Le découplage se confirme

L'hebdo devises 12 avril 2021

Le point macro

C’est confirmé. La croissance mondiale cette année sera plus rapide qu’initialement prévu mais elle sera également plus inégale. A l’occasion de sa traditionnelle réunion de printemps, le Fonds Monétaire International (FMI) a publié la dernière mise à jour de ses prévisions économiques pour 2021 et les années suivantes. L’exercice est compliqué. De nombreuses incertitudes subsistent, en particulier concernant la vitesse de vaccination dans plusieurs pays. Ce qui est certain à ce stade c’est que ce sont les économies de la Chine et des Etats-Unis qui vont sortir renforcées de la pandémie. Ce n’est pas sans rappeler ce qui s’était passé après la crise financière de 2007-08. Le décollage américain devrait être impressionnant. En tenant compte de l’effet du plan de relance Biden, l’économie américaine devrait connaître une pointe de croissance proche de 7% cette année. L’inflation devrait être maîtrisée (2,5%), le chômage rapidement redescendre sous le seuil des 4% et le PIB devrait dépasser les projections d’avant-crise dès l’an prochain. Ce succès attendu va continuer à attirer les capitaux étrangers aux Etats-Unis et soutenir structurellement le taux de change du dollar américain, comme nous l’indiquons depuis plusieurs semaines. L’économie chinoise devrait également afficher une bonne santé. Selon les prévisions du FMI, en 2026, le PIB par habitant en Chine devrait être le tiers de celui des Etats-Unis. Le processus de rattrapage commencé en 2000 se poursuit à un rythme d’un point de convergence par an sur les cinq prochaines années. A l’inverse, les perspectives sont beaucoup moins positives pour la zone euro et ses pays membres. Par exemple, la France ne devrait pas être en mesure avant plusieurs années de retrouver la capacité productive perdue du fait de la crise. S’ajoutent à cela un déficit public qui devrait être durablement élevé (autour de 3,5% selon le FMI en 2026) et un niveau de dette publique qui risque de ne pas baisser (autour de 117% du PIB en 2026). La reprise européenne est pénalisée par une campagne de vaccination trop lente mais surtout pas un stimulus budgétaire beaucoup plus timide.
L’autre actualité sur le plan macroéconomique la semaine dernière fut la publication du compte-rendu de la dernière réunion du FOMC de la banque centrale américaine. On notera que ses membres ont salué le plan de relance de l’administration Biden qui « dépasse » leurs attentes. Malgré des perspectives de croissance renforcées, ils n’envisagent pas à court et à moyen terme un quelconque changement de politique monétaire, ce qui est de nature à rassurer les cambistes. Le marché des changes est confronté à un scénario macroéconomique quasi-idéal : fortes attentes concernant le rebond économique à venir et maintien en parallèle d’une politique monétaire ultra-accommodante.


Le point technique

Sur le marché des changes, la volatilité reste contenue sur les principales paires de devises (à l’exception de l’EUR/GBP la semaine dernière). On notera que le mouvement de fond de hausse du dollar américain se poursuit. Au cours du premier trimestre, l’USD s’est apprécié contre les principales monnaies du G10 (qui fait référence aux dix principales économies mondiales). Seule exception à la règle : le dollar canadien qui a bénéficié sur la période de la flambée des cours du pétrole. Ce mouvement de repli vers le billet vert a toutes les chances de perdurer à moyen terme. Pour l’EUR/USD, cela signifie que notre objectif à 1,16 est toujours en ligne de mire. La paire a connu une légère hausse autour de la zone des 1,19 au cours des dernières séances, mais les fondamentaux en zone euro restent toujours négatifs par rapport à ceux des Etats-Unis.

En ce qui concerne la paire EUR/GBP, on a observé un fort bond de la volatilité la semaine écoulée. Lors de la séance du 6 avril, la volatilité intraday a atteint 1%, soit le niveau le plus important depuis le début de l’année. La paire a d’abord atteint un point bas annuel autour de 0,85 avant de bondir fortement au-dessus des 0,86. Il semble que ces fluctuations traduisent un repositionnement des cambistes et également des spéculations concernant un éventuel rattrapage du Royaume-Uni par la zone euro au niveau de la vaccination. A moyen terme, nous sommes toujours baissiers sur l’EUR/GBP. Notre première cible se situe à 0,8430 avant éventuellement un prolongement de la baisse vers les points bas de 2019 et 2020 autour de 0,8281-0,8239.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,16621,17111,20001,2204
EUR/GBP 0,82810,84300,87000,8798
EUR/CHF 1,08851,09121,11251,1164
EUR/CAD 1,46501,47201,50871,5149
EUR/JPY 128,27129,21131,28132,79

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Les annonces à suivre

A l’exception de l’indice ZEW du sentiment économique en Allemagne mardi qui est un indicateur phare susceptible de provoquer un peu de volatilité sur les paires en euro, la semaine qui débute devrait être plutôt calme au niveau des statistiques. Les quelques indicateurs américains prévus (inflation sous-jacente en mars et indice manufacturier de la Fed de Philadelphie en avril) ne sont pas susceptibles de changer la perception du marché concernant l’économie des Etats-Unis. Il est donc peu probable d’avoir un regain durable de volatilité sur la paire EUR/USD dans les séances à venir.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
13/0411:00Indice ZEW du sentiment économique (Avril)Consensus à 74,0 contre 76,6 précédemment.
14:30IPC core (Mars)Hausse à 0,2% en variation mensuelle
15/0414:30Indice manufacturier de la Fed de Philadelphie (Avril)Très fort repli attendu à 41,3 contre 51,8 précédemment.
16/0411:00IPC annuel (Mars)Baisse à 0,9% contre 1,3% précédemment.

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