8%).

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