Une bonne nouvelle

Le point macro

Commençons par une bonne nouvelle. L’Union Européenne a atteint le seuil de 70% de la population adulte complètement vaccinée. La France fait partie des bons élèves au niveau européen, après un début de campagne de vaccination lent. Selon les chiffres communiqués vendredi dernier, 72,3% des habitants (population totale) ont reçu au moins une dose et 66% sont complètement vaccinés. Malgré la virulence du variant delta, il apparait de plus en plus évident qu’un confinement après l’été (à partir d’octobre comme l’an dernier) est désormais complètement exclu. L’activité économique reprend dans tous les secteurs. Le gouvernement sort progressivement du « quoi qu’il en coûte » pour avoir une approche plus ciblée.

Au niveau mondial, les problématiques de sortie de crise sont toutefois nombreuses : l’inflation connait un bon important, l’économie américaine montre des signes de faiblesse, et la politique monétaire devient plus restrictive dans de nombreux pays. En zone euro, l’indice des prix à la consommation en août a dépassé les attentes, à 3,0% sur un an contre 2,7% prévu et 2,2% en juillet. Cette augmentation devrait toutefois être temporaire. Elle est liée à la hausse du prix des matières premières et des coûts du transport maritime, mais surtout aux effets de base. Prenons l’exemple de la France. L’indice des prix à la consommation en août a bondi à 1,9% sur un an. Mais c’est principalement le résultat des effets de base : l’an dernier, les soldes d’été avaient été décalées sur le mois d’août. Cela n’a pas été le cas cette année, d’où une ré-accélération apparente des prix des produits manufacturiers (+1,3% sur un an). Bien qu’il ne soit pas amené à durer, le phénomène est à surveiller et est souvent mal compris par la population. La presse tabloïd allemande commence déjà à brandir le spectre de l’hyperinflation. A tort.

Aux Etats-Unis, l’activité économique montre quelques signes de faiblesse, comme en témoigne le ralentissement du marché du travail en août (seulement 235 000 créations d’emplois – soit trois fois moins que le consensus). Pour nous, les deux points d’inquiétudes sont la confiance des consommateurs et les tensions sur les prix au niveau du marché de l’immobilier. Les indicateurs publiés par l’Université du Michigan et le Conference Board montrent que la propagation du variant delta et les craintes concernant la trajectoire de l’inflation commencent à peser sur le moral des ménages. A cela s’ajoute aussi la hausse continue des prix de l’immobilier qui empêche un nombre croissant d’Américains d’accéder à la propriété et fait craindre le retour d’une bulle immobilière. L’indice de référence des prix immobiliers Case-Shiller a connu sa plus forte appréciation en juin depuis 1988 (+19,08% sur un an). Ces deux sujets de préoccupation seront certainement surveillés de très près par la Réserve Fédérale américaine dans les semaines et les mois à venir.

Enfin, la divergence de politique monétaire s’accentue au niveau mondial. La banque centrale du Chili est la dernière banque centrale à avoir annoncé une hausse brutale de son taux directeur. Il a été augmenté en une seule fois de 75 points de base, à 1,5%, afin de lutter contre une inflation qui pourrait flirter avec 6% sur un an d’ici la fin de l’année si les prévisions de la banque centrale sont justes. Nous nous attendons à ce que beaucoup d’économies émergentes opèrent d’importantes hausses de taux dans les mois à venir, ce qui pourrait soutenir à court terme les monnaies émergentes. A l’inverse, une hausse des taux reste un objectif très lointain en zone euro et aux Etats-Unis.

Le point technique

Sur le marché des changes, la volatilité a été de retour à la faveur du décevant rapport sur l’emploi américain. Dans la foulée, l’euro a atteint un point haut de cinq semaines face au dollar américain. En variation hebdomadaire, la monnaie unique affiche une solide performance de +0,63%. Le franchissement de la résistance située à 1,1850-60 ouvre la porte à une poursuite de la hausse à très court terme. Le prochain seuil à surveiller sera la résistance située à 1,1988. A moyen terme, nos attentes restent identiques. Nous pensons que l’euro a une forte probabilité de baisse, en direction des 1,16. En ce qui concerne la paire EUR/GBP, peu de changements à prévoir à court terme. L’évolution latérale entre 0,85 et 0,86 devrait perdurer. Aucun market mover n’est perceptible pouvant permettre à la paire de sortir du range. Enfin, la démission surprise du Premier ministre japonais, Yoshihide Suga, juste avant les élections générales qui devraient se tenir en novembre prochain, n’a eu quasiment aucun effet sur les paires en JPY. Quelques minutes après l’annonce, le JPY s’est temporairement renforcé face au dollar. Aucune réaction face à l’euro. La paire EUR/JPY pourrait continuer sur sa lancée entamée depuis le 19 août avec pour objectif le niveau de résistance situé à 131,50.

Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.

 SUPPORTSHEBDORÉSISTANCES HEBDO
S2S1R1R2
EUR/USD1,16501,17001,19881,2000
EUR/GBP 0,84670,85000,85990,8624
EUR/CHF 1,06441,06961,09101,0963
EUR/CAD 1,46711,47501,49991,5220
EUR/JPY 127,68128,63131,50132,24

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Les annonces à suivre

Cette semaine, l’attention se portera principalement sur la réunion de la Banque Centrale Européenne, qui aura lieu jeudi. Un changement de politique monétaire n’est pas à l’ordre du jour. Les discussions devraient essentiellement porter sur l’ampleur des rachats d’actifs opérés par la banque centrale dans le cadre de son programme de crise appelé PEPP. Etant donné que la reprise est bien orientée en zone euro, le consensus des économistes s’attend à ce que le montant mensuel des rachats d’actifs soit légèrement baissé, de 80 milliards d’euros par mois à l’heure actuelle à 60 milliards d’euros. Cela correspond au niveau moyen observé sur les mois de janvier et de février 2021. D’éventuelles discussions entre membres du Conseil des gouverneurs sur la suite à donner au PEPP, qui arrive à expiration en mars 2022, pourraient avoir lieu. Mais ce n’est pas certain. Comme toujours, la volatilité devrait être au rendez-vous sur les paires en EUR lors de la session de jeudi après-midi. Toutefois, il faut bien garder à l’esprit que c’est une réunion à faible enjeu.

Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.

JOURHEUREPAYSINDICATEURA QUOI S'ATTENDRE ?
07/0911:00Indice ZEW du sentiment économique (Septembre)Le consensus table sur un très fort bond, à 56,7 contre 40,4 en août.
08/0916:00Réunion de la banque centraleEn dépit de la mauvaise surprise du PIB au T2, la banque centrale devrait maintenir sa politique monétaire inchangée.
09/0913:45Réunion de la banque centralePolitique monétaire inchangée. Probable révision à la hausse des perspectives macroéconomiques.
10/0914:30Prix à la production (Août)Hausse attendue à 0,6% contre 1.0% précédemment.

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